RESOLUTION DU CONGRES DEPARTEMENTAL 2011

dimanche 3 juillet 2011
popularité : 33%

Nous en avons plus qu’assez de ces discours honteux de nos gouvernants, discours démagogiques, populistes et sécuritaires sur les causes des maux de l’école, accusant tour à tour les enfants d’immigrés, les familles démissionnaires, les quartiers populaires, … .

Les causes sont ailleurs :

Depuis 5 ans, les réformes pleuvent : socle commun, universités, voies professionnelles, lycées généraux et technologiques. Elles ont pour objet essentiel, non plus la réussite solidaire de tous, mais une école publique « à minima ». Elles organisent la concurrence entre individus et établissements, et donc la stigmatisation et la relégation de certains, à l’image du fonctionnement social et économique profondément inégalitaire vers lequel on veut entraîner toute la société.

La République abandonne ceux qui n’ont que l’école comme recours essentiel du savoir et de la formation citoyenne. C’est eux qu’elle devrait le plus aider, dans le cadre d’une société solidaire où les mots liberté, égalité, fraternité signifieraient encore quelque chose

De la maternelle à l’université », l’école publique est cassée de partout.
> Les suppressions massives et successives de postes (nos enfants coûtent trop cher, surtout les enfants de pauvres !) : près de 80 000 en 6 ans.
> Le recul de la scolarisation en maternelle, pourtant premier facteur d’intégration : c’était 30 % d’une tranche d’âge pour les 2 ans, il y a 10 ans, c’est 9 % aujourd’hui et même seulement 5 % dans notre département de banlieue (soit l’équivalent de 160 classes en mois).
> La suppression progressive, et presque définitive cette année, des RASED,

C’est tout cela qui met à mal l’école de la République
Et c’est aussi, la mise en place des évaluations discriminatoires en CE1 et CM2 qui organise à grande échelle le tri social.
Ou encore celles de 5éme prévues par la circulaire de rentrée, portant sur deux compétences du socle, qui orienterait précocement les élèves, ce qui nous ramènerait près de 40 ans en arrière, avant la réforme Haby, mettant fin au collège unique.
Nous nous y opposons résolument

>Nous refusons également le dispositif Eclair dont la généralisation, en remplacement des ZEP, est imposée par le ministre à la rentrée. En ciblant le « climat scolaire et la sécurité » comme uniques facteurs de difficulté scolaire, il constitue une remise en cause du principe fondateur de l’éducation prioritaire de « donner plus à ceux qui ont le moins ».

>Nous refusons le fichage des élèves de la maternelle à l’université, au travers des fichiers interconnectés (Base Elèves, SCONET, AFFELNET, …).
>Nous refusons le livret personnel de compétence, outil adaptable selon les établissements, accompagnant la mise en œuvre du socle commun minimum, minimaliste pour certains. Il participe à la perte d’une référence nationale en matière d’éducation, et stigmatisera d’autant plus les élèves de certains quartiers. Il est en particulier inadmissible que figure dans ce livret, une « évaluation » d’éléments comportementaux des élèves qui seront accessibles à ses futurs employeurs !

>. Nous refusons la réforme des STI et STL du lycée technologique, prévue à la rentrée. , car en réduisant la diversité des enseignements et en supprimant les travaux pratiques (1/3 du contenu des enseignements de cette filières), elle renforce les enseignements abstraits, logique de sélection à l’œuvre dans les filières scientifiques, et par conséquent le tri social. 

> Au lieu d’une voie s’appuyant sur un enseignement à fort contenu technologique Le baccalauréat technologique était aussi un diplôme reconnu qui offrait des débouchés dans le monde professionnel. Il aura dorénavant pour unique objet de préparer aux études supérieures (BTS, DUT, classes préparatoires technologiques, licences Pro et Université…) privant de nombreux jeunes et notamment ceux issus des quartiers populaires d’un premier diplôme professionnel. Cette réforme conduit à une formation généraliste mettant fin à une voie de réussite pour les jeunes des quartiers populaires. " 

Pour une école plus juste et plus démocratique, exigeons un plan d’urgence.
Ce sont ces jeunes, dans toute leur diversité, avec toute leur intelligence, qui représentent l’avenir de la France et les futures forces vivent de notre pays, qui méritent que l’Etat investisse pour l’école.

L’école doit avoir pour fonction, au-delà d’un apport de connaissances indispensables, d’ « apprendre à apprendre », d’apporter une formation citoyenne, et un haut niveau de culture générale pour tous.
Ce n’est donc pas de moins d’école, mais de plus et de mieux d’école dont ils ont besoin.

Ce sont enseignants bien formés, notamment dans leur formation initiale, et les structures d’aides et de soutien comme le RASED qui sont nécessaires.
Le CDPE 94 appelle, solennellement, les parents d’élèves et au-delà, tous les citoyens, à se lever avec la FCPE du Val-de-Marne, pour défendre l’école publique et pour que soient engagées les transformations nécessaires à sa démocratisation.

Nous ne lâcherons rien !


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