Blocage au Collège Dorval d’Orly Une illustration du désastre de la désectorisation

mardi 8 septembre 2009
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Retour sur le processus qui a mis le feu aux poudres. Pourtant les choses commencent à peu près normalement : en mars 2008, vote par le conseil d’administration du collège de la dotation avec 5 classes et 5 options en 6ème. En avril présentation des projets dans les écoles élémentaires. Le 18 juin inscriptions des élèves (107 inscrits, le collège étant en Zep, le seuil pour 5 classes est au delà de 100) . Le 25 juin réunion de pré rentrée des parents de 6ème et présentation plus en détail des 5 options (sur 5 classes)… Tout cela est même confirmé au dernier Ca, le 26 juin.
Pendant tout ce temps, pas un mot de l’IA, ni remarque, ni infirmation des effectifs. Seule inquiétude des parents et des enseignants, qui avait adopté une motion au CA de mars, la non ouverture d’une 5ème classe de 3ème.
Il reste que pour le collège, c’est une nouvelle dynamique qui s’engage après une période difficile (dysfonctionnements graves, violences) qui avait justifié un audit de l’Inspection de vie scolaire. Du moins le croit-on.

Mais, le 29 juin, l’Inspecteur d’académie en a décidé autrement. Maître du jeu des dérogations, libéralisées avec de l’assouplissement de la carte scolaire, il a décidé d’ « ajuster » les effectifs à la baisse (oui comme à la bourse) et annonce qu’il n’y aura plus que 4 classes de 6ème. La machine à ajuster, à coup de dérogations, est lancée : 28 juin, cinq dérogations accordées, reste 102 élèves inscrits.
La lettre du 29 juin et les appels jusqu’à mi juillet des parents FCPE et des enseignants pour une audience d’urgence restent sans réponse comme le courrier et appels du 24 août. Ce n’est que le 2 septembre que l’IA accepte une audience pour le 4 sept., suite au blocage de la rentrée par les enseignants et à l’occupation du collège par les parents. Or ce jour là, les effectifs en 6ème sont descendus à 98 (étonnant non !)
Le 1er septembre (pré-rentrée des enseignants) ils étaient encore 102 élèves, puis, le 2 septembre, plus que 101. En fait, 3 nouvelles dérogations refusées en juin, ont été accordées 2 jour après la rentrée (magique, non, l’assouplissement de la carte scolaire). Vous avez dit liberté des parents pour l’établissement de leurs choix ?

Depuis le 7 septembre, l’IA tente d’apprendre au principal du collège et à son adjoint à organiser des emplois du temps, pour faire 4 classes avec 5 options malgré les aberrations pédagogiques. Pour cela, elle propose 9 heures présentées comme un effort alors qu’ils sont indispensables, en l’état, pour répondre aux obligations légales des 3 heures d’EPS et 4 heures d’anglais de certains élèves. Et le comble, c’est que 3h seraient consacrés à de l’aide aux devoirs, sans tenir compte des besoins réels des élèves et des problèmes posés par l’intégration des élèves d’UPI.

Concernant les classes de 3ème, malgré le refus par l’IA d’un redoublement, l’effectif est resté de 101 élèves au 4 septembre (au delà du seuil pour une 5ème classe). Mais là encore, l’IA aurait-il décidé de jeter aux orties, cette affreuse contrainte qu’est le seuil de 25 élève par classe en ZEP.
Sans parler des résultats en fortes hausses au brevet en 2008 par rapport à 2007, avancés par l’équipe éducative, en raison des meilleures conditions avec 5 classes de 3ème. Vous avez dit réussite des jeunes ?
Cette situation illustre les dégâts de l’assouplissement de la carte scolaire et de la mise en concurrence des établissements, décidé par le gouvernement, il y a deux ans. Ainsi, l’élargissement des dérogations, annoncé comme une liberté de choix des parents, s’avère être un outils une gestion à flux tendu des effectifs et des moyens. Sans aucun critère, ni aucune règle, il s’agit d’obéir à une politique de destruction massive et continue de postes d’enseignants (13 500 postes en 2009, et 16 000 prévus en 2010) et de casse de l’Education nationale.