Déclaration du Conseil d’Administration du C.D.P.E. 94

jeudi 11 octobre 2012
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Refondation de l’école et Livret Personnel de Compétences : une occasion manquée de changer de logique éducative.

La refondation de l’école est engagée. Il y en a grand besoin, car les logiques éducatives mises en œuvre ces dernières années ont conduit au désastre.

Or, par la note de service 2012-154 du 24-09-2012 publiée au BO n°35 du 27 septembre 2012, le ministère de l’éducation indique des mesures d’allègement et d’adaptation du Livret Personnel de Compétences (LPC), mais sans rien modifier à sa logique de gestion managériale des élèves, relevant d’une démarche de gestion d’entreprise et antinomique de toute réflexion pédagogique et d’une école égalitaire de haut niveau pour tous.

Le LPC reste inscrit comme l’outil d’évaluation de la scolarité des jeunes, qui continue d’être limitée à un socle commun de connaissances et de compétences à visée purement utilitaire et minimaliste, abandonnant tout objectif d’obtention d’un haut niveau de connaissances et de culture commune, nécessaire au citoyen de demain.

Il n’est ainsi pas remis en cause la logique profondément individualiste, ségrégative du système scolaire construit par le précédent gouvernement, renvoyant la responsabilité de la réussite ou de l’échec sur le jeune et sa famille, et continuant ainsi à inscrire de fait la scolarité des jeunes dans une logique de concurrence individuelle entre élèves.

Il poursuit la logique d’un système éducatif public inscrit dans une démarche d’adaptation à courte vue au marché du travail, dans le cadre d’un projet piloté par la commission européenne à partir du lobbying patronal.

La numérisation du LPC n’est pas remise en cause mais différée, avec une « simplification » de son paramétrage, laissant ainsi la porte grande ouverte au fichage à vie des jeunes.

C’est d’une toute autre ambition dont a besoin l’école et que doit porter un véritable projet de refondation.

Celle de repenser le système éducatif pour créer les conditions d’accès à un niveau de connaissance et de culture commune les plus ambitieux, en adéquation avec les enjeux de société posés à notre pays et donnant les clés d’exercice d’une véritable citoyenneté.

La FCPE a, lors de son congrès national 2011, condamné le LPC. Celui-ci doit être abandonné, au profit de la construction d’une école émancipatrice, non ségrégative et démocratique.

Villejuif le 9 octobre 2012