Nous vivons une époque formidable

mardi 29 janvier 2008
popularité : 39%

Le ministère de l’Education nationale a confirmé qu’il avait donné des consignes pour reporter les opérations de carte scolaire préparant la rentrée 2008 au-delà des élections municipales et cantonales.
Habituellement les comités techniques paritaires et conseil départemental de l’éducation nationale (CTP CDEN) consultés sur les mesures envisagées de carte scolaire se réunissent fin janvier.

Ce report est une première. Ce procédé va désorganiser la rentrée 2008. Si le gouvernement avait voulu annoncer de bonnes nouvelles, il n’aurait certainement pas trituré le calendrier à sa guise !

La FCPE du Val de Marne dénonce cette mesure qui instrumentalise à des fins politiques le service public de l’Education nationale et demande l’organisation des CTP CDEN et l’annonce des mesures envisagées pour la rentrée le plus rapidement possible.

Au regard de l’ordre du jour côté éducation nationale, on voit bien l’absence de rôle que l’on souhaite donner aux instances consultatives.

D’ailleurs au-delà des instances consultatives on peut se poser des questions sur les relations entre la FCPE et l’institution, On ne compte plus les établissements qui se voient refuser les demandes d’audience pour y évoquer les problème rencontrés, (Chérioux et autres). Une première dans notre département : l’I.A. a refusé qu’une délégation de l’école Paul Vaillant Couturier de Villejuif soit reçue avec la FCPE 94 et les syndicats enseignants (cela doit être l’ouverture), on aurait pu appréhender un peu mieux. Les carences de l’éducation sur la question des remplacements : on dit même à l’I.A. que l’on ne souhaite pas remplacer les absences d’une semaine (Noiseau information d’hier soir).

Les mesures de casse du service public d’éducation, on les a depuis l’élection présidentielle par média interposés. Ca va plus vite. Si le ministère de l’Education nationale était évalué par les parents et les enseignants, malgré ses efforts, il serait loin d’être le premier de la classe, navigant entre démagogie, cynisme, et casse du service public d’éducation.

Ce ne sont pas des hommes et femmes sandwich dans des tee-shirts vantant les mérites du cartable électronique, lors de la visite du ministre à Maisons-Alfort pour présenter l’accompagnement éducatif qui vont nous rassurer ; l’école après l’école, commençons déjà à assurer l’école pendant l’école .

LA FCPE 94 s’oppose à la mise en place du service minimum et revendique un service maximum toute l’année Nous restons attachés au droit constitutionnel qu’est la grève.

La FCPE avec les parents reste opposée à l’instauration par les communes d’un service minimum en cas de grève des enseignants.
Monsieur le Ministre Darcos cherche à diviser les personnels et propose aux municipalités d’instaurer une garderie payée par le transfert de l’argent retenu aux grévistes, ce ne sont que des mesures démagogiques, il vaut mieux répondre aux revendications des enseignants.

La seule véritable solution de remplacement en ces circonstances serait de négocier avec les représentants des enseignants pour éviter d’en arriver à une grève.

Pour la FCPE, ce ne sont pas les quelques jours de grèves potentiels qui compromettent la qualité du service public mais bien les remplacements non assurés tout au long de l’année. Une fois de plus ne cherche-t-on pas à leurrer les parents d’élèves ?

Les parents FCPE veulent :
Que toute l’année les élèves ne perdent pas d’heures de cours par des remplacements non assurés
Que l’Etat ne supprime pas 11 200 personnels en 2008.
Que l’on ne supprime pas deux heures d’enseignement hebdomadaire aux écoliers. Les parents exigent les 936 heures d’enseignement annuel pour tous.
Que la formation professionnelle ne soit pas diminuée d’un an pour les bacs pro.
Que partout les conditions et les moyens soient mis en oeuvre pour que tous les élèves réussissent

La Base Eleves

Bientôt, tous les enfants en âge d’être scolarisés qui résident en France seront fichés dans le système Base élèves 1er degré. Elaboré en l’absence de tout débat démocratique sur sa finalité, son fonctionnement, ses possibilités de croisement avec d’autres fichiers (police, justice,…), sa mise en place rencontre de fortes oppositions de la part des parents d’élèves, mais aussi d d’enseignants, d’associations et d’élus. Des conseils municipaux se sont prononcés contre ce fichage, des parents le refusent, des directeurs d’école sont opposés ou réticents (ils sont alors soumis à de fortes pressions de leur hiérarchie) mais rien ne semble pouvoir arrêter une administration qui minimise les dangers du système.
Des informations sur les enfants et leurs familles qui, jusqu’à présent, ne sortaient pas de l’école, deviennent partiellement accessibles aux maires et remontent jusqu’à l’échelon académique, et même au niveau national avec un identifiant. Ces données transitent via Internet. Personne n’a oublié le scandale de juin 2007 qui a mis en évidence l’absence de sécurisation -tout un chacun pouvant avoir accès aux données personnelles des enfants et de leurs familles-.

