Un jeune sur cinq travaille pendant le lycée, selon une étude

mercredi 20 décembre 2006
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Près d’un jeune sur cinq (18%), selon une étude, a travaillé pendant l’année scolaire durant ses années de lycée, dont 13% parce qu’ils en ont vraiment "besoin pour vivre", signe que "la précarité gagne le lycée", selon Floréale Mangin, présidente de l’UNL.

Parmi les 479 lycéens interrogés par l’institut CSA, sur 2,2 millions, pour le compte de l’Union nationale lycéenne (UNL), 18% déclarent avoir eu une activité rémunérée en dehors des vacances d’été depuis qu’ils sont lycéens.

Ils sont en outre 6% à assurer travailler actuellement : 64% (réponses spontanées) travaillent plus de cinq heures par semaine en période scolaire et 41% plus de 20 heures pendant les petites vacances. La moitié (52%) ne sont pas déclarés.

Interrogés sur leur motivations, les 18% ayant travaillé hors vacances d’été affirment chercher d’abord à se "faire de l’argent de poche" (80%), puis en avoir "besoin pour vivre" (13%).

"Les causes profondes du mouvement contre le CPE sont toujours là, la précarité gagne le lycée", a commenté lundi devant la presse Floréale Mangin, présidente de l’UNL, premier syndicat lycéen, qui a lancé une campagne pour la reconnaissance sociale des lycéens.

Elle a jugé le constat "alarmant" et rappelé que les lycéens étaient des adolescents avec des besoins spécifiques et avaient "déjà 30 à 35 heures de cours, plus le travail personnel".

La première activité rémunérée pendant l’année scolaire reste le traditionnel baby-sitting (28%). Juste derrière arrivent la caisse du supermarché (24%), la plonge ou le service dans des restaurants et des hôtels (16%) ou les heures de ménage (4%).

Concrètement, 55% de ceux qui travaillent actuellement disent travailler le soir.

Tout en estimant "anormal que des enfants soient obligés de travailler pour subvenir aux besoins de leurs familles", le président de la FCPE, principale fédération de parents d’élèves, Faride Hamana, a jugé que l’étude avait "le mérite de conforter ce qu’on observe sur le terrain".

"Certains lycéens partagent leur temps entre les cours et leur emploi", a-t-il expliqué, jugeant que "l’absentéisme en lycée professionnel s’explique aussi comme ça". La plupart des lycéens salariés sont en effet scolarisés dans ces établissements où les jeunes ont un contact précoce avec le monde du travail et "sont tentés d’abandonner pour aller travailler dans leur entreprise", a-t-il observé.

Mais le point crucial demeure des "bourses insuffisantes pour permettre aux familles de vivre décemment", encourageant une "paupérisation de la jeunesse".

La première piste d’actions envisagée par l’UNL concerne de fait une revalorisation des bourses, afin notamment de ne plus en exclure les familles défavorisées "qui gagnent quelques euros de plus que le plafond".

Mais le syndicat lycéen veut également finaliser pour fin janvier des propositions plus larges sur les droits civiques, du travail et le statut lycéen, l’accès à la culture, les campagnes de prévention santé, et la vie lycéenne.

Pour cela, l’UNL a entraîné dans sa réflexion les parents FCPE et les enseignants du SE-Unsa et de la CGT, pour élaborer des "revendications communes" et se faire entendre des candidats à la présidentielle.


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