INTERVENTION FCPE 94 CDEN DU 5 FEVRIER 2009

dimanche 8 février 2009
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Monsieur le Préfet, Monsieur le Président du CDEN, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, mesdames et messieurs les élus et membres du CDEN,

depuis la rentrée scolaire des collectifs composés de parents, d’enseignants et d’élus se réunissent partout en France. Ceux-ci sont particulièrement actifs dans le Val de marne, démontrant que la population prend conscience de l’incurie dont fait l’objet l’éducation nationale conséquence de l’orientation des politiques publiques (la RGPP).

La suppression de 80 000 postes d’enseignants à l’éducation nationale depuis 2002 a fini par déstabiliser le système éducatif, à tel point que les Français doute de sa capacité à faire réussir leurs enfants (Classes surchargées, enseignants non remplacés en cas d’absence, stratégie d’évitement amplifiées, cours particuliers pour ceux qui le peuvent …).
L’argumentaire du gouvernement pour réformer le système éducatif de la maternelle à l’université repose sur : faire toujours plus et mieux avec moins de moyens, mais aussi, transposer la compétitivité internationale au monde de l’éducation par la mise en concurrence des élèves, des écoles, des enseignants. Ces arguments ne sont plus entendus par la population, parce qu’ils ne sont pas en accord avec les valeurs fondatrices de notre république : liberté, égalité, fraternité.
Le contraste est frappant entre le dynamisme de la natalité en France depuis 1999 qui se poursuit encore aujourd’hui et maltraitance dont fait l’objet l’éducation nationale.

La maternelle a servi et sert encore de variable d’ajustement, les classes sont surchargés dans tous les niveaux d’enseignement, et le gouvernement stigmatise le service public d’éducation en créant le service minimum d’éducation, pas seulement les jours de grève, mais aussi pour faire face au non remplacement en cas d’absence !
A la rentrée 2008, la mise en œuvre de la semaine de quatre jours :

suppression du samedi matin, un leurre pour la communauté éducative. L’objectif réel était de supprimer 2 heures d’enseignement
hebdomadaires. Cette mesure fait perdre quasiment la moitié d’une année scolaire à un élève sur son parcours en élémentaire (du CP au CM2), elle aura très certainement un impact au collège dans les années à venir. En supprimant le samedi matin, elle prive aussi les parents d’élèves de liens essentiels, notamment avec la communauté éducative.
Dans le secondaire, l’argument principal pour supprimer les postes : la baisse des effectifs, a été utilisé et martelé par les gouvernements qui se sont succédés depuis 2002.

Cet argument n’est plus valable aujourd’hui et il est urgent de recruter et de former dés à présent des enseignants pour le collège pour faire face à l’arrivée massive d’élèves. Sur ce sujet, le gouvernement et les responsables Académiques restent atones.

Sauf pour le lycée où M. Darcos a tenté à l’automne a tenté de faire passer une réforme lui permettant d’économiser plusieurs milliers de postes. Après avoir essuyé un revers infligé par les lycéens et la communauté éducative, il s’était engagé à la mi décembre à consulter tous les partenaires de la communauté éducative, nous parents d’élève, mais nous ne sommes pas les seuls, attendons encore d’être consultés. Mais voilà que non content de voir évacué sa réforme par la grande porte, M. DARCOS, comme il l’a fait pour la réforme des bac pro 3 ans, tente un passage par la fenêtre en proposant des expérimentations pour la classe de seconde enrobées de poste surnuméraires pour les lycées candidats. Nous pensons qu’il s’agira au mieux de postes non supprimés.

Notre association s’opposera à ces expérimentations sur le territoire du val de Marne.
Pire que tout, le gouvernement programme la suppression de l’enseignement spécialisé dans le primaire (les RASED) et l’enseignement adapté dans le secondaire pour les élèves en grandes difficultés (les SEGPA), abandonnant l’idée que tous les élèves ont le droit d’accéder aux savoirs, particulièrement ceux en grandes difficultés.
C’est consternant.
Pendant que les élites continuent à s’enrichir en plaine crise financière, 85 milliards d’euros de bénéfice tout de même pour les titulaires d’action au CAC40 (une baisse de 15% cette année) préserver notamment par des licenciements préventifs, des délocalisations et des garanties financières de l’Etat.
Les faits sont têtus, Messieurs les représentants de l’Etat, il est décidemment plus facile de s’acharner sur les plus démunis que de contrôler les puissants…

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Questions à l’inspecteur auxquelles l’inspecteur n’a pas répondu

Nous en venons aux questions sur le dossier du CDEN :
Question sur les reSectorisation : De CDEN en CDEN les aménagements de sectorisation proposés dans les dossiers augmentent. Notre association fait le lien avec la montée en puissance de la suppression de la carte scolaire. Monsieur L’inspecteur d’Académie, vous avez connaissance de la charte départementale sur la sectorisation dans le Val de Marne et du contexte particulier de forte natalité évoqué dans le préambule à cette question. Les prochaines rentrées scolaires verrons l’amorce de la déferlante d’élèves sur les collèges. Quelles mesures comptez-vous mettre en œuvre pour enrayer le phénomène que nous constatons depuis l’ouverture de la carte scolaire à savoir les mesures de resectorisation ?
Question sur les SEGPA : vous faites le constat d’une décroissance confirmée depuis 2003, avec une baisse de 400 élèves d’une année sur l’autre sur 1800 soit à peu près un quart des élèves. Bien qu’ils manquent de profondeur, les chiffres et les termes de votre analyse ne souffrent d’aucune ambiguïté. Nous souhaiterions connaître la nouvelle affectation des élèves qui étaient jusqu’à ce jour scolarisés en SEGPA ?
Questions sur l’orientation au lycée, Monsieur l’Inspecteur, dans notre intervention nous vous avons donné notre position sur les expérimentations DARCOS de la classe de seconde. Alors que les élèves et leurs parents sont en train d’inscrire leurs vœux sur les fiches d’orientation et faire le choix de l’établissement d’accueil, quelles mesures seront prises par vos services pour accompagner les familles et les établissements dans le cadre d’affectations d’élèves qui risquent de rencontrer quelques surprises en cas de mise en œuvre d’expérimentation ?