Déclaration en C.D.E.N. (Conseil Départemental de l’Education nationale)

mercredi 18 octobre 2006
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Depuis plusieurs semaines, notre département, plus particulièrement la ville de Cachan, est le sujet d’actualité de nombreux médias.
L’évacuation du squat de Cachan le 17 août 2006 a entraîné des dizaines de familles dans une situation encore plus difficile qu’elle ne l’était auparavant. Ainsi, depuis plus d’un mois, des familles vivent (ou plutôt survivent) dans un gymnase et 2 grévistes de la faim ont été hospitalisés hier dans un état que les médecins jugent très inquiétant : des propositions réalistes ont été présentées au Préfet, celui-ci les a toutes refusées.
De nombreuses familles dont les enfants sont scolarisés reçoivent actuellement des refus de régularisation. Elles avaient formulé une demande dans le cadre de la circulaire du 13 juin 2006 signée du Ministre de la Chasse à l’enfant et du déménagement du territoire.
Dans le département, 1684 étrangers se sont présentés directement au guichet pour faire leur demande ; seuls 233 ont fait l’objet d’une décision positive, nous estimons que plusieurs centaines de familles n’ont même pas reçu de réponse.
Mais nous affirmons aussi que dans des situations identiques, certaines familles ont été régularisées et d’autres pas, sans qu’il existe une justification possible à de telles différences de traitement. Que des personnes répondant aux critères de la circulaire ont cependant été déboutées de manière totalement arbitraire. Que nombre de rejets ont été prononcés sans examen des dossiers déposés parce que le quota du nombre de régularisation fixé par le Ministère de l’Intérieur avait été atteint.
Après avoir suscité un grand espoir chez les familles et les jeunes concernés, cette procédure de régularisation provoque un lourd sentiment d’injustice et de tromperie.
L’extrême brièveté des délais, le flou et l’imprécision des critères de la circulaire et l’arbitraire de son application ont transformé celle-ci en une véritable loterie puis en piège pour des milliers de familles dont le Ministre de l’Intérieur annonce maintenant l’éloignement imminent.
Nous continuerons de dire non aux expulsions, aujourd’hui comme tout au long de l’année scolaire.
Nous continuerons d’exiger des papiers pour tous par un titre de séjour « vie privée et familiale ».

Par ailleurs, contrairement à ce qu’affirme le Ministre de l’Education Nationale, la rentrée ne s’est pas bien passée.

Dans le Département, de nombreuses classes sont surchargées et trop d’élèves n’avaient pas d’affectation le jour de la rentrée. L’accueil des 2-3 ans est en recul, de nombreux élèves, notamment en lycées professionnels, n’ont pas trouvé de place, certains élèves sont déscolarisés ou inscrits hors secteur dans des filières non souhaitées.
Les RASED sont incapables de prendre en charge tous les élèves concernés.

Les 8500 suppressions de postes prévues au budget 2007 dans l’Education Nationale participent à la liquidation programmée de l’Ecole Publique.
Nous assistons à un empilement de mesures inutiles voire nuisibles qui ont toutes comme point commun de ne pas coûter un centime à l’Etat qui servent de façade pour cacher une politique de régression : suppressions d’options dans le second degré, classes partagées entre plusieurs enseignants, déréglementation horaire, dédoublements supprimés, postes non pourvus, enseignants contraints d’enseigner hors de leur discipline, diminution drastique des personnels d’encadrement, élèves de niveaux différents regroupés dans la même classe en langue vivante,enseignements des langues pourtant obligatoires en primaire non assurés, situation dramatique de l’enseignement spécialisé et de l’accueil des enfants handicapés, liquidation du service public d’orientation, nombre insuffisant et manque de formation des Auxiliaires de Vie Scolaire, diminution de la durée et du contenu des formations, diminution des moyens dans tous les établissements : autant de mesures qui contribuent à l’aggravation de l’échec scolaire, principale cause de la violence.

Parce que nous ne voulons ni d’une école de classe, qui stigmatise et qui trie, ni d’une politique répressive et de culpabilisation systématique des élèves en échec et de leurs familles, à travers les PPRE, la note de vie scolaire qui n’est qu’une double peine, la suppression des allocations familiales, nous refusons le fichage des enfants, mais nous demandons :

• Du personnel titulaire, qualifié, suffisamment formé et en nombre suffisant pour mettre un terme au démantèlement de l’éducation prioritaire, à la mise en place d’une école à 2 vitesses comme à celle d’un enseignement au rabais à travers le socle commun.
• Un abaissement généralisé des effectifs dans toutes les classes et une réflexion sur les besoins spécifiques pour l’accueil des élèves des premières années de maternelle.
• L’attribution exclusive des fonds publics à l’école publique.
• La défense de la sectorisation scolaire liée à une politique urbaine de mixité sociale