Edito

Actes manqués de la refondation de l’école !?
mardi 30 avril 2013
popularité : 34%

En discussion au Parlement, le projet Peillon de loi d’orientation et de programmation,
mettra certes un terme à la suppression massive de postes, en prévoyant 54 000 postes d’enseignants sur 5 ans.

Il prévoit également de restaurer une formation des enseignants, mais sans mettre en place de pré-recrutement pourtant indispensable pour susciter de nouvelles vocations
dans l’enseignement public.

De même, l’annonce d’un retour de la scolarisation des enfants de 2/3 ans, totalement stoppée dans la période précédente, est positive mais elle ne s’appuie pas sur un droit reconnu de l’école maternelle dès 3 ans.

Quant au "plus de maîtres que de classes" sensé illustrer la priorité pour l’école primaire, il sera réalisé au détriment de l’enseignement spécialisé et des Rased pourtant indispensables aux élèves rencontrant des difficultés scolaires. 250 000 enfants dans ce cas ne sont plus pris en charge.

Dans ce projet, de nombreuses bonnes intentions se heurtent au manque d’ambition
pour tous les enfants et jeunes, en s’inscrivant dans la logique du socle commun de
connaissances et de compétences cher à Sarkozy-Fillon. C’est clairement le SMIC du savoir pour un grand nombre, limité au collège, répondant à l’employabilité définie par le patronat, et les programmes pour ceux qui n’ont pas de problèmes.

Or, face à des savoirs de plus en plus complexes, dans une société marquée par de
fortes inégalités, les qualifications et les diplômes restent les meilleures armes pour
"s’en sortir". Il faut donc plus et mieux d’école. Cela passe par une refonte des
programmes de 2008 inspirés par le discours de Sarkozy à Grenoble.

Cela passe aussi par un élargissement de l’obligation scolaire de 3 ans à 18 ans.

Ali Aït Salah


Navigation

Articles de la rubrique

  • Edito