Déclaration de la FCPE 94 au CDEN du 24 mai 2011

vendredi 27 mai 2011
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M. Le président du Conseil général, M. Le préfet, M. L’Inspecteur d’Académie,
Mmes et Mme les élus et représentants du CDEN du Val-de-Marne
Alors que nous apprêtons, au sein de ce CDEN, à préparer la rentrée scolaire 2011-2012, des milliers de parents et d’enseignants manifestent leur colère face à la politique de suppression successive de postes et de réformes inégalitaires et rétrogrades.

Dans le Val-de-Marne, une fois connues fin mars, et donc très tardivement, les mesures de carte scolaires, plusieurs centaines de parents, d’enseignants, accompagnés d’élus, se sont rassemblées :

- devant l’inspection académique le 1er avril,
- au ministère le 4 mai,
- dans une trentaine d’écoles de 17 villes lors de la nuit des écoles ce 20 mai,

pour exiger l’annulation des fermetures et une autre politique éducative.
Et ce ne sont là quelques dates d’une très large mobilisation dans les écoles et villes de notre département. Mais à chaque fois, quel que soit le niveau de notre interpellation, nous n’avons reçu aucune explication sur les mesures prises, en tout cas aucune qui soit à la hauteur des enjeux actuels du système éducatif.

Dans cette instance, M. l’inspecteur, vous et avant vous votre prédécesseur, nous avez toujours expliqué que les suppressions de postes et des moyens alloués ne faisaient que suivre la baisse des effectifs. Or depuis l’an dernier déjà, dans notre département, les effectifs augmentent aussi bien en primaire et que dans le secondaire. A titre d’exemples, qui seront détaillés ultérieurement, à la rentrée, d’après vos chiffres, nous attendons plus de 500 élèves supplémentaires en primaire et 743 de plus au collège. Mais vous apprêtez à supprimer, tout de même à supprimer plus de 200 postes !
En 5 ans, ce sont ainsi près de 60 000 postes qui ont été supprimés.

De l’administration centrale aux académies, chacun est invité à retrousser ses manches pour « mobiliser les gisement d’efficiences », c’est à dire chercher partout, du primaire jusqu’au lycée, des postes à supprimer pour répondre, coûte que coûte, l’objectif de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Cette RGPP conduit dans l’éducation à une Baisse générale de la qualité de l’éducation.

Pour la FCPE 94, cette logique comptable, conjuguée aux réformes rétrogrades de ces dernières années, constitue une remise en cause de l’école républicaine, publique, laïque et gratuite. Elle met en péril l’avenir de milliers d’enfants et de jeunes.

Car c’est d’abord l’éducation prioritaire qui est victime de cette politique :

- suppression des moyens supplémentaires en ZEP, non-scolarisation des 2/3 ans, disparition des Réseaux d’aide, réduction des Segpa pour lesquelles d’ailleurs des classes à double niveaux sont mêmes prévues à la rentrée.
Est-ce ainsi que vous luttez contre l’échec et le décrochage scolaire ? Est-ce ainsi que vous remédiez, dès l’école primaire, à l’insoutenable lourdeur des inégalités sociales et scolaires dans les quartiers populaires ?

Pour cette rentrée 2011, plusieurs réformes en cours ou à venir nous inquiètent particulièrement car elles conduisent à renforcer la concurrence entre élèves et entre établissements, comme les évaluations CE1 CM2 sanctions et l’assouplissement de la carte scolaire. Elles creuseront encore les inégalités sociales et territoriales comme le dispositif Clair devenu Eclair, toujours sans concertation, qui remplacera les ZEP, en renforçant l’autonomie des établissements en matière de recrutement et de gestion des moyens.
C’est bien une école à plusieurs vitesses qui se construit avec d’un côté des TGV de l’excellence et de l’élitisme et de l’autre des wagons sociaux du socle minimum de connaissances et de compétences.

Pour notre part, non seulement nous demandons l’annulation de l’ensemble des fermetures de classe prévues, mais exigeons qu’un véritable Plan d’urgence soit mis en place dans le Val-de-Marne. Poste d’enseignants, personnel de vie scolaire, médecins, infirmières, assistants sociaux, psychologue… c’est 2100 postes qu’il faut créer de la maternelle au lycée, pour répondre aux besoins d’une école ambitieuse et porteuse d’avenir pour tous les enfants et jeunes de notre département. Pour celà nous continuerons à nous mobiliser et à nous exprimer malgré les différentes atteintes à notre droit d’information et d’expression qui nous ont été portées dans de écoles et collèges du département.

L’école n’est pas une charge, c’est un investissement pour le pays et pour l’avenir. Les tunisiens et les peuples arabes nous l’ont rappelé récemment.