Une version bis qui ne répond pas aux défis de la démocratisation

lundi 23 novembre 2009
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Un peu moins d’an après son rejet dans la rue par toute la communauté éducative, le ministre présentait le 9 novembre une nouvelle version de la réforme du lycée. Pour la FCPE Val-de-Marne, cette nouvelle version, comme la précédente, tourne le dos à la lutte contre les inégalités sociales et scolaires et à la nécessaire démocratisation de l’accès au baccalauréat.

Certes, le voie générale et technologique est maintenue, et une rénovation des séries technologiques industrielles et laboratoire est envisagée pour la rentrée 2011. Mais rien sur les contenus des enseignements et sur les moyens plus adaptés et efficaces de les organiser et de les dispenser.

Le ministère donne un rôle prépondérant au chef d’établissement en matière de dédoublements, de soutien et d’apprentissage de l’autonomie, avec un volume global d’heure restreint. Chaque établissement pourra définir la part qu’il consacre aux matières principales dans la limite de 2h. C’est l’autonomie des établissements et l’ouverture vers un bac différencié, au détriment d’un cadrage national.

Pis, il introduit deux heures d’accompagnement personnalisé, à l’image du primaire, mais au détriment des heures d’enseignement, comme en primaire. Le droit à l’erreur et de changer de parcours est reconnu avec un tronc commun en première générale et des stages durant les vacances, mais sans ambition pour l’orientation et un service public à la hauteur.

Cette version « bis » de la réforme Darcos réintroduit tous ses dangers. En réduisant de moitié les horaires des enseignements de détermination, elle marginalise des disciplines essentielles, et donne la possibilité aux établissements de les organiser en semestres. Largement rejetée massivement en décembre 2008, cette mesure remet en cause l’objectif d’une culture ouverte, commune et citoyenne de haut niveau.

A défaut de relever les défis d’un lycée plus juste et plus démocratique, cette réforme tend à justifier les restrictions budgétaires et les dizaines de milliers de suppressions de postes. Elle ne dit rien sur les conditions d’études et de travail (classes surchargées, déboulements et travail en petits groupes réduits, soutien des lycéens en dehors des cours…), pourtant essentielles pour prévenir et enrayer l’échec. Seule réponse : mise en place d’un tutorat qui individualise les difficultés d’apprentissage aggravant les inégalités territoriales.

La FCPE 94 appelle à rejeter cette réforme qui ne répond pas sur le fond ni aux problèmes du lycée général et technologique d’aujourd’hui, ni à l’ambition de l’accès d’une génération de jeunes au baccalauréat et à l’enseignement supérieur demain.

Vitry le 15 novembre