67 ème CONGRES NATIONAL DE LA FCPE A TOULOUSE

lundi 20 mai 2013
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Intervention de Gilles Bailleux vice président de la FCPE 94

Le Val de Marne, un département de 1,3 millions d’habitants, qui a été durement touché par la casse du service public d’éducation.
Avec l’avènement du nouveau gouvernement, des espoirs et des attentes fortes se sont exprimées.
Si des mesures annoncées, telle la création de 54000 postes pour le scolaire ou la reconstruction d’une filière de formation pour les enseignants sont appréciés à leur juste valeur, des interrogations et des inquiétudes se sont aussi rapidement exprimées au regard du contenu du projet de loi dit de refondation de l’école et du décret sur les rythmes.

De nos 300 conseils locaux regroupant plus de 4000 adhérents, sur des bases uniquement militantes, sans bourses aux fournitures, sont remontées des questions de fond, au regard de ce qu’ils avaient défendu, essayés de préserver, de ce qu’ils veulent voir développer et garantir maintenant en matière d’école publique.
Quid en particulier d’une baisse des effectifs des classes surchargées, de la question des remplacements, afin de ne plus laisser des classes ou des matières sans enseignants pendant des semaines se transformant souvent en mois et conduisant notre CDPE a exiger la mise en place d’un plan d’urgence pour notre département.
Quid de la question cruciale du soutien des élèves en difficulté, dans le cadre du temps scolaire, en particulier à travers les RASED laissés en situation d’abandon.
Des interrogations vives sur le décret concernant les rythmes, qui prétend constituer une grande avancée, indispensable sur cette question, mais qui conduit à des incohérences.
En quoi ce mélange flou entre le scolaire et le périscolaire, qui se traduit par une décharge de responsabilité du contenu de programmes et un transfert de charges conduira à une meilleure qualité du système éducatif ?
Point encore plus grave, avec ce décret est, pour la première fois depuis l’ancien régime, remis en cause l’obligation d’une même scolarité et la gratuité pour tous, points fondateurs de l’école républicaine !

Oui le CDPE 94 s’est prononcé contre la mise en œuvre de ce décret, demandant son abrogation et sa refonte dans le cadre d’une loi qui doit porter de véritables ambitions et moyens de la nécessaire refondation de l’école.
Dans le Val de Marne, aucune des 47 communes, quelle que soit sa couleur politique ne mettra en œuvre cette réforme à la rentrée 2013.
Si cela relève au final d’une décision des maires, ce n’est pas parce qu’ils ont choisi les ronds points avant l’école.
C’est, pour l’essentiel, du avant tout aux légitimes exigences portées par nos conseils locaux et les parents, d’un véritable débat démocratique préalable, définissant et appréciant les enjeux du CONTENU d’une mise en œuvre de ce décret, avant de fixer un CONTENANT en blanc seing, ouvrant la mise en place d’une école à la carte, aggravant les inégalités territoriales et donc sociales déjà lourdes.
Ces conseils locaux ont trouvé dans le positionnement et l’intervention de leur CDPE un écho et un appui à leurs légitimes exigences et leur volonté que se construise une école de l’égalité, dont les parents seront partie prenante.

N’avons-nous pas ainsi besoin d’une FCPE

  • qui porte haut et fort les valeurs et contenus d’une école laïque, GRATUITE,
  • qui a pour ambition la réussite de tous les élèves par l’acquisition d’un haut niveau de connaissance et de culture commune, et non d’un socle commun à minima qui maintiendra et aggravera les inégalités sociales et territoriales et favorisera de fait l’école privée ?
  • qui soit véritablement à l’écoute de nos adhérents et des conseils locaux ?

N’avons-nous pas aussi besoin d’une FCPE qui part ses statuts affirme clairement et porte haut son positionnement sur la seule école publique et garde ainsi son âme ?
Sommes déjà si présents chez les parents de l’école publique, en particulier dans le primaire pour qu’il nous faille aller voir auprès des parents d’élèves du privé, d’étudiants, ou de jeunes en CFA qui sont sous statut de salariés ?
Et dans quel but ?. Mes chers congressistes, c’est vous qui détenez la réponse à ces questions et ces enjeux pour l’avenir de l’école et de notre fédération !

