Déclaration de la FCPE au CDEN du 22 septembre

mardi 22 septembre 2009
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Depuis 2 ans, le service public d’éducation fait l’objet d’attaques sans précédent.

Tandis que les suppressions massives de postes s’intensifient d’année en année, l’école est déstructurée, remise en cause dans ses fondements.

Cette année, avec 13 500 postes en moins, ce sont des centaines de collégiens, lycéens, toujours sans affectations, ou qui attendent leurs enseignants non nommés ou non remplacés. Quand d’autres ont servi à boucher les trous faisant fi des choix qu’ils ont faits pour construire leur avenir.
Ce sont aussi des classes surchargées et des conditions d’études dégradées pour tous.

Et l’on nous annonce encore bien pire en 2010, avec 16 000 nouvelles suppressions …. L’éducation paye le plus lourd tribu à la RGPP.

Le gouvernement nous dit : efficacité dans la lutte contre l’échec scolaire et pour la réussite de tous…. Les parents d’élèves FCPE du Val de Marne en doute. Ils vivent une toute autre réalité.

Et cette rentrée illustre encore plus les dégâts de cette politique :

Dans le premier degré :
- Moins de scolarisation d’enfants de 2 à 3 ans alors que toutes les études montrent qu’elle favorise la réussite, en particulier dans les milieux pauvres. Ce sera sans doute demain pour eux les jardins d’éveil payant à la place de l’école publique et gratuite.

- Moins d’heures d’enseignement en primaire, avec la suppression du samedi et de 2h hebdomadaires, alors qu’il ne faut pas moins d’école mais plus et mieux d’école.

- Moins de Réseau d’aide et de soutien (Rased). La forte mobilisation cette année avait d’ailleurs permis le maintien de 31 postes en surnuméraire dans notre département. A notre connaissance un grand nombre de ces postes ne sont pas pourvus. C’est près de 100 postes sur 250 qui ont ainsi disparu dans le département.

- Moins de soutien aux élèves en difficulté.

- Moins d’avs pour l’intégration des élèves en situation de handicap. 362 EVS et AVS ont été licenciés en juin dernier dans notre département (32 000 au niveau national) après trois ans d’une activité reconnue et utile qui justifierait qu’elle soit pérennisée avec des formations.
- Moins de postes de remplaçants qui, en raison des suppressions massives, sont affectés ici et là, dés la rentrée, pour palier les manques et ce malgré les postes gagnés en maternelle avec la non scolarisation de près de 3000 enfants de 2 à 3 ans.

NON moins + moins, ça ne fait pas PLUS monsieur le ministre….
Ca fait moins pour lutter contre l’échec scolaire, ça fait moins pour l’éducation, moins pour nos enfants, moins pour leur avenir.

D’autant que l’aide personnalisé et l’école après l’école mises en place pour masquer un désengagement sans précédant dans l’éducation, ne répondent pas aux besoins des élèves. Pis, cette externalisation de la remédiation scolaire renvoie, au final, l’échec, à la seule responsabilité des parents. C’est encore plus d’inégalités à venir.

Dans ce contexte, nous parents d’élèves sommes solidaires des enseignants qui résistent et désobéissent. Nous condamnons les pressions et sanctions qu’ils subissent.

Dans le second degré,
L’assouplissement de la carte scolaire révèle cette année les conséquences désastreuses que nous avions dénoncées. Mise en concurrence des établissements, gestion à flux tendu des effectifs en fonction des moyens alloués.
Loin de la liberté pour les parents de choisir leur établissement, la dérogation joue le rôle de variable d’ajustement dont l’Inspection est finalement le seul arbitre. Il n’y a plus ni règle ni critère.

Certains enfants en situation de handicap, pourtant prioritaires, ont vu leur demande refusée, alors que d’autre ont reçu une réponse positive plusieurs jours après la rentrée.
De nombreux collèges voient leur effectif diminuer fortement et s’enfoncent dans une spirale de la ghettoïsation.
C’est le cas à K. Marx à Villejuif, ou encore à Dorval à Orly même si la forte mobilisation des parents, des enseignants et des élèves a permis le maintien de 5 classes de 6ème.
Sans parler des seuils de 25 élèves par classe en zone d’éducation prioritaire qui d’un établissement à l’autre ne sont plus respectés.

Alors Monsieur Chatel dresse un bilan positif et fait la promotion des essentiels de la rentrée.
L’essentiel ne serait-il pas, dans le contexte de crise que nous vivons, de réinvestir dans l’éducation, pour donner les moyens d’une école publique plus juste et plus démocratique.