Les parents d’élèves FCPE s’invitent dans le débat sur les rythmes scolaires

mercredi 8 décembre 2010
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Dans le cadre de la consultation sur les rythmes scolaires, la FCPE Val de Marne réaffirme ses positions prises après de nombreux débats avec ses adhérents entourés de spécialistes.

Comme pressenti, et vu les conditions dans lesquelles s’organisent les débats, la consultation se révèle comme un écran de fumée jetant un voile sur de nouvelles réformes néfastes pour le service public d’éducation.

La FCPE 94 première fédération de parents d’élèves a été oubliée du débat, trois rendez vous départementaux sur invitation en catimini dans des villes savamment choisies (deux d’entre elles appliquant la semaine de 4 jours bien avant 2007, une autre souhaitant appliquer ce que le précédent inspecteur a tenté d’imposer et qui a été rejeté l’an passé par l’ensemble de la communauté scolaire). Si l’on veut pérenniser la semaine de 4 jours, imposer sans consultation ni concertation c’est comme cela qu’il faut faire.

Les positions de la FCPE 94 sont elles dérangeantes à tel point pour que l’on ne puisse les entendre ?

La FCPE 94 se prononce pour une semaine scolaire organisée sur 4,5 jours avec le samedi matin travaillé et exige le retour des 26 heures nécessaires d’enseignement, répondant mieux aux rythmes des enfants et aux conditions de réussite de tous les élèves. 

Si le projet de 4,5 jours avec le mercredi matin permet un meilleur étalement de l’école sur la semaine, il maintient la logique de rupture du week-end difficile pour les enfants, remet en cause l’accès à des activités périscolaires indispensables (sport, centre de loisirs), et bouleverse l’organisation familiale.
Le samedi matin est un temps d’école essentiel. Comme le confirment nombre de spécialistes et de chercheurs, la semaine de 4 jours, au-delà de l’intérêt pour les adultes d’avoir le samedi libre, n’apporte pas d’amélioration sur les pratiques de l’enseignement, ni sur le confort de la vie de l’enfant.
Bien au contraire, cette organisation, appliquée depuis la rentrée 2008, néglige l’intérêt de l’enfant et renforce les inégalités. Elle a conduit à une réduction de 2 heures d’enseignement de 26 à 24 heures (soit 3 semaines par an), sans régler le problème de la journée trop longue, mal organisée et alourdie par la mise en place des nouveaux programmes.

Et les 2 heures d’aide individualisée l’allongent davantage pour les élèves en difficulté, sans apporter de vraie réponse. De plus, le ministère de l’éducation prend prétexte de ces 2 heures pour supprimer à terme les RASED (Réseau d’Aide Scolaire pour les Elèves en Difficulté). Or, ces élèves n’ont pas besoin de moins d’école, mais de mieux d’école pour réussir, avec un soutien dans le cadre du temps scolaire.

Cette organisation a conduit aussi à la suppression du samedi matin dont les conséquences négatives sont nombreuses :

- Rupture de 2 jours de week-end dans la semaine rendant l’adaptation le lundi matin, voire après midi, encore plus difficile,
 Disparition d’un moment essentiel de rencontre entre parents et enseignants, entre direction et parents, pour échanger sur la scolarité, sur l’école. Un temps essentiel pour la vie et la participation des associations de parents d’élèves. C’est un rôle de lien social de l’école qui disparaît.

Renforcement des inégalités entre ceux pour qui ce samedi libre est synonyme d’accès à la culture, aux loisirs et à l’art et ceux qui, hors structures collectives (municipales, associatives…), n’ont pas les moyens d’y accéder.

Or, l’alternative d’une semaine scolaire de 9 demi journées avec le mercredi matin travaillé, risque d’aggraver encore ces effets négatifs :
Coupure du mercredi amputée réduisant les possibilités d’activités culturelles, sportives, de loisirs et de détente,
Fin de la classe à 15h45 voir 15 h 15 alors que l’attention des élèves connaît un pic vers 16h et qu’ils sont alors encore plus disponibles pour les apprentissages.

Quel accueil des enfants après 15h45 ? (Dans quelles conditions ?) Et combien d’enfants livrés à la rue ?
Toute modification des rythmes scolaires ne peut se mettre en place sans considérer les conditions familiales et sociales dans leur ensemble, et sans y intégrer un projet ambitieux pour l’école publique.

La FCPE Val-de-Marne demande pour l’intérêt de l’enfant, le retour au samedi matin, et de 26 heures d’enseignement pour tous les élèves. Nous souhaitons être pilote sur cette question
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