Les parents d’élèves de la FCPE 94 refusent la réforme du lycée

samedi 12 décembre 2009
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Après sept années successives de suppressions de postes, la « Réduction » Générale des Politiques Publiques (RGPP) tourne à plein régime au Ministère de l’Education Nationale : 16 000 suppressions de postes sont programmées au budget 2010, alors même que les classes sont surchargées, qu’au mois de décembre des postes d’enseignants sont encore non affectés ou encore toute l’année non remplacés pendant les congés : maladie, formation… , les Inspections Académiques et Rectorat sont débordés. Nous considérons que le système éducatif est au bord de l’asphyxie, ça suffit !

Dans ce contexte, nous ne voulons pas cautionner une nouvelle réforme type « écran de fumée » pour que ce gouvernement est à nouveau les outils pour tailler dans le vif des effectifs des personnels administratifs et enseignants au détriment de la qualité du service public d’enseignement. D’autant que la qualification de ce projet de réforme dite du lycée est impropre, puisque les projets de décrets concernent les Etablissements Publics Locaux d’Enseignement : collège et lycée.

Sous couvert d’autonomie des établissements, ce projet donne tout les pouvoirs aux chefs d’établissement. Il vide de son contenu le conseil d’administration et marginalise le rôle et la place des parents à l’école en instituant une nouvelle instance : « le conseil pédagogique ». Les attributions qui sont conférés au conseil pédagogique sont majeures, entre autres : les modalités générales d’accompagnement de l’orientation, l’élaboration du projet d’établissement, la gestion de la répartition du 1/3 de la Dotation Horaire Globale (DHG) et nous en sommes exclus ! Cette part importante de la DHG laissée au libre arbitre des établissements contribuera à l’éclatement du cadre national (grilles horaires, programmes, …) et conduira inexorablement au développement des inégalités par la concurrence entre les disciplines et les Établissements. De plus, le chef d’établissement pourra arrêter contre l’avis du conseil d’administration l’emploi de la répartition de la DHG. La boucle est bouclée !

Après sa mise en place forcée dans le premier degré et sans évaluation à ce jour, l’accompagnement personnalisé (72 heures annuelles prises sur les enseignements disciplinaires, deux heures en moins d’enseignement par semaine pour les élèves) fait son entrée en classe de seconde avec la forte crainte que ces heures soient positionnées en marge des journées scolaires. Elles seront ensuite généralisées progressivement sur les niveaux première et terminal. La suppression du caractère obligatoire de l’histoire géographie en classe de terminale S renforce la vision utilitariste de l’école.

Sous couvert d’amélioration de la procédure d’orientation, ce sont les commissions d’appel qui sont dans le collimateur, sur avis du conseil de classe seront proposés aux parents et élèves des stages de remise à niveau ou stages passerelles, les premiers pour éviter le redoublement, les seconds en cas d’erreur d’orientation. Ces stages seront accordés ou non par le chef d’établissement, organisées pendant les vacances scolaires. C’est encore une fois la même recette qui nous est servie : l’école après ou en dehors et l’école. Alors que le projet de réforme refoule à la marge l’enseignement technologique, il y a fort à craindre que la mise en place d’un tronc commun de discipline jusqu’à classe de première ne réponde en rien à de réelles possibilités de changement de parcours pour les élèves. C’est seulement en classe de terminale que les élèves choisiront leurs enseignements de détermination, au détriment des enseignements spécifiques de chaque série.

On nous promettait une grande réforme, on tente aujourd’hui de nous la faire avaler comme une réformette, celle-ci contient tous les ingrédients d’un projet anti démocratique et offre les ficelles au gouvernement pour supprimer massivement des postes pour les trois prochaines rentrées scolaires.

La FCPE Val de Marne demande à sa Fédération de voter contre ce projet de réforme au CSE du jeudi 10 décembre 2009 et à manifester ce même jour en direction du ministère.

A l’appel SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, SN-FO-LC, CGT Educ’action et SUD Education Rendez-vous. 14 h30 Métro Sévres-Babylone.