Intervention d’Ali Aït-Salah, administrateur national sortant

Chers amis, chers camarades,

Si j’ai décidé de présenter de nouveau ma candidature, c’est que notre fédération de parents d’élèves de l’école publique vit une situation de crise importante.
Et c’est qu’avec de nombreux militants, responsables de CDPE et administrateurs nationaux, nous pensons qu’il faut redonner de l’ambition à la FCPE, afin de préserver son unité et sa force, en s’appuyant sur sa richesse et sur sa diversité.
A l’ordre du jour de ce congrès, le projet de réforme statutaire présenté par la direction nationale sortante scellera le destin de la FCPE et une page de son histoire sera sûrement tournée, oui, mais laquelle ?
Notre histoire, c’est le combat incessant pour l’émancipation. La FCPE a contribué à des progrès immenses pour l’égalité d’accès de tous aux savoirs et à l’école publique gratuite et laïque, avec en particulier l’accès du plus grand nombre au lycée.
Tout cela a été possible, parce que la FCPE n’a pas renié ses valeurs et ses principes.
Tout cela a été possible, parce que nous les avons inscrits dans nos statuts.
Ces valeurs et ces principes sont l’essence de la FCPE. Elles sont son identité.
Dans les pires moments de notre histoire, elles ont permis de transcender les désaccords.
C’est au nom de ces valeurs et de ces principes que la FCPE s’est engagée, comme l’un des membres fondateurs de RESF, dans la lutte contre l’ignoble politique de chasse aux sans papiers et à leur enfants qui, malgré le changement de majorité, reste actuelle.
Vouloir remettre en cause ces valeurs, c’est à la fois renier cette histoire et renoncer aux combats que nous avons à mener pour conquérir de nouveaux droits.
Après les années les plus sinistres pour l’école publique et les jeunes, nous avons le devoir de porter haut nos valeurs et nos revendications,… D’autant que les changements promis et attendus ne sont pas à la hauteur. Et nous le savions, le soir de l’audition des candidats à la présidentielle en 2012, rien ne serait gagné à l’avance.
Statut de parent délégué, obligation scolaire dès 3 ans, financements publics pour l’école publique, décloisonnement des filières des lycées, service public national d’orientation scolaire, refonte des programmes de 2008, … où en sommes-nous de nos exigences ?
En dehors de quelques amendements mineurs, nous n’avons pas su peser dans le débat sur la loi d’orientation. Pas plus que nous avons pesé dans le débat sur les rythmes, en dehors de quelques déclarations tonitruantes alors qu’au final la réforme reste à mi-chemin des exigences que nous portions.
S’agira-t-il alors de clore demain, plusieurs années de renoncement et de confiscation du débat ?
Les militants qui revendiquent d’autres ambitions pour la FCPE pensent qu’une autre page peut être tournée. Il faut pour cela tirer parti de notre diversité et de notre force militante, et rompre avec un fonctionnement pyramidal et le verrouillage des bureaux bloqués.
Il s’agit de redonner du souffle au débat et à la démocratie dans nos instances et de remobiliser les adhérents en les associant à la construction collective de la ligne politique de la FCPE.
Il faut préserver la collégialité et la représentativité de notre CA national, en laissant le bureau à un rôle d’animation et d’exécution des décisions.
Il faut donner aux CDPE à travers l’assemblée des présidents, un véritable rôle d’orientation entre deux congrès.
Il faut également, car ces dernières années ont montré sa nécessité, créer une structure de résolution des conflits permettant d’aider les CDPE à respecter nos statuts et à faire vivre nos valeurs.
Ainsi, la fédération pourra jouer son rôle d’impulsion d’une FCPE forte et unie au service de la réussite de tous les enfants.