Sans-papiers : la garde à vue de la directrice d’école continue de susciter l’émotion

mardi 27 mars 2007
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Les manifestants, au nombre de 2.500 selon les organisateurs - FCPE (parents d’élèves), Réseau Education sans Frontières (RESF) et SOS Racisme - et de plus d’un millier selon la police, regroupés à l’appel des principaux syndicats enseignants, entendaient "exprimer leur totale indignation, dénoncer la détention arbitraire - de la directrice d’école - et exiger l’arrêt des poursuites engagées".

"Il est inacceptable que des enfants, des parents et des grands-parents puissent être malmenés près des écoles", a déclaré Anne Hidalgo, première adjointe PS au maire de Paris.

Selon l’ancien ministre socialiste de l’Education Jack Lang, "il faut régulariser selon des critères objectifs les personnes qui vivent depuis longtemps dans notre pays".

Dans un communiqué distribué à la manifestation, la directrice de l’école maternelle Rampal (XIXème arrondissement), Valérie Boukobza, affirme avoir rempli son "devoir de protection des enfants et de leurs famille et celui de résistance pacifique à une forme d’oppression" et "ne pas avoir outrepassé" son "devoir de discrétion".

"Ce qui passe mal également, c’est que le ministère de l’Education ne se soit pas exprimé. L’Education nationale aurait pu demander qu’elle soit interrogée dans de meilleures conditions et intervenir pour rappeler qu’il ne doit pas y avoir d’arrestations de sans-papiers aux abords de l’école", a expliqué Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire.

Une délégation de douze manifestants, reçue pendant plus d’une heure par le recteur Maurice Quénet et l’inspecteur d’académie du premier degré, a fait part de son mécontentement.

"Le recteur n’a pris aucun engagement sur les enfants de sans-papiers et il a annoncé que la directrice serait convoquée par le responsable du premier degré", a déclaré Jean-François Fontana, de Sud Education.

Le Snes-FSU, syndicat majoritaire dans les collèges-lycées, a fustigé, dans une motion à l’ouverture de son congrès à Clermont-Ferrand, "l’attitude du ministre de l’Education nationale et du recteur de Paris qui laissent faire et déclarent ne pas se sentir concernés par des pratiques contraires aux valeurs de l’Ecole de la République".

Selon le rectorat, "les faits se sont produits à l’extérieur de l’école, ce sont des faits détachables de sa mission de directrice d’école".

Valérie Boukobza a passé vendredi près de sept heures en garde à vue après des incidents violents le 20 mars lors de l’interpellation dans un café proche d’un Chinois sans papiers qui venait chercher ses deux petits enfants.

Après la polémique déclenchée par cette garde à vue, le ministère de l’Intérieur a annoncé avoir écrit aux préfets pour leur "rappeler" que "l’exécution des mesures d’éloignement d’étrangers en situation irrégulière ne doit en aucun cas donner lieu à des interpellations (...) dans l’enceinte ou à proximité immédiate d’un établissement scolaire".

La FCPE a saisi l’occasion du départ du gouvernement de Nicolas Sarkozy pour demander à son successeur François Baroin de "mettre fin aux expulsions de familles sans papiers ayant des enfants scolarisés".


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