La FSU plaide pour un "service public" de l’accompagnement scolaire

vendredi 2 février 2007

En pleine explosion des cours de soutien privés, la FSU, principale fédération de l’Education, a défendu mercredi à Marseille un "service public" de l’accompagnement scolaire au sein de l’Ecole, ce qui suppose une augmentation du nombre de professeurs.

Constatant le "développement d’un +marché+" prospère du soutien privé, les quelque 750 congressistes de la FSU réunis à Marseille jusqu’à vendredi ont réclamé que le soutien scolaire, financé par l’Etat "sous couvert de dégrèvement d’impôts" soit assuré "par le service public ou des structures laïques agréées".

Ils ont demandé la suppression pure et simple de l’abattement fiscal, qui divise par deux le prix des cours privés. "Il n’est pas normal que ceux qui profitent de la réduction soient ceux qui payent des impôts", a expliqué Jean-Michel Devron, secrétaire national de la FSU.

Mais au-delà, l’organisation d’un véritable travail d’accompagnement scolaire - méthodologie, remise à niveau, préparation d’examen, etc... - pose plusieurs problèmes.

Pour le mettre en place de manière cohérente, il faut "augmenter le nombre de professeurs", a expliqué Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, en marge du congrès, et les soulager de plusieurs heures de présence en classe. Or, des milliers de postes ont été supprimés depuis 2003 et un projet de décret prévoit au contraire d’allonger le temps en classe de quelque 50.000 enseignants des collèges et lycées.

Et c’est sans compter le volontariat, prôné mercredi encore à l’Assemblée par le ministre de l’Education Gilles de Robien.

Idéalement ensuite, "en tant que service public, l’accompagnement devrait être offert à tous", reconnaît Gérard Aschieri. Mais il ne juge pas "réaliste" la suggestion de la Ligue de l’Enseignement d’une aide systématique aux devoirs, au primaire et dans le secondaire, afin d’éviter que les inégalités sociales ne pèsent trop lourd.

"Il faut avancer par étape, tout le monde n’a pas les mêmes besoins", estime M. Aschieri, jugeant que les établissements de l’éducation prioritaire doivent être ciblés.

Quoiqu’il en soit, "le terme +soutien+ est très critiqué parce que ça veut dire que l’aide intervient alors que la difficulté scolaire est constatée", s’agace Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, où la prévention de l’échec est partie intégrante de la tâche de l’enseignant.

"La loi Fillon et la politique Robien ont réduit la solution à la difficulté scolaire au +soutien+ dont ils ont fait la panacée, mais la première chose à faire est de travailler autrement en classe, pour la prévenir", suggère Gérard Aschieri. Il cite plus d’enseignants que de classes au primaire, pour que les enfants connaissent plusieurs méthodes d’apprentissage, ou un travail en petits groupes au collège. Toutes choses qui demandent des moyens supplémentaires.



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