L’une des utilisations de ce système se trouve dans la Loi de prévention de la délinquance du 5 mars 2007. Cette loi place le maire « au centre de la politique de prévention » avec de nouveaux pouvoirs, en le faisant notamment bénéficier de la notion de « secret partagé » avec différents acteurs sociaux. Les enseignants sont associés à ce dispositif de contrôle social.
Base élèves se situe donc dans la droite ligne du rapport Benisti qui, pour prévenir « les comportements déviants », préconise la détection précoce des troubles comportementaux infantiles dès la crèche…
Sous la pression d’un mouvement de protestation de parents d’élèves, d’enseignants et d’organisations de défense des droits de l’Homme, le ministère a annoncé le 5 octobre 2007 la suppression des champs relatifs à la nationalité tout en maintenant le lieu de naissance.
Pour l’enfant, individu en devenir, toute information sortie de son contexte peut être source de discrimination. Confier autant de données personnelles à une administration qui pourra les faire circuler par Internet et les utiliser à des fins qui ne sont pas précisées, nous semble dépasser ce qui peut légitimement être exigé des familles. L’école doit rester un lieu protégé, un lieu où l’enfant doit pouvoir se développer sans être enfermé dans son passé.
Convaincus que les libertés individuelles sont trop importantes pour être abandonnées au bon vouloir des gouvernements et des administrations, nous demandons la suppression définitive du système Base élèves et des données déjà collectées.
L’annonce de la semaine de 4 jours, sans aucune concertation, l

Le ministre de l’Education nationale annonce la mise en place de la semaine de quatre jours par la suppression de l’école le samedi matin pour la rentrée 2008. Cette mesure est contraire à l’intérêt de l’enfant et aggravera les inégalités sociales. Nous sommes opposés à une telle décision prise sans concertation.
Elle conduit à une réduction du nombre d’heures de classe : 72 HEURES
Sous couvert de donner du soutien aux élèves en difficulté ce sont les RASED qui sont menacés de disparaître
Elle ne règle pas la question des journées trop longues et mal organisées : au contraire elle les aggrave, sans politique d’accompagnement, une semaine de 4 jours « secs » ne fera qu’accentuer les effets perturbateurs du week-end sur l’adaptation à la situation scolaire, habituellement ressentis par certains enfants le lundi.
Il est paradoxal de justifier la suppression du samedi pour le temps familial, alors que l’on fait la promotion du travail du dimanche pour les salariés. (le travailler plus c’est sûrement pour être plus en famille)
Les enfants ont besoin de « mieux d’école » et surtout pas de « moins d’école ». Apprendre et pratiquer toutes les activités nécessaires à la culture commune fondamentale (3 heures de sport, technologie de l’information, langue vivante étrangère, sciences, art, culture, histoire, géographie, sans oublier les fondamentaux du lire, écrire, compter et raisonner…). En diminuant le nombre d’heures de cours, l’enseignement de l’ensemble des matières ne pourrait plus être assuré, ouvrant la porte à une marchandisation. Nous refusons cette évolution vers une école marchande où seules les familles ayant les moyens auraient la possibilité d’accéder à l’ensemble des savoirs. Nous nous opposons à cette mesure démagogique.

L’enseignement professionnel

Nous refusons la suppression des 150 BEP dans notre académie et la généralisation des BAC PRO en 3 ans, ces BAC PRO sont d’ailleurs mis dans la précipitation, quel programmes ; quels enseignants, quels enseignements pour ces bacs, au moment où les jeunes doivent choisir leur orientation ? On se moque d’eux, c’est bien une orientation par l’échec qu’on leur propose, au delà de l’économie substantielle de postes. On va exclure du système éducatif des milliers de jeunes supplémentaires, on répond au souhait du Medef : main d’oeuvre sous qualifiée.

Sans papiers.

La FCPE Val de Marne continuera à se mobiliser contre les expulsions, les arrestations au faciès, la politique du chiffre et les centres de rétention où l’on prévoit d’enfermer les familles, les enfants. Comment les enfants peuvent-ils étudier dans ces conditions, quelle angoisse face à la menace permanente que leurs parents soient arrêtés au coin de la rue et qu’ils ne soient pas à la maison le soir. Nous ne pouvons accepter l’inacceptable.

La laïcite

Les récentes déclarations du Président de la République faites au Vatican renforcent la grande inquiétude des partisans de la laïcité. L’apothéose de ces déclarations est certainement constituée par la mise en concurrence de l’instituteur et du curé : « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance ».
Ainsi, il manquerait donc toujours quelque chose à l’instituteur laïc ! Une telle affirmation constitue un réel danger qui dévalorise l’école publique, laïque, obligatoire et gratuite. Chacun analysera la pertinence de mettre en concurrence un instituteur et un curé (donc un enseignant et un ecclésiastique) et la subjectivité des définitions « du bien » et « du mal », notions à géométrie variable, et parfois génératrices de graves conflits.

De tels propos sont discriminatoires et parfaitement incompatibles avec la fonction républicaine du Président d’un état laïc impliquant une neutralité absolue. Il n’y a pas à classer les personnes selon leur fonction sociale. U.
ne telle prise de position ostentatoire en faveur de la (et d’une) religion n’est pas acceptable de la part du chef de l’Etat français

Les parents sont porteurs d’une double espérance humaine et humaniste : avoir des enfants et les élever (au double sens du terme). Ils sont animés par l’espoir de les faire grandir pour qu’ils deviennent des êtres libres et conscients. La laïcité est un des piliers de l’engagement des parents adhérents à la FCPE. Celle-ci représente pour nous une espérance : elle exprime des valeurs de dialogue, de respect et de tolérance. Elle est au cœur de l’identité républicaine où tous les citoyens ont à vivre ensemble. Cela implique la liberté de conscience pour chaque individu, l’autonomie de jugement.

Il importe que chaque citoyen de la république, qu’il soit croyant en un Dieu ou plusieurs, sans ou avec une religion, athée ou agnostique puisse se reconnaître de la même façon dans les valeurs de la république laïque et impartiale, sans avoir le sentiment que dans la sphère publique il soit mieux ou moins bien traité du fait de ses convictions.

En conclusion, la FCPE s’oppose aux restrictions budgétaires et aux dispositions désastreuses prises sans concertation qui aggravent les inégalités, laissent les enfants les plus en difficulté sur le côté, opposent les uns au autres.

La FCPE et les parents continueront à défendre un service d’éducation public laïque gratuit et de qualité.