Déclaration liminaire de la FCPE 94 au CDEN du 7 mai

105 postes pour l’enseignement primaire dans le 94 : le compte n’y est pas !
mardi 13 mai 2014
popularité : 33%

Mme la directrice académique, Mme la vice présidente du Conseil général, M. le Préfet
La rentrée 2014 est la deuxième a être préparée dans la cadre de la loi d’orientation et de programmation, dite loi de refondation de l’école ; Au delà des annonces et des promesses, il s’agit donc de voir comment se traduit concrètement la priorité à l’école primaire.

Si notre département se voit doter pour la deuxième année consécutive de créations de postes, contrairement à la période précédente, nous faisons le constat que ça ne fait pas le compte.

En effet, l’enveloppe de 105 postes ne permettra ni de répondre à l’augmentation de 2000 élèves dans les écoles primaires, ni aux besoins spécifiques et encore moins à lutter contre les inégalités scolaires.

Globalement, cette dotation se traduira par une dégradation du taux d’encadrement. Au final, le nombre de postes réellement consacré à l’amélioration de la situation reste modeste. De nombreuses demandes d’ouvertures de classes, comme à Villejuif, Vitry, ou à Villeneuve Saint Georges, ne seront pas satisfaites. Les seuils d’élèves par classe ne seront pas respectés, y compris dans les zones d’éducation prioritaire. Il semble qu’on ait choisi d’anticiper de manière restrictive la mise en œuvre de la réforme de l’éducation prioritaire.

Des parents d’élèves et enseignants se sont mobilisés lors du CTSD du 7 avril, … plusieurs occupent leur école depuis la rentrée des vacances de printemps, comme à l’élémentaire Eugénie Cotton de Vitry.

Par ailleurs, s’il faut se féliciter de la création de classes 2/3 ans et de postes de plus de maître que de classe (PDMQDC), une nouvelle fois, ces dispositifs, trop modestes en nombre, sont réalisés à moyens quasi constants : soit par la fermeture de classes pour les pôles TPS, soit par la suppression de postes d’enseignants spécialisés en soutien lecture pour les PDMQDC. Au rythme actuel d’ouvertures des classes 2/3 ans, nous doutons que l’objectif d’un retour à 30% soit atteint dans les prochaines années, comme nous l’a promis l’ancien ministre de l’éducation nationale.
Nous sommes inquiets de la situation des classes d’accueil pour les élèves non francophones, nouvellement arrivés en France. La circulaire de 2013 créant les UPE2A se traduit dans notre département par la systématisation d’unités mobiles, justifiées par le seul souci d’économie. Si elles seront au nombre de 35 à la rentrée, seuls 12 postes d’enseignement encadreront le dispositif, au détriment du travail d’accueil et d’accompagnement nécessaire à une bonne intégration scolaire de ces enfants.

Concernant le problème récurrent des remplacements, l’affection de 40 postes reste très insuffisants, d’autant qu’il apparaît qu’une part importante vise à pallier les manques déjà très importants des années précédentes. Depuis la rentrée 2013, plusieurs écoles nous signale et vous signale Mme la directrice, le non remplacement d’enseignants absents, phénomène nouveau dans le premiers degré depuis quelques années ; Ces situations sont inadmissibles car la conséquence immédiate pour les élèves concernés, c’est la privation de leur droit à l’école.

Au moment où le nouveau ministre de l’Education a annoncé un assouplissement du décret sur les rythmes, nous nous interrogeons, à l’occasion de ce CDEN, sur les modalités de son application pour la rentrée prochaine. En permettant une plus grande adaptation en fonction des territoires, avec des expérimentations, c’est encore plus d’inégalités qu’on instaure.

Enfin nous ne voyons toujours pas dans la carte scolaire 2014, d’éléments concrets pour une relance des Rased, pourtant annoncée par Vincent Peillon dans son courrier de fin janvier au Collectif national Rased. Pas plus que la refonte des programmes n’est à l’ordre du jour.

Ce sont pour nous des leviers essentiels pour la transformation de l’école afin de favoriser la réussite de tous les élèves.