Edito : Urgence de refonder l’école

 juin 2012
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Si la publication en juin par le ministre de l’Education Nationale de 17 rapports de l’Inspection générale de l’Education nationale a révélé certains effets néfastes des 5 dernières années, des tendances lourdes montrent que le fossé scolaire n’a pas cessé de se creuser depuis plus de 10 ans.

  • La scolarisation en maternelle des 2/3 ans passée de 35 % à moins de 5% depuis 2000, c’est l’équivalent de 180 classes supprimées dans le Val de Marne.
  • 150 000 jeunes exclus chaque année du système scolaire sans diplôme, ni qualification ;
  • nombre d’étudiants stagnant à 2 millions depuis 20 ans, avec de moins en moins d’enfants d’ouvriers, autour de 8%. Sans parler des classes prépas et des grandes écoles pour lesquelles les maigres places réservées aux méritants des quartiers ZEP sont les alibis charitables d’une politique de tri social. Face à ce constat, la priorité affichée par le nouveau gouvernement à la jeunesse et à l’éducation peut susciter l’espoir, à condition qu’elle se traduise par des mesures concrètes et qu’elle prenne toute la mesure des transformations à opérer. Il faut d’abord répondre aux urgences de la rentrée : 14 000 suppressions de postes prévues. Dans notre département, ce sont 125 classes et postes en primaire qui sont concernés et plus de 200 dans le secondaire, en particulier dans l’enseignement professionnel. Ces restrictions, qui s’ajoutent aux précédentes, touchent particulièrement les ZEP des quartiers populaires, là où les enfants et les jeunes n’ont que l’école pour apprendre. Dès la rentrée, il faut donc amorcer une autre politique par le rétablissement des RASED, l’annulation des suppressions et la création des postes nécessaires, en stoppant la logique de la RGPP et en assurant la scolarisation des enfants de 2/3 pour les familles qui le demandent et de tous les enfants quelle que soit leur origine.

Ali Aït-Salah, président de la FCPE 94