Déclaration de la FCPE 94 au CDEN du 14 octobre 2014

mardi 28 octobre 2014
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MM. le vice présidant du Conseil Général, le préfet
Mme la directrice académique

La FCPE souhaite intervenir sur plusieurs points concernant le bilan de la rentrée dans les collèges et les écoles.

> Dans le premier degré, la rentrée a été tendue dans beaucoup d’écoles où les effectifs par classe restent très élevés, même si des mesures d’ajustement ont été prises le 5 septembre. Il y a encore trop d’école avec des moyennes plus de 26 élèves/classe, trop de classes à plus de 30 élèves, et cela y compris dans les zones d’éducation prioritaire.

Au delà du problème de sous estimations dans les prévisions qui localement peut jouer, nous faisons le constat que globalement le compte n’y est pas. Les créations de postes ne suffisent pas à couvrir les besoins liés à la montée démographique.
Si nous nous félicitons de la création de nouvelles classes de 2/3 ans, l’offre reste bien insuffisante. Nous sommes encore très en dessous de 10% quand d’autres départements atteignent ou dépassent les 20%.
Plus généralement, les mesures consacrées à la lutte contre les inégalités scolaires dans le cadre de la refondation de l’école nous interrogent quant à leurs réelles portées.
Depuis 2 ans, elles se sont substituées aux interventions d’enseignants spécialisées, de soutien en langue et en lecture, et formés pour aider, dans et hors la classe, les élèves en difficulté scolaire. Leur portée nous interroge d’autant plus qu’une part importante des postes PDMQC créés ne pas pourvus.

Au moment où la réforme des rythmes scolaires s’applique, il n’y a toujours rien en vu concernant une relance des RASED ou de tout autre dispositif visant à prendre en charge les élèves en difficulté. Toujours rien dans beaucoup de quartiers populaires.

> Concernant la réforme des rythmes, il est sans doute trop top pour en faire un bilan complet, mais ce que nous redoutions en terme d’inégalités sur le territoire, se vérifie : trois scenarios sont en œuvre dans les 47 villes du département, avec 9 villes qui ont choisi le samedi.
Les décrets Peillon et Hamon ne prévoyaient aucun cadrage national concernant les PEDT, pas plus qu’ils ne garantissaient la gratuité des activités définies comme périscolaires. Certaines villes qui ont mis en place des activités, demandent des participations aux parents. Qu’en sera t-il après 2015, quand le fond d’amorçage prendra fin ?

>Concernant les taux de présence, dont vous nous présentez un état sur le mois de sept, nous aurions aimé avoir des éléments plus détaillés sur le samedi et le mercredi ainsi que des éléments de comparaison avec les autres jours de la semaine.
Il y a aussi un aspect à prendre en compte dans ces données, c’est que l’école n’est obligatoire qu’à partir de 6 ans, c’est à dire qu’en élémentaire. Nous souhaitons simplement vous rappeler que c’est notamment en s’appuyant sur l’absentéisme des élèves, qui était surtout effectif en maternelle, qu’un précédent ministre de l’EN a décrété la suppression de l’école le samedi et la semaine de 4 jours.

Au delà, nous attendons un véritable bilan et même un diagnostic de la réforme des rythmes avec comme préoccupations l’accès de tous les enfants aux activités extra et périscolaires et leur gratuité.

>Concernant l’éducation à l’égalité filles/garçons, nous sommes intervenus à plusieurs reprises pour dénoncer les attaques contre l’ABCD de l’égalité. Nous avons même été amené a exclure des adhérents et des élus de notre fédération pour atteintes graves à nos valeurs et principes.
Nous tenons aujourd’hui à informer tout le CDEN que suite à cela, une responsable locale de la FCPE de Fontenay est convoquée et risque d’être mise en examen pour diffamation. C’est inadmissible alors que cette responsable FCPE, engagée depuis de nombreuses années, n’a fait que défendre l’égalité et la laïcité au sein de l’école de la République. Nous appelons aujourd’hui à être solidaire avec elle.
Toujours concernant l’égalité fille garçon, après l’abandon du dispositif de l’ABCD, nous souhaitons savoir quelles seront les modalités des nouvelles actions annoncées par madame la ministre, en termes de formation et d’outils pédagogiques pour les enseignants et en termes d’information et de participation des parents ?

Dans les collèges, la rentrée est conforme à ce qui nous avions dit lors du CDEN de préparation. Les DHG restent globalement insuffisantes pour mener à bien tous les projets pédagogiques et notamment mettre en place les dédoublements nécessaires de classes dans les matières expérimentales ou en langue.

Nous souhaitons, également vous faire part de deux autres inquiétudes :

  • le nombre important de collégiens qui se sont retrouvés sans affectation après la rentrée, dont la plupart est âgée de moins de 16 ans. Ce n’est pas la première année et ça devient récurrent. C’est non seulement inacceptable mais aussi illégal.
  • le problème également récurent des remplacements non ou mal assurés : même si des progrès sont faits, les situations restes intolérables, et cela y compris dans le premier degré ;

Par ailleurs, et cela ne concerne pas seulement le collège, nous sommes inquiets de l’appauvrissement de l’offre d’enseignement en langues vivantes sur le département ; Le choix se réduit de plus en plus à l’anglais ou à l’espagnol en LV1 et LV2, mais est aussi très réduit en LV3. Il y a urgence de lancer un plan pour diversifier l’offre de langue sur tout le territoire, au delà des pôles d’excellence que constituent les cités scolaires internationales, comme prochainement à Noisy le Grand.

Enfin, je terminerais en vous rappelant ou en vous informant que les 10 et 11 octobre, se sont déroulées les élections des représentants de parents d’élèves dans les écoles et les conseils d’administration.
C’est un acte citoyen qui concerne plus de 16 millions de personnes qui pourtant est absent dans l’espace public et les médias, et même dans certains établissements qui ne font aucune information ou très tardive aux parents.
Cette élection doit permettre à toujours plus de parents à prendre toute leur place dans les établissements et à être des acteurs de l’école publique, comme l’appelle de ses vœux Najat Valaud Belkacem, dans son clip en ligne sur le seul site du ministère.
En attendant la mise place d’une campagne nationale d’information et de sensibilisation des parents d’élèves et des citoyens, sans doute pour la rentrée 2015, nous vous demandons Madame, de nous transmettre dans les plus brefs délais, l’ensemble des résultats détaillés, niveau par niveau et bureau de vote par bureau de vote.
Je vous remercie de votre attention.