14 250 nouvelles suppressions de postes Budget 2012 de rigueur sur l’école publique

jeudi 6 octobre 2011
popularité : 50%

Au moment où le Parlement s’apprête à examiner la Loi de finances 2012, la FCPE 94 constate que le sort réservé par le gouvernement au budget de l’Education nationale obéît toujours à la même logique libérale de destruction du service public. 

Le gouvernement a, en effet, décidé une nouvelle suppression de 14 250 postes dans l’Education nationale, sur un total qui concernera 30 401 emplois publics non remplacés l’an prochain.

C’est un mépris clairement affiché à l’égard des dizaines de milliers d’enseignants, de parents et d’élus locaux qui ont manifesté, le 27 septembre, contre la casse de l’Education nationale.

Contrairement aux annonces de pause du président de la République, le rythme des budgets de rigueur se poursuit. Depuis 2007, ce seront ainsi 73 200 postes qui auront été supprimés.

Pour l’école publique, les conséquences sont désastreuses

Dans le premier degré, le gouvernement annonce la suppression de 5700 postes sans fermetures de classes. S’il n’est pas prévu de solde négatif pour la carte scolaire 2012 du 1er degré (autant de fermetures que d’ouvertures de classes), ce budget se traduira, compte tenu de l’évolution démographique, par des classes à effectifs encore plus importants et des conditions d’études plus difficiles.

Le gouvernement compte aussi sur le regroupement ou la fusion d’écoles et d’établissements, notamment dans les zones rurales. Les structures d’écoles à 1 ou 2 classes ainsi que les collèges de 200 élèves continueront d’être menacés.

Dans le secondaire, les suppressions concerneront 6 550 postes d’enseignants. C’est le plus lourd tribut. Il finira de faire voler en éclats les quelques illusions de la réforme du lycée (tutorat, accompagnement individualisé, interdisciplinarité, stages passerelles…), qui, sans moyens, seront toujours inapplicables. Resteront alors les inégalités criantes dans la répartition territoriale des enseignements d’exploration, des options et des filières, reléguant un grand nombre de jeunes à des enseignements et formations contraints.

Dans ce budget, les mêmes leviers et variables d’ajustements seront activés :

poursuite de la suppression des moyens supplémentaires en ZEP (soutien lecture et langue), ainsi que des enseignants dits en « surnuméraires » des RASED.

poursuite de la réduction de la scolarisation des enfants de 2 ans partout, y compris en ZEP.

Au final, c’est l’ensemble des moyens permettant le soutien et la remédiation scolaire ainsi que les dédoublements de classes qui est sacrifié.
Ces moyens ont pourtant démontré leur efficacité pour répondre aux élèves qui rencontrent des difficultés. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’ils sont mis en œuvre dans les quelques îlots que constituent les internats d’excellence.