NOUS DEMANDONS DES POSTES ! PAS DES LECONS DE MORALE !

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mercredi 26 mars 2008
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En guise de réponse au bout de trois semaines de mobilisations, le service de communication du rectorat vient d’envoyer aux fédérations de parents d’élèves un stupéfiant communiqué dans lequel il s’attache à minimiser l’ampleur du mouvement, circonscrit selon lui à une « minorité d’établissements ».

On peut se demander pourquoi le service de communication du rectorat prend la peine de rédiger un tel communiqué pour si peu ?

Et pourquoi un tel déploiement de forces de l’ordre vendredi 21 mars devant un rectorat où l’on n’attendait quasiment personne ? Le silence sur les élèves « légèrement choqués » selon la presse après l’intervention policière est-il un blanc-seing ?

Dans son communiqué, le service de presse du rectorat évoque la question du bac pro trois ans en citant des chiffres qui n’ont jamais été donnés au cours du groupe de travail précédant le CTPA, ce qui en dit long sur la qualité du dialogue social. Il n’hésite pas à mettre en avant « l’intérêt des élèves » pour justifier cette réforme. Mais comment une année de formation en moins, c’est-à-dire 850 heures de cours dont 650 heures de pratique professionnelle peut-elle s’inscrire dans « l’intérêt des élèves ? » Ceux-ci ont-ils été consultés ? La FCPE, qui demande depuis un mois une audience au recteur de Créteil, notamment sur cette question, s’étonne de ne jamais avoir pas eu de réponse.

Sur les conditions de la rentrée à venir, le service de communication du rectorat semble trouver la situation tout à fait satisfaisante et assure que celle-ci se déroulera dans des conditions « normales », avec un taux d’encadrement en légère augmentation par rapport au nombre d’élèves et sans dire un mot des suppressions de postes, qui sont pourtant astronomiques. Il annonce même en moyenne « un professeur pour dix élèves » ! Que l’on nous explique comment il peut y avoir un professeur pour 10 élèves, quand dans les collèges on frôle souvent les trente élèves par classe et que dans les lycées les effectifs sont bien supérieurs encore ?

Qu’on nous explique également les difficultés du rectorat pour assurer les remplacements, au point de faire appel aux retraités, invités à revenir faire des vacations.

Comment expliquer aussi le taux de grévistes du 18 mars ? Comment expliquer la colère des parents et des lycéens ? Avons-nous décidément tous rêvé ? Les suppressions de postes annoncées dans les CA seraient-elles une vue de l’esprit ? Les chiffres des DHG, communiqués par le rectorat lui-même seraient-ils faux ? Le recteur sait-il seulement comment fonctionnent les établissements ? Connaît-il un peu les personnels, les élèves ? Sait-il dans quel contexte social ils évoluent ? Par moments, c’est à se demander s’il se trouve dans la même académie que nous.

Alors que la suppression des postes initialement prévue au budget s’élève à 637, l’addition des documents du CTPA et des CTPD fournis par le rectorat pour les collèges et les lycées fait même apparaître un chiffre bien superieur, avec près de 900 postes en moins pour notre académie !

Le service de communication du rectorat nie la réalité des mobilisations comme il a nié leurs causes. Pire, il porte des accusations graves et diffamatoires envers les personnels, dénonçant des « tentatives d’instrumentalisation des élèves » qui s’appuieraient sur « des slogans mensongers » ou encore des « pressions » pour « dissuader » les enseignants qui le souhaitent de prendre davantage d’heures supplémentaires ! Il laisse aussi entendre que les personnels sortiraient de leur devoir de neutralité pour pousser volontairement les élèves dans la rue, voire dans des actions délictueuses. Il s’attache enfin à discréditer l’ensemble d’une mobilisation collective et responsable à cause de quelques casseurs. Ces accusations sont méprisantes envers les personnels, mais aussi envers les lycéens et leurs représentants, jugés incapables de réfléchir et d’agir par eux-mêmes. Elles font fi des revendications des parents.

Elles sont inacceptables pour les personnels grévistes et leurs organisations syndicales, présentés comme des adultes irresponsables alors qu’ils s’attachent toujours à rester auprès des élèves dans les manifestations afin de prévenir les débordements, comme on a pu encore le constater le 21 mars devant le rectorat.

Le recteur reprend-il à son compte les termes de son service de communication ? Est-il prêt à en assumer toutes les dérives pour ternir l’image d’un mouvement de protestation ? Si tel était le cas on ne pourrait que déplorer que le premier représentant de l’Etat dans l’académie, qui prône dialogue social, respect du paritarisme et transparence, soit si éloigné des valeurs auxquelles il se réfère.
Dans leurs positions, la FCPE, le SNES, le SNEP et le SNUEP ont toujours fait preuve de décence en respectant la réalité des faits et en s’appuyant, dans leur analyses, sur les documents fournis par l’administration.

Il incombe au recteur d’entendre les revendications des parents, des élèves et des personnels afin que les conditions de rentrée s’améliorent, faute de quoi il devra assumer les conséquences de l’amplification du mouvement, les perturbations dans les établissements, consécutives à sa politique, et la colère de tous ceux qu’il a poussés à bout.

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Documents joints

communique du recteur
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