Retour sur le Congrès départemental 2012

 juillet 2012
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Soirée débat du vendredi 9 juin

Le vendredi soir, un débat a eu lieu en présence des syndicats SNUipp - FSU, CGT éducation, SUD éducation, SNES. Malheureusement pas suffisamment de parents pour contribuer à ce débat qui a été très riche. Le thème était : « Plan d’urgence pour l’école en Val de Marne : quelles exigences pour une école de l’égalité »
Le débat s’est engagé après une introduction de Lionel Barre, secrétaire général adjoint sur la question des suppressions de postes massives ; les effectifs par classe en hausse ; les remplacements dans le primaire (et principalement la maternelle sinistrée puisque la priorité est donnée à l’élémentaire), le secondaire n’en est pas moins épargné ; la semaine de 5 jours qui revient au devant de la scène ; le livret de compétence ; la réforme du lycée… La FCPE a proposé un plan d’urgence pour notre département. L’arrivée du nouveau président de la République ne doit pas nous détourner de nos exigences et nous devons rester vigilants et mobilisés ensemble.

Parents et représentants syndicaux ont donné leurs ressentis, décrit les luttes et les actions qui se sont engagées pendant l’année.
Pour la rentrée 2012, le constat de part et d’autre est qu’il faut un plan d’urgence « urgentissime », voire de « sauvetage » et ce, dès maintenant. Les 1000 postes ne seront pas suffisants.
Le mal est fait avec les suppressions de RASED ; la tentative d’évaluation des enseignants par le chef d’établissement ; le moratoire sur les évaluations en maternelle et en élémentaire ; les programmes contestés (ex : en histoire) ; le fichage des élèves avec « base élèves » et le livret personnel de compétences ; la formation des enseignants.
Tout cela a des répercussions sur l’ambiance de travail dans les équipes pédagogiques.
Des parents d’élèves de Villeneuve Saint Georges, de Champigny, d’Alfortville, de Choisy ont décrit leurs actions concernant la fermeture du CIO, de la campagne de recensement des 2-3 ans, de l’action RASED avec projection de documentaires dont « un parmi les autres », avec le rassemblement intercommunal et le blocage d’une partie des écoles de la ville

Face à la casse du service public telle qu’elle apparaît, parents d’élèves et enseignants s’accordent à penser qu’il faut continuer à travailler ensemble. Le Comité Technique Spécial Départemental (CTSD) du 18 juin n’est qu’un début. Un appel à rassemblement a été rédigé, mais il faudra dès la rentrée repartir dans les actions avec le vote du budget 2013. Il est proposé de mettre en place des « assises » dans chaque commune afin de recenser les besoins précis de la maternelle au lycée dans l’objectif du collectif budgétaire et de créer des « comités de vigilance ».

Assemblée statutaire du congrès départemental matinée de samedi 10 juin

Madame la Maire adjointe de Champigny salue le travail accompli par la FCPE 94 et partage l’idée que l’école doit offrir à tous les mêmes chances de réussite quel que soit son parcours. Il est clair qu’il ne faut pas attendre et des mesures d’urgence sont à mettre en œuvre, notamment : récréer les postes RASED, relancer la formation des enseignants, remettre en place les 14 000 postes. Il s’agit de mettre en œuvre une transformation progressiste de l’Ecole et c’est tout ensemble qu’il faut agir.

Laurence Tétrel, secrétaire générale poursuit par le complément oral du rapport d’activité en pointant certains axes de réflexion qui ont introduit le débat qui a suivi :
constat que la FCPE 94 n’a pas ménagé sa peine et ses efforts pour réagir avec force aux multiples attaques qu’a subi le service public d’éducation nationale. Aucune trêve pour les parents FCPE. La politique de la droite a continué à dérouler son programme de démantèlement du service public d’éducation en niant les revendications légitimes des parents et des enseignants.

Le premier comme le second degré ont été mis à mal :

  • suppressions massives de postes,
  • casse des RASED, réduisant à presque néant l’aide apportée aux élèves en difficulté,
  • les 2-3 ans de plus en plus exclus de l’école maternelle,
  • les évaluations en primaire qui n’ont pas d’autre but que de mettre en concurrence les établissements scolaires au lieu d’être un outil pour aider les élèves,
  • pour couronner le tout, le gouvernement persévère avec le tri et le fichage précoce avec le livret d’aide à l’évaluation des acquis en fin de maternelle,
  • les enfants malades ou en rééducation ne sont pas épargnés puisqu’il a fallu une forte mobilisation conjointe des parents, enseignants et citoyens pour annuler les mesures envisagées pour l’école spécialisée de l’hôpital de St maurice.
  • la question des remplacements (abordée la veille lors du débat) affecte aussi bien le primaire que le secondaire. Les parents ont manifesté leur refus de voir auprès des élèves quelqu’un d’autre qu’un enseignant formé au métier d’enseignant,
  • difficile d’apprendre dans ce contexte où s’ajoute une chasse odieuse aux enfants de parents sans papier (encore ces jours-ci des mails circulent pour signer des pétitions contre les OQTF en direction de jeunes ou de leurs parents). Thierry Lerch, référent RESF à la FCPE est intervenu à ce sujet.
  • c’est la logique du tout sécuritaire au détriment de l’éducatif qui se déploie. Le décret relatif aux sanctions disciplinaires en est la preuve concrète et contre lequel les parents se sont mobilisés au travers des votes de motions lors des CA.
  • à cela s’ajoute des DHG en baisse tout comme le budget, les fonds sociaux et les bourses des collèges et lycées. Après les postes, le gouvernement s’attaque à l’aide aux familles. C’est un mauvais coup porté aux nombreuses familles et jeunes qui sont socialement les plus en difficulté, contraignant certains lycéens à travailler parallèlement à leurs études.
  • 150 000 jeunes quittent le système scolaire sans diplôme ni qualification. Le gouvernement résout le problème non pas allongeant l’âge de la scolarité obligatoire à 18 ans, mais mettant en place un dispositif d’alternance dès la 4ème, remettant par là même en cause le collège unique pour tous et la scolarisation obligatoire à 16 ans
  • Le développement de l’apprentissage précoce constitue pour la FCPE un recul qui est contraire aux aspirations d’éducation et de formation des jeunes.

La FCPE 94 a dénoncé le sabordage par la droite de l’enseignement professionnel (réforme du bac pro 3 ans) qui a supprimé l’essentiel des BEP et une année d’enseignement. Elle a réduit le lycée technologique (STI) en créant une filière sélective (STI2D) qui exclut de nombreux jeunes issus des quartiers populaires.

Quant à l’orientation, les parents d’élèves doivent batailler encore à l’heure actuelle pour garder ouvert le CIO de Villeneuve St Georges que le rectorat tente de fermer. Cette fermeture, si elle répond aux orientations de la politique de réduction des fonctionnaires, aggrave une nouvelle fois les inégalités d’accès à l’orientation, qui constitue un droit pour les jeunes.

De la maternelle au lycée, c’est une même logique qui prévaut. Une logique comptable, certes mais également une volonté idéologique de casser le service public de l’éducation et de liquider l’école de la République. Dans le Val-de-Marne ce sont les villes les plus défavorisées qui sont le plus touchées par cette politique.

Tout a été fait pour fragiliser encore plus ceux qui ont le plus besoin d’école. C’est pourquoi au niveau départemental, il nous faut conserver l’ambition qui nous anime et, soudés avec l’ensemble de la communauté éducative, continuer à exiger une politique de l’éducation de très haut niveau et une école qui soit celle de la réussite pour tous. L’appel du 18 juin en sera la prochaine étape. Restons vigilants.