Grammaire : se méfier des solutions simplistes ! snes

dimanche 3 décembre 2006

Pour le Snes, la grammaire est un élément indispensable du processus qui amène un élève à maîtriser la langue française, et elle doit être enseignée comme telle. Pour autant, avec de nombreux chercheurs engagés dans cette réflexion, le SNES estime que cette maîtrise ne peut se résumer à la somme d’un certain nombre de règles.

Le rapport d’Alain Bentolila ne donne que peu d’éléments d’analyse des pratiques d’enseignement concernant la grammaire. L’investissement dans la formation initiale et continue des enseignants est pourtant une nécessité que l’on ne peut espérer contourner par l’imposition de « bonnes pratiques ».

Ce rapport est l’occasion d’affirmations qui se veulent évidentes. Rien n’est moins sûr :

- Rendre lisible l’enseignement de la grammaire : les enseignants dénoncent effectivement depuis longtemps des terminologies qui varient selon les manuels, les disciplines et selon les modes. Cependant, la mission de l’école n’est pas d’enseigner aux enfants uniquement ce que « leurs parents et grands-parents » peuvent leur expliquer. Elle doit permettre à chaque élève de s’approprier des savoirs et des méthodes en constante évolution.

- Du simple au compliqué : les exemples pris par les auteurs peuvent laisser perplexes car on voit mal l’intérêt de se lancer dans une analyse réflexive sur la langue dans les cas aussi simplistes que ceux cités. Il y a bien nécessité d’une progression pédagogique qui devrait se construire de la maternelle au lycée mais il ne faut pas s’interdire de confronter les élèves à des situations parfois complexes.

- « Il faut des leçons de grammaire » commente le Ministre. C’est encore l’école d’il y a cinquante ans qui est évoquée. De nombreux enseignants se sentent accusés « de ne pas enseigner la grammaire ». Ils ont pourtant l’impression de le faire, même s’ils manquent cruellement de temps (notamment au collège), et surtout s’ils doivent régulièrement faire face à des exigences contradictoires de leur administration, comme les injonctions réitérées d’un enseignement de la langue exclusivement intégré aux « séquences ». Avec ces coups de balanciers successifs, ce sont les enseignants que l’on dessaisit peu à peu de leurs pratiques en leur déniant une véritable expertise, individuelle et collective. Le Ministre doit cesser de vouloir transformer les enseignants en simples exécutants de ses prescriptions. Le Snes ne laissera pas s’enfermer le débat dans des effets d’annonce autour de mesures simplistes, et il demande que la profession soit consultée et associée à toute évolution des programmes et des pratiques.

A Paris, le 30 Novembre 2006



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