Après la lecture et la grammaire, place au calcul à l’Ecole

mercredi 10 janvier 2007

Après la réforme de la lecture pour rétablir le fameux "B-A ba", puis la remise au goût du jour des vrais cours de grammaire, le ministre de l’Education Gilles de Robien ouvre le chantier des maths, qui devrait laisser plus de place au calcul mental à l’Ecole.

Cette réforme pédagogique sera officialisée dans une circulaire prévue en mars, a précisé mardi le ministère de l’Education nationale.

Pour la rédiger, le ministère prévoit de mettre en place le 23 janvier un groupe de travail composé notamment de membres de l’Académie des Sciences.

Cette réforme devrait s’appuyer à la fois sur une synthèse de ce groupe d’experts mais aussi sur un rapport intitulé "l’enseignement des mathématiques au cycle 3 (ndlr, CM1-CM2) de l’école primaire", remis en juin à Gilles de Robien.

Ce document de l’inspection générale rappelle que "depuis trente ans, priorité est donnée à un enseignement des mathématiques qui privilégie la résolution de problèmes".

Si "cette tendance est conforme aux orientations internationales dans l’enquête PISA (comparaison du niveau en maths à l’âge de 15 ans dans les pays de l’OCDE)" et que "les maîtres empruntent largement cette direction", se félicite le document, "de nombreuses séances manquent de rigueur" car elles sont "trop complexes".

Actuellement, selon les programmes de 2002, les élèves de primaire, du CP au CM2 font 5h à 5h30 de mathématiques par semaine. Chaque cycle a un programme précis, les écoliers de CP étant par exemple censés savoir faire une addition et être sensibilisés à la soustraction.

"C’est vers la fin du cycle 3 (en CM2) que tous les enfants doivent connaître les quatre opérations (addition, soustraction, multiplication, division)", explique à l’AFP l’inspection générale.

Or savoir les tables par coeur, calculer mentalement, savoir poser des opérations "sont des compétences insuffisamment travaillées", relèvent encore ces inspecteurs dans le document.

Il suggère donc de "veiller à la régularité de la pratique quotidienne du calcul mental" et de "commencer systématiquement une séance de mathématiques par un temps de calcul mental".

Cette dernière proposition devrait être retenue dans la circulaire de mars puisqu’un avant-projet de circulaire ministérielle pour la rentrée 2007 dit que "la pratique du calcul mental doit être renforcée".

"Si nous ne connaissons pas encore le contenu de cette réforme, nous sommes déjà inquiets après les déclarations de Gilles de Robien marquées du sceau de la nostalgie", réagit le secrétaire général du syndicat enseignant SE-Unsa Luc Bérille.

Selon lui, "le retour de la grammaire et du calcul à l’école suppose qu’on n’en faisait plus, ce qui est quand même le comble, heureusement pour les élèves que nous en faisons beaucoup en classe !".



Toutes les brèves du site