Bonnets d’âne et enseignants en colère dans Paris pour dire "non aux régressions"

dimanche 21 janvier 2007

samedi 20 janvier 2007

Des milliers d’enseignants, souvent coiffés de bonnets d’âne, ont défilé samedi dans Paris à l’appel de la FSU afin d’exprimer leur "exaspération" contre la politique du ministre de l’Education Gilles de Robien et les nombreuses suppressions de postes à la rentrée 2007.

Commencée vers 14H00, la manifestation, qui a rassemblé entre 25 et 30.000 personnes venues de toute la France, selon les syndicats, 13.500 selon la police, a pris fin vers 17H00 place de la Bastille et les enseignants se sont dispersés dans le calme.

Fendant la foule pour remonter en tête de cortège et tirant un vrai âne derrière elle, une enseignante rousse explique : "on a amené un âne pour dire qu’on en a assez de l’entêtement et du mépris de Gilles de Robien, et pour lui dire qu’on ne marche pas au bâton et à la carotte !".

Cette manifestation nationale s’est déroulée sous la bannière de plusieurs syndicats de la FSU, première fédération de l’Education (Snuipp-FSU pour le primaire, Snes pour le secondaire, Snuep-FSU pour l’enseignement professionnel, et Snesup pour le supérieur). Y participaient aussi le Snetaa-EIL, Le Snalc-CSEN, la FAEN, des cortèges de l’Unef, des lycéens de l’UNL et la Fidl.

Danièle Atanassian, institutrice dans le Lot-et-Garonne, a revêtu un bonnet d’âne blanc comme sa collègue Claudine Ricou qui enseigne dans le Finistère : "le ministre prend les professeurs des écoles pour des nuls", s’insurgent-elles, s’inquiétant des 5.000 suppressions de postes prévues à la rentrée.

"Avec ses réformes sur la lecture (retour au B.a Ba), la grammaire (retour des leçons de grammaire) et le calcul (apprendre les 4 opérations au CP), le ministre nous dit qu’on ne sait pas apprendre à lire et à compter aux enfants, il nous dénigre auprès des élèves et des parents", estime Danièle, enseignante depuis 35 ans.

Exerçant en Ardèche, Michel Sévennier, syndiqué au Snuipp-FSU, dénonce une "dégradation du métier d’enseignant" qui s’accompagne de "mesures de plus en plus autoritaires" du ministre.

"Les parents viennent nous demander où nous en sommes au primaire dans l’enseignement des langues, mais, avec toutes les annonces en ce moment prises comme des injonctions, c’est impossible de les mettre en oeuvre", regrette-t-il.

Dans le secondaire, le moral n’est pas meilleur : "je viens de Tremblay en Ile-et-Vilaine. Je suis prof de techno dans un collège et on veut supprimer l’heure de préparation de labo pour les élèves", explique Thierry Le Pottier. Il se réfère au projet de décret de Gilles de Robien qui prévoit de supprimer des "décharges horaires" pour quelque 50.000 enseignants qui n’enseignent que 17 heures par semaine au lieu de 18 pour préparer des laboratoires ou corriger des copies en première et terminale.

"J’ai besoin de cette heure de préparation et ce décret va m’enlever 1.500 euros de revenu par an alors que notre pouvoir d’achat baisse", souligne-t-il. Une perte de salaire confirmée par le ministère qui souligne que les enseignants ont la possibilité de faire des heures supplémentaires en compensation.

En tête de cortège, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, résume : "cette manifestation, c’est pour dire +assez+ à une politique qui remet en cause les métiers et les moyens de l’Education nationale".

La FSU entend poursuivre la mobilisation le 8 février. Les cinq fédérations de l’Education, la FSU, l’Unsa-Education, le Sgen-CFDT, la Ferc-CGT et la FAEN, ont en effet appelé ensemble à la grève dans le cadre de la journée d’action des fonctionnaires sur le pouvoir d’achat.



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