Le Baccalauréat dans la ligne de mire

dimanche 3 juillet 2011
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Alors que le premier groupe des épreuves du baccalauréat vient de se terminer, les couacs ont été nombreux dans leur organisation. Si les fuites sont récurrentes, les difficultés pour trouver des correcteurs de l’épreuve de philosophie, les erreurs d’énoncés ou les exercices inadaptés aux filières sont inacceptables. Le gouvernement voudrait discréditer une institution de plus de deux siècles qu’il ne s’y prendrait pas autrement.

La décision de Monsieur Luc Chatel, Ministre de l’Education Nationale, de ne pas prendre en compte dans la notation l’exercice de probabilité de l’épreuve du bac S rompt l’égalité de traitement des 165 000 élèves face à l’évaluation de l’acquisition de leur programme de mathématiques, notamment celles et ceux qui ont des facilités avec les probabilités. C’est la quasi-totalité des élèves qui ont été impactés et perturbés pendant les épreuves par la mesure du Ministre pour seulement quelques-uns qui ont utilisé les documents qui ont fuités. C’est inadmissible !

La FCPE Val de Marne exige que les correcteurs ne pénalisent pas la quasi totalité des candidats en corrigeant les copies avec le barème initiale.
Le Ministre aurait-il été aussi prévenant si cette fraude avait touché un bac technologique ou un bac professionnel ?

Dans les académies d’Ile-de-France, la situation qui a conduit à ce que 3000 copies de philosophie ne trouvent pas de correcteurs quatre jours après l’épreuve, est le résultat de la pénurie organisée par le Ministère dans le recrutement de professeurs dans cette matière.

L’épreuve de Spé-Physique a elle aussi fait l’objet d’un énoncé erroné et là encore l’égalité de traitement entre les candidats n’a pas pu être respectée. Suivant les établissements, les erreurs ont été détectées ou non. Quand elles l’ont été, le temps de détection des erreurs et le temps supplémentaire accordé aux candidats a été différent. Le circuit de production de l’énoncé de cette épreuve doit faire l’objet d’un examen précis pour en déterminer les causes qui l’ont produite.

Il est encore trop tôt pour tirer un bilan de l’organisation du baccalauréat, mais nous tenions à souligner les trop nombreuses erreurs dans l’organisation du premier diplôme universitaire, qui portent un discrédit sur l’existence de cette institution.

La FCPE Val de Marne réaffirme son attachement aux baccalauréats toutes séries confondues, car il sanctionne l’acquisition des connaissances du parcours scolaire au lycée, mais aussi la maturation des compétences que les jeunes lycéens développent à la périphérie des enseignements scolaires. Le baccalauréat général et technologique ouvre des portes sur l’enseignement supérieur, mais il sanctionne aussi une qualification, notamment dans les voies technologiques et professionnelles. Le Ministère de l’Education Nationale doit mettre les moyens nécessaires au bon déroulement des épreuves du baccalauréat, sous la responsabilité pleine et entière du service public, car il est l’aboutissement d’un long processus d’éducation de la jeunesse.

Vitry, le vendredi 24 juin 2011