La FSU appelle à "une rupture radicale" avec le système éducatif actuel

lundi 5 février 2007

Fédération majoritaire dans l’Education, la FSU a achevé son congrès à Marseille vendredi par un appel à la mobilisation de l’opinion publique afin d’obtenir des candidats à la présidentielle une "rupture radicale" avec le système éducatif actuel.

"Nous allons demander aux candidats s’ils proposent ou non une rupture de la politique actuelle menée dans l’Education", a assuré devant la presse Gérard Aschieri, nouvellement réélu pour un troisième mandat à la tête de la fédération, avant d’évoquer "la bataille de l’opinion" dans son discours de clôture.

La FSU, dont 88% des adhérents sont enseignants mais qui compte aussi des syndiqués dans la Fonction publique d’Etat et territoriale, est ressortie de son congrès avec un texte d’"appel" à la "rupture radicale", adopté à 92%, essentiellement consacré à l’Education mais aussi à la protection sociale, aux salaires, aux services publics et aux droits fondamentaux.

"C’est un digest du congrès destiné à l’opinion mais qui servira de support à l’interpellation des candidats", a commenté Gérard Aschieri, en rappelant que "les batailles syndicales se gagnent avec l’opinion".

Dans cet "appel", la fédération se prononce pour une "transformation" du service public d’éducation, passant notamment par l’allongement de la scolarité obligatoire à 18 ans, une "culture commune pour tous", la "prévention et le traitement de la difficulté scolaire de la maternelle à l’université" ou encore "la revalorisation matérielle et morale des métiers de l’Education".

"Nous interrogerons également les candidats sur les moyens qu’ils accorderaient pour concrétiser le pari que tout le monde accède à la qualification", a précisé M. Aschieri, reprenant une revendication centrale de la FSU d’augmenter le taux d’encadrement pour "la réussite de tous les élèves".

Dans les couloirs du congrès, l’exaspération des enseignants à l’égard du gouvernement était palpable. Lassés d’entendre qu’ils "ne fichent rien", ceux-ci ont souhaité aller "au delà" de la mobilisation prévue du jeudi 8 février, dans le cadre d’un appel commun à toute la Fonction publique.

Les milliers de suppressions de postes encore prévues pour la rentrée 2007, le projet de décret allongeant leur temps de travail et instaurant leur bivalence (enseignement dans deux disciplines), ainsi que les "prescriptions impératives du ministre sur les enseignements" au primaire (lecture, grammaire, calcul) sont autant de raisons pour "donner des suites", rapides, à cette journée, selon les termes du texte "action" adopté vendredi (à 90%).

Mais la FSU a conscience qu’elle ne peut agir seule et les débats se sont nourris de la nécessité de dégager des "terrains de réflexion communs" aux autres organisations de l’Education et aux grandes confédérations et syndicats interprofessionnels.

Le congrès de la FSU a par ailleurs réservé un accueil des plus chaleureux aux leaders étudiants et lycéens avec lesquels elle a mené la bataille contre le CPE. Mais c’est lorsque Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, a lui-même évoqué une possible "unité syndicale" que le congrès a pris toute son ampleur.

"Ce sont des déclarations importantes et précieuses pour nous, nous allons prendre des contacts assez vite", s’est félicité M. Aschieri.

Soucieuse d’être entendue sur des sujets plus sociétaux, la fédération s’est en outre donné pour mandat la défense du mariage homosexuel et de l’homoparentalité.

VOIR EN LIGNE : Dépêche VousNousIls du 2 février 2007



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