45 ème CONGRES DEPARTEMENTAL DE LA FCPE à Choisy le Roi

Intervention de Ali Aït Salah, Président de la FCPE 94
samedi 8 juin 2013
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Chers amis et chers délégués

D’abord permettez-moi de remercier Didier Guillaume, adjoint au maire de Choisy le Roi, pour sa présence matinale parmi nous. Je le remercie de son accueil. Ce n’est pas la première fois que la ville accueille un congrès de la FCPE, et vous le savez peut être notre siège sera d’ici deux ans localisé à Choisy le Roi. Depuis 3 ans, nous avons la bougeotte. Nous déménageons actuellement de façon temporaire, en restant sur le territoire de Villejuif.

Je voudrais aussi remercier Patrick Hervy qui lui aussi n’est pas inconnu de la FCPE et de ses congrès puisqu’il a présidé notre CDPE durant plusieurs années. Il représente ici Alain Desmarest, 1er vice-président du Conseil général en charge de l’Education et des Collèges, qui n’a pu être parmi nous aujourd’hui.

Notre 45ème congrès s’ouvre à un moment décisif pour l’école publique et l’avenir des enfants et de jeunes : le projet de loi d’orientation vient d’être adopté en deuxième lecture à l’assemblée nationale et sera définitivement voté cet été. Par ailleurs la réforme des rythmes devra s’appliquer dans toutes les communes au plus tard en 2014.

Après les sombres années Sarkozy, et 20 ans de renoncements des gouvernements successifs, ces projets étaient très attendus par les militants de l’école publique
Force est de constater que l’espoir a fait place à des interrogations et même à de l’inquiétude.

  • Si la désastreuse politique de la RGPP a été stoppée par la programmation de 54 000 postes sur 5 ans, cela est loin de compenser les 100 000 postes perdus en 10 ans. Et Il restera également à confirmer que ces créations programmées soient effectives dans les lois de finance successives.
  • Si la maternelle dès 2 ans est de nouveau rendu possible, après 15 ans de restrictions drastiques, c’est au compte goute que les classes sont ouvertes : seulement 8 dans notre département pour la rentrée alors qu’il en faudrait au moins 50 dans les seules écoles de ZEP.
  • Si « le plus de maître que de classe » est mis en place, cela se fait par le transfert de l’enseignement spécialisé et sur les ruines des RASED dont la relance et le développement ne sont toujours pas à l’ordre du jour.
  • Si la formation des enseignants est de nouveau prévue dans le cadre des écoles supérieures du professorat et de l’éducation au sein des universités, le pré recrutement restera le parent pauvre, en s’appuyant uniquement sur 18 000 emplois d’avenir professeurs. Est-ce ainsi que l’on entend relancer la vocation et faire en sorte que le corps enseignants soit à l’image de la diversité de notre société ? Les annonces récentes du premier ministre de réduire le traitement des enseignants ne semble pas aller vers une reconnaissance d’un métier essentiel.
  • Si quelques objectifs sont affichés et que l’apprentissage à 14 ans a été abandonné, la même logique du socle de connaissances et de compétences, initié par Fillon et impulsé par l’OCDE et l’Europe, est poursuivie.

Ce manque d’ambition de la politique éducative actuelle s’est illustré dans la réforme des rythmes préparée et lancée dans la précipitation, sans réelle concertation et sans prendre la mesure de tous les enjeux pédagogiques et éducatifs.
D’une part, elle s’arrête à mi-chemin, en ne réaménageant que la semaine sans toucher à l’année pourtant essentiel pour le rythme de l’enfant. De même, le mercredi matin est quasiment imposé alors que le samedi répond mieux rythmes hebdomadaires des enfants et permet le lien entre les parents et l’école.
D’autre part, ce décret, en restant à 24h d’enseignement par semaine, ne traite pas des contenus et des programmes scolaires. Or, il aurait été nécessaire de remettre d’abord à plat les programmes de 2008, très lourds et inadaptés aux enjeux des apprentissages. Les programmes devraient consister davantage à faire réfléchir et à comprendre plutôt qu’à uniquement transmettre des savoirs. Cette question du socle et des contenus est au cœur des ambitions de l’école.
C’est le thème que nous avons choisi d’aborder cet après-midi lors du débat de notre congrès, avec Valérie Sultan responsable de ces questions à la FSU.
Ces nouveaux rythmes, dont les 47 villes de notre département ont décidé de repousser la mise en place à 2014, risquent par ailleurs d’accentuer des inégalités scolaires et territoriales déjà fortes.

