Une cagnotte contre l’absentéisme dans les lycées pro mais toujours moins pour la formation

mercredi 7 octobre 2009
popularité : 18%

Pour la FCPE 94, c’est une opération qui va à l’encontre des principes de l’école publique. Loin de répondre aux problèmes de l’absentéisme, elle fait entrer dans l’éducation nationale des notions d’intéressement ou d’appât du gain. A ce jeu, il y aura les gagnants et les perdants et parmi eux, ceux qu’on aura fait perdre et que l’on stigmatisera encore plus. C’est un pas de plus vers une mise en concurrence des élèves et des établissements, et vers une conception marchande de l’école.

L’absentéisme dans l’enseignement professionnel est avant tout lié à une orientation des jeunes vers des filières non choisies, faute de places suffisantes, sur des 3ème, voire 4ème ou 5ème vœu. Plusieurs centaines de jeunes en ont encore été victimes, lors de cette rentrée dans notre département, résignés à faire de la comptabilité quand ils avaient rêvé d’électronique ou de médico-social ou l’inverse. Et que dire des centaines d’autres que l’on a mis hors jeu car toujours sans bahut et que l’on invite à des stages pour découvrir un métier ?

Non, cette mesure ne masque pas les conséquences désastreuses d’une politique de suppression massive de postes depuis 3 ans (13 500 cette année) et de la quasi-totalité des filières de Bep qui a réduit considérablement les choix. A Créteil, 80% d’élèves sont affectés sur 5 filières du tertiaire et 1 filière industrielle !

Difficile trouver une motivation d’autant qu’avec moins d’enseignants, des postes non pourvus ou non remplacés, les conditions d’études se dégradent. A cela s’ajoute le manque crucial de personnel de vie scolaire et de conseillers principaux d’éducation (52 postes vacants dans l’académie) qui jouent pourtant un rôle essentiel dans le suivi de la scolarité des élèves et le lien avec les parents.

C’est l’ensemble de ces dégradations qui accentue l’absentéisme.

Responsabiliser les lycéens exige la création d’un véritable statut garantissant une autonomie et des conditions matériels propices à la poursuite de leurs études. Un trop grand nombre de jeunes sont obligés de faire un petit boulot pour financer leurs études. Il faut aussi assurer des conditions décentes aux familles, avec une revalorisation et un élargissement des bourses.

La FCPE 94 demandent le retrait de cette mesure contraire aux valeurs de l’Ecole républicaine.

C’est dans le budget de l’Education nationale qu’il faut trouver les réponses aux difficultés d’absentéisme et de décrochage, et non dans les financements périphériques d’une délégation interministérielle. Le recrutement, en nombre suffisants, d’enseignants et personnels formés et qualifiés est l’une des clés.

A Vitry, le 5 octobre 2009