Pour une loi d’orientation qui donne les moyens nécessaires à la réussite de tous

vendredi 17 août 2012
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Le ministre de l’éducation a engagé début juillet la consultation préalable à l’élaboration d’une loi d’orientation scolaire (cf. www.refondonslecole.gouv.fr).

Celle-ci doit définir les objectifs assignés à l’éducation nationale. Il est indispensable qu’elle définisse également les moyens de sa mise en œuvre.

La FCPE appelle les parents à être acteurs à part entière de son élaboration en rappelant leurs exigences.

Difficulté scolaire

L’obsession des réductions budgétaires a conduit à supprimer presque totalement les dispositifs de traitement des difficultés scolaires (réseaux d’aide aux élèves en difficulté [RASED], classes d’adaptation [CLAD], enseignants supplémentaires Lecture, etc.), pourtant efficaces. De plus, les jeunes enfants sont scolarisés de plus en plus tard faute de places, et partout le nombre d’élèves par classe atteint des records, ce qui ajoute des difficultés et ne permet plus aux enseignants de les traiter à la racine.

Au total, combien d’enfants dans l’impasse, de scolarités brisées, de parents dans le désarroi ?

Il est vraiment nécessaire d’investir dans la réussite de tous : c’est l’avenir de nos enfants et du pays qui est en jeu !

Handicap ou le droit à l’école quelle que soit sa situation

Les élèves en situation de handicap ne doivent pas être les premières victimes des restrictions budgétaires. La FCPE rappelle que le droit à la scolarisation de ces enfants affirmé dans la loi du 11 février 2005 n’est toujours pas effectif pour tous partout et que les moyens appropriés font défaut. La loi doit être appliquée. Cela implique, entre autre des enseignants formés et l’accompagnement adapté auquel les enfants ont droit.

Sectorisation et dérogations

Affectation des élèves en fonction du lieu de résidence, dans des secteurs socialement hétérogènes, avec des moyens plus importants donnés aux établissements accueillant plus d’enfants en difficulté et limitation des dérogations à des critères précis (fratries...) : voilà les conditions pour assurer la mixité sociale, et l’enrichissement mutuel qui en découle.

Le miroir aux alouettes des rythmes scolaires

Après la suppression du samedi matin en 2008, le nouveau ministre annonce le retour en 2013 à la semaine de 5 jours en primaire. Le choix du mercredi matin ou du samedi matin serait laissé aux collectivités locales. Favorables aux 5 jours, nous demandons que l’Etat tranche nationalement, en faveur du samedi.

Il faudra être vigilants : les choix se feront-ils dans l’intérêt des enfants ou sur des considérations économiques ? Les 2 heures de classe supprimées seront-elles rétablies ? Comment seront adaptées les activités péri-scolaires, et avec quels tarifs ? Comment s’articuleront les autres activités des enfants ?

Quant au rythme annuel, au-delà de l’allongement des vacances d’automne dès 2012, le ministre tiendra-t-il compte de l’intérêt des enfants qui dicte d’alterner 7 semaines de classes avec 2 de vacances, et de réduire les congés d’été ?

La formation des enseignants : une réforme nécessaire en cours...

Depuis 2 ans, la formation initiale des enseignants a été supprimée au prétexte que le recrutement est effectué à bac + 5 au lieu de bac + 3. Aujourd’hui force est de constater l’échec de cette réforme, de l’aveu même des concernés. Pire, on observe une chute des vocations. Le nouveau ministre propose de mener une réflexion avant réforme. La FCPE s’y engagera pour défendre un enseignement de qualité.

Des évaluations à revoir !

Les évaluations ne doivent pas être faites en fin d’année, comme en CE1 et CM2, mais en début, afin de cerner les besoins des enfants. Il ne devrait pas y en avoir en grande section, où nous savons que nos enfants sont en cours d’acquisition des fondamentaux, et ne sont pas tous égaux...
Le ministre a annoncé une remise à plat des dispositifs d’évaluation dès l’année prochaine, et la FCPE pèsera de tout son poids pour que les outils ne servent plus aux comparaisons mais soient utiles aux enseignants pour adapter leur pédagogie.

Fichés !

Savez-vous que nos enfants sont aujourd’hui fichés ? Depuis la maternelle ? Pour l’Education Nationale "Base-élèves est un outil qui nous sert afin de détecter, notamment, les enfants non inscrits..." Entre autres... Base Elèves, et ses suites dans le secondaire (RNIE et LPC), contiennent des éléments de la scolarité (bulletins de notes, etc.), de l’orientation, et pourront servir à Pôle Emploi et aux futurs employeurs.

Une récente jurisprudence (TA Bastia, 14/6/12) permet aux parents de s’opposer à un tel fichage, en utilisant le droit d’opposition.