Sans parler du financement très insuffisant pour la mise en place par les villes des TAP. Il aurait dû pourtant permettre de garantir la qualité et la gratuité quel que soit le territoire des activités culturelles, artistiques ou sportives pour l’épanouissement de tous les enfants. Pire le fonds d’amorçage public de l’Etat servira même à financer la mise en place dans écoles privées qui elles bien sûr l’on réclamé.
Je vous renvoie sur cette question des rythmes au numéro spécial de l’école et parents que nous avions publié suite à la précédente réforme Darcos de 2007

Il ne faut pas moins mais plus et mieux d’école. Au-delà des rythmes, une véritable refondation doit s’attaquer en priorité aux inégalités scolaires et sociales qui minent notre société. Il s’agit en même temps d’ouvrir une nouvelle page de démocratisation de l’accès aux savoirs dont l’ensemble des jeunes à besoin pour répondre aux défis citoyens, économique, sociaux, et environnementaux d’aujourd’hui et de demain.
- Pour cela, il faudrait élargir la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans, nécessaire pour faciliter la réussite de tous les élèves, y compris ceux qui sont le plus éloignés des attendus scolaire et parce qu’il faut, dans une société de plus en plus complexes, plus de temps pour appendre des savoirs également plus complexes. Et tout simplement par que l’école jusqu’à 18, c’est déjà le cas de 85% des jeunes en France.

  • Il faut rétablir la sectorisation scolaire, en collège et lycée pour contribuer à la mixité sociale et lutter contre la ghettoïsation.
  • Il faudrait revaloriser l’enseignement professionnel et décloisonner les différentes filières du lycée pour stopper la politique du tri renforcée par les réformes Châtel
  • Assurer la gratuité totale de l’école, sur tous les plans, enseignement mais aussi fourniture et soutien scolaire… A ce propos, dans le cadre des économies budgétaires prévues par le gouvernement, il est envisagé de supprimer la réduction fiscale pour frais de scolarité au collège et au lycée parce qu’elle ne profite qu’aux familles imposables sur le revenu. Est-on riche parce qu’on est imposable ? Il aurait plus juste d’être la mesure sous la forme d’un crédit d’impôt pour que cela bénéficie également aux foyers que ne paient pas l’impôt sur le revenu
  • Promouvoir la laïcité et l’école publique, en réservant les financements publics aux seules écoles publiques, par l’abrogation des lois Debré et Carle.
  • Garantir un service public national d’orientation scolaire.

Handicapés, nouvellement arrivés sur le territoire, ou de sans papier, ou en grande difficulté scolaire … l’école de la république doit accueillir tous les enfants.
Il faut aussi et c’est une revendication déjà ancienne de la FCPE faire vivre la coéducation et rendre réel le statut de délégué parent.

C’est essentiel pour la réussite de tous les enfants, mais aussi pour que les bénévoles que nous sommes puissent jouer pleinement leur rôle dans les instances de l’éducation nationale de la maternelle au lycée.
En regroupant des Conseils locaux qui agissent au sein des établissements pour la défense de l’école publique, et en portant des exigences fortes, notre CDPE n’a jamais renoncé à ses valeurs et principes de laïcité, de gratuite, d’égalité et de solidarité,

A ce propos, ces valeurs et principes qui fondent son engagement, la direction nationale de la FCPE a voulu les mettre de côté. Lors du dernier congrès national à Toulouse, elle avait la volonté, à travers un projet modification des statuts, d’ouvrir la Fédération aux parents de jeunes de tous les établissements de formation initiale qu’il soit public ou privé. Il était également question d’admettre les parents d’étudiants de classes préparatoires et de BTS ou encore de jeunes apprentis salariés des CFA.

Pour trouver des adhérents, il faut en priorité s’appuyer sur les parents des écoles maternelles et élémentaires, car les parents fédérés du primaire font généralement les parents fédérés du secondaire. Ce cycle du militant oblige au renouvèlement continuel des membres actifs. C’est parfois difficile, mais c’est vital pour la FCPE.
Heureusement, ce projet a été repoussé par une majorité de délégués du Congrès national. C’est le fruit d’une action que notre CDPE a mené avec de nombreux autres au sein du Collectif Ambitions FCPE.

Notre Fédération restera donc la Fédération des Parents des Ecoles publiques Laïques et Gratuites. Il faut maintenant que le pluralisme et la diversité des CDPE soient pris en compte dans les instances nationales de notre Fédération…
C’est sur ce vœux envoyé au national que je déclare ouvert notre 45ème Congrès départemental.