Coup de force du gouvernement !

mardi 30 juin 2009
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Le gouvernement a fait inscrire l’expérimentation de jardins d’éveil dans la convention d’objectifs et de gestion de la Cnaf avec un crédit de 25 millions d’euros. Une présentation des modalités de l’expérimentation a été soumise à l’avis des administrateurs de la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf) le 21 avril. Faute d’éléments suffisants, le dossier a été reporté à la commission d’action sociale du 28 mai prochain.

Mme Morano a exigé que ce dossier soit réexaminé en urgence au prochain Conseil d’administration de la Cnaf, le 5 mai dernier. Il s’agit d’un véritable coup de force et d’une instrumentalisation des fonds d’action sociale de la Sécurité sociale.

De nombreux acteurs et professionnels sont défavorables au développement de jardins d’éveil dont le but inavoué est de se substituer, à terme, aux premières années d’école maternelle. Les jardins d’éveil sont le cheval de Troie du démantèlement de l’école maternelle dans notre pays. Quand d’autres pays, tels la Norvège et la Suède, organisent l’équivalent de notre école maternelle pour les enfants dès la fin de leur première année et transfèrent l’accueil des jeunes enfants sur leur ministère de l’Education, la France se prépare à faire le chemin inverse : déplacer le pilotage et le financement de cet accueil, de l’Education nationale sur les communes, la Sécurité sociale et les parents.

Ce n’est pas acceptable :
-  pour les enfants avec la mise en cause de la qualité de l’accueil par l’abaissement des normes d’encadrement et des qualifications des personnels qui les prennent en charge,
-  pour les professionnels de l’Education dont le gouvernement rêve d’économiser leurs postes,
-  pour les parents qui devront payer des jardins d’éveil alors que l’école maternelle est gratuite,
-  pour les communes sur lesquelles vont peser de nouvelles charges jusqu’alors assumées par l’Education nationale.

La vérité est que notre pays manque cruellement d’équipements de qualité pour accueillir les jeunes enfants dont les parents travaillent (plus de 800 000 naissances annuelles). Seuls 10% des enfants sont accueillis dans des structures et services pilotés et organisés avec des professionnels qualifiés. Pour les autres enfants, une partie des parents est contrainte de s’arrêter de travailler, ou se tourne vers un accueil par des assistantes maternelles avec l’obligation de devenir l’employeur, position difficile quand on est soi même dans une situation de précarité.

Pour l’ensemble des modes d’accueil (appelés désormais « modes de garde », ce qui signifie l’abandon de projet pédagogique et éducatif), la réponse gouvernementale est dans l’abaissement des qualifications existantes, la baisse des normes d’encadrement, le gonflement des capacités d’accueil (4 enfants par assistante maternelle au lieu de trois maximum, 120% d’inscriptions dans les crèches au lieu de 100%...).

La Ville de Valenton dit stop à la déréglementation en cours, dont les jardins d’éveil sont un élément stratégique. Elle demande :
-  l’abandon de leur création,
-  la possibilité, pour les parents demandeurs, d’une scolarisation de leurs enfants dès deux ans dans des conditions adaptées au sein de l’école maternelle,
-  le développement d’un large service public d’accueil des jeunes enfants dont les parents seraient les usagers et les acteurs.

Une étude récente de l’Unicef démontre que « la bonne qualité de l’accueil du jeune enfant améliore l’ensemble de ses potentialités, contribue à améliorer ses résultats scolaires, promeut l’intégration, développe le sens civique en société, favorise l’égalité des chances pour les femmes ».

La Ville de Valenton, convaincue de la nécessité de scolariser les enfants de deux ans, a depuis 2003 considérablement amélioré les conditions d’accueil de ces enfants dans les écoles et les centres de loisirs. Le réaménagement des cantines scolaires et des centres de loisirs, l’embauche d’une éducatrice de jeunes enfants pour travailler sur la professionnalisation des animateurs et des ATSEM, la mise en place de formations spécifiques sur le développement du jeune enfant et la création d’un livret d’accueil du tout petit à l’école sont autant d’actions qui depuis 6 ans contribuent à l’amélioration de l’accueil dès deux ans à l’école.

Il faut que cesse la casse systématique de l’école maternelle.