Lettre ouverte au Président de la République

lundi 19 octobre 2009
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Depuis de longs mois, le Recteur de Créteil a en effet multiplié les expérimentations les plus diverses, qui ont toutes en commun de n’avoir jamais été discutées au préalable avec les représentants des personnels, des parents ou des lycéens.

Les plus anciennes n’ont donné lieu à aucune évaluation ou bilan critique. Les plus récentes, comme la fameuse « cagnotte » attribuée aux classes de trois lycées professionnels, ont indigné bien au-delà de nos rangs, alors que les bourses lycéennes ne sont plus revalorisées depuis des années et qu’elles sont notifiées très tardivement. Si depuis trois ans, les budgets successifs de l’Education Nationale suppriment des postes dans les établissements scolaires et dans les services administratifs, ces expérimentations sont financées sans aucune transparence.

Vous comprendrez que pour les personnels, pour les parents, pour les lycéens, ce foisonnement d’initiatives ne semble finalement que poudre aux yeux, pour cacher la misère grandissante de notre service public.

Car la réalité est cruelle. En cette rentrée, des milliers d’élèves de plus de 16 ans n’ont pas d’affectation. Plusieurs dizaines, peut-être plusieurs centaines, d’élèves de moins de 16 ans ne sont pas scolarisés.

Des centaines de classes n’ont pu suivre tous leurs cours, faute d’enseignants titulaires et de remplaçants disponibles. Vous avez, le 13 octobre, martelé votre attachement à l’enseignement des langues vivantes.

Savez-vous qu’en Espagnol, en Anglais, pour ne citer que ces disciplines, le Rectorat de Créteil n’est même plus en mesure de recruter des contractuels ? Savez-vous combien les services administratifs des collèges, des lycées, des inspections d’académie, et même du Rectorat, manquent de personnels ?

Le plus grave, c’est qu’à nos yeux, la multiplication des expérimentations n’a pas seulement pour effet d’occuper le terrain médiatique et de voiler la réalité. Aucune de ces mesures (« prime d’assiduité »,

« Equipe Mobile de Sécurité », « Lycée d’excellence » de Sourdun, « Responsable des études »,
Médiateurs de vie scolaire...), ne répond aux difficultés des élèves et des personnels, qui s’aggravent avec la crise économique. La suppression de la carte scolaire renforce encore les inégalités et les « délits d’initiés » que vous même dénoncez.

Cet amoncellement d’expérimentations marque en revanche un véritable mépris des personnels et de leurs compétences. Reposant pour la plupart d’entre elles sur des
personnels précaires et non formés, elles participent au démantèlement du Service Public d’éducation.

Elles tournent le dos aux valeurs qu’ici, nous tous accordons à l’Ecole. Elles font, Monsieur le Président, des élèves et des personnels de cette académie des véritables cobayes... Nous ne sommes pas des cobayes, Monsieur le Président, et le Service Public d’Education mérite à Créteil comme ailleurs, une autre attention de l’Etat.

Premiers signataires
SNES-FSU Créteil
SNUEP-FSU Créteil
SNEP-FSU Créteil
SNASUB-FSU Créteil
SNUPDEN-FSU Créteil
SNICS-FSU Créteil
SNUIPP-FSU Seine-Saint-Denis
SNUIPP-FSU Seine-et-Marne
SNUIPP-FSU Val-de-Marne
SNUAS FP-FSU
FSU Seine-et-Marne
FSU Seine-Saint-Denis
FSU Val-de-Marne
UNL Créteil
FCPE 77
FPCE 93
FCPE 94