Des moyens à la hauteur des besoins pour l’éducation prioritaire !

Un plan de rattrapage pour l’académie de Créteil !
dimanche 7 décembre 2014
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La FCPE 94 déplore que la « réallocation de moyens attribués à l’éducation prioritaire » se réalise à budget constant voire à la baisse alors que les besoins éducatifs ont augmenté dans les établissements des quartiers et villes populaires du fait d’une progression générale des inégalités sociales et territoriales (cf travaux de Thomas Piketty).

L’éducation prioritaire, créée en 1982 sous un gouvernement de gauche, visait à donner plus à ceux qui avaient moins afin d’établir plus d’égalité entre élèves. Donner plus signifie des effectifs moins lourds par classe avec des seuils (par exemple 25 élèves au maximum en collège). Cela signifie aussi des heures d’enseignement en plus permettant des dédoublements de classes, du soutien, plus d’heures pour le sport ainsi que la possibilité de réaliser des projets pédagogiques supplémentaires. En outre, les établissements en éducation prioritaire disposent de plus de moyens en vie scolaire avec davantage de surveillants, de conseillers d’éducation principaux. Ces politiques ont eu un certain effet positif dans les établissements concernés ; d’où, une mobilisation forte de la communauté éducative des établissements menacés de sortie des dispositifs de l’éducation prioritaire.
Pour autant, le classement en éducation prioritaire n’a pu inverser la dégradation très forte des moyens éducatifs dans la période 2007-2012 avec la suppression de 80 000 emplois dans l’éducation nationale. Ladite suppression a été aussi ressentie dans les établissements d’éducation prioritaire, avec un grignotage croissant des moyens, des effectifs par classe en augmentation, des difficultés croissantes de remplacement, brisant trop souvent la continuité du service public, la nomination de nouveaux enseignants manquant de formation professionnelle pour bien assumer leurs missions d’enseignement.
A la rentrée 2015, dans le Val de Marne, ce seraient 7 établissements qui sortiraient de l’éducation prioritaire et 3 établissements qui y entreraient, sans garantie de rattachement des écoles élémentaires. Il y aurait donc moins d’élèves concernés alors que les besoins augmentent au fur et à mesure de l’aggravation de la crise économique.

L’échec scolaire non seulement ne diminue plus depuis 20 ans, mais s’aggrave à nouveau et il faut mettre des moyens là où il est le plus fort pour l’éradiquer à la base. Le système pervers de couplage avec la politique de la ville a pour effet de faire sortir des zones du dispositif (en primaire) alors que les besoins perdurent et de présenter les chiffres comme s’améliorant alors qu’il n’en est rien . On ne peut parler en termes d’économies de moyens quand il n’y en a déjà pas tant que cela.

Autre conséquence perverse de la sortie de l’éducation prioritaire ; les enseignants en poste dans les établissements sortant de l’éducation prioritaire n’auront que 3 ans pour partir s’ils ne veulent pas perdre leurs points acquis à utiliser pour muter dans les zones recherchées.

Cela entraînera en très peu de temps le départ d’une grande partie des équipes enseignantes et déstabilisera sérieusement les établissements scolaires.

Enfin, signalons qu’une inégalité inadmissible existe toujours entre l’académie de Paris et celle de Créteil. A Paris, les moyens alloués par élève sont largement supérieurs à l’académie de Créteil alors que les difficultés scolaires et sociales sont moindres.

La FCPE du Val de Marne demande un plan de rattrapage pour l’académie de Créteil dans le Val de Marne, un classement large en éducation prioritaire des établissements afin de répondre aux besoins scolaires et sociaux et de prendre au sérieux la priorité à la jeunesse qui était défendue par le Président de la République lorsqu’il était candidat.

La FCPE Val de Marne appelle tous les parents à se mobiliser aux côtés de tous les acteurs de la communauté éducative (enseignants, personnels de vie scolaire, techniques, d’entretien…) pour maintenir et élargir l’accès aux moyens supplémentaires que se doit d’apporter l’éducation prioritaire.

La FCPE appelle ses adhérents, ses sympathisants et tous les parents à manifester Mardi 9 Décembre à 11 heures au métro Sèvres Babylone.


Documents joints

Des moyens à la hauteur des besoins pour (...)
Des moyens à la hauteur des besoins pour (...)