Education : annonce de 10.000 postes supprimés, colère des syndicats

vendredi 29 juin 2007
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Le ministre de l’Education Xavier Darcos a estimé jeudi sur BFM TV "aux alentours de 10.000" le nombre de postes supprimés dans l’Education nationale au budget 2008, provoquant immédiatement la colère des syndicats d’enseignants.

Dans le cadre de l’objectif gouvernemental de non-remplacement de 30 à 40.000 fonctionnaires, "nous serons dans des chiffres qui seront aux alentours de 10.000", en termes de réduction des effectifs de l’Education, a annoncé le ministre.

Il a précisé que les arbitrages sur la répartition des non-remplacements de 30 à 40.000 fonctionnaires partant en retraite, annoncés par Eric Woerth, seraient pris "au mois d’août".

"Si nous obtenons que des professeurs, dans le cadre de la réflexion sur leur métier, acceptent d’être moins nombreux mais d’avoir un temps de travail différent, volontaire, évidemment, grâce à des volants d’heures supplémentaires importants, nous pouvons sans doute trouver des ajustements", a-t-il dit.

Evoquant "une question difficile", M. Darcos a assuré que "le ministère de l’Education nationale ne s’abstiendra pas, évidemment" de participer au projet gouvernemental d’économie d’emplois publics, mais "l’Education nationale a une difficulté : c’est une entreprise de main d’oeuvre, c’est-à-dire quand on vous supprime un professeur dans le premier degré, vous fermez une classe", a-t-il nuancé.

Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération de l’Education, a immédiatement dénoncé cette "logique comptable à courte vue, qui sacrifie l’avenir, compromet l’objectif d’assurer la réussite de tous et laisse présager un nouveau creusement des inégalités".

Ces suppressions entraîneront notamment "une dégradation des conditions de travail et des conditions d’enseignements", a-t-il dit, prévenant que "si ces annonces se confirment, la FSU fera tout pour organiser la riposte la plus unitaire possible".

Le Snes-FSU, principal syndicat des collèges et lycées, a rejeté cette "saignée pour l’Education nationale", alors que "les effectifs à la rentrée 2008, tels qu’ils sont prévus par le ministère, augmentent de plus de 20.000 élèves (premier et second degrés confondus)".

"C’est le second degré qui va être frappé de plein fouet par ces nouvelles suppressions d’emplois", qui ne seront "possibles qu’en amputant fortement l’offre d’enseignement" et "en augmentant la charge de travail des personnels", a ajouté le syndicat.

L’Unsa-Education a vilipendé "la dégradation brutale et programmée de l’emploi public" et "ce pilotage par la seule approche budgétaire".

"Ce ne sont donc pas les exigences d’un service public de qualité, au service de la réussite de tous les élèves qui priment mais bien la seule obsession comptable", a estimé la deuxième fédération du monde éducatif.

"Alors que l’Education nationale manque déjà d’encadrement, et particulièrement dans les lycées, le ministre annonce une nouvelle réduction de postes pouvant mener à une inquiétante augmentation du nombre d’élèves par classe et à une dégradation des conditions de vie dans les lycées", a estimé Tristan Rouquier, président des lycéens de la Fidl.


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