Vœu sur la sécurité scolaire

mardi 30 juin 2009
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Qu’elle vise les personnels de l’Education nationale, les élèves ou les locaux, toute forme de violence à l’école est inadmissible. Elle doit être reconnue, condamnée et combattue avec la plus grande fermeté.

C’est pourquoi il faut traiter le problème à sa juste mesure, et y apporter des solutions viables et efficaces.

1) Il convient d’abord d’observer que le gouvernement fait le choix de la surenchère sécuritaire contre la sécurité scolaire !

Il dresse un tableau gravissime de la situation dans les établissements scolaires. Or, contrairement à cette campagne de dramatisation, les agressions commises avec arme restent très rares ; ainsi depuis 2007 n’ont heureusement été recensés que 10 cas d’agression de ce type contre les personnels de l’Education nationale. L’essentiel du problème réside dans les incivilités et les violences verbales et physiques, dont les élèves sont souvent les premières victimes.

Cependant, dans la précipitation, en s’appuyant sur l’émotion, et en privilégiant les annonces aussi spectaculaires qu’impraticables, M. Sarkozy et M. Darcos, ministre de l’Education nationale, ont fait le choix de renforcer les mesures sécuritaires.

Il y a quelques mois, déjà, un cap avait été franchi lorsque des gendarmes avaient fouillé élèves et cartables en pleine journée dans une classe ; et plus récemment, un enfant de 6 ans avait été interpellé à la porte de son école !

Le gouvernement semble vouloir toujours s’enfoncer davantage dans une politique de méfiance systématique et de répression à l’encontre de la jeunesse. Les jeunes sont diabolisés, les parents d’élèves stigmatisés.

Aujourd’hui, il annonce pêle-mêle la création de brigades volantes d’intervention, la fouille à l’entrée des établissements, l’installation de caméras de vidéosurveillance et de portiques de détection, la transformation des chefs d’établissement en officiers de police judiciaire…

Il sait pourtant que ces annonces démagogiques constituent à la fois un pansement sur une jambe de bois et une impasse dangereuse, car :
-  la fouille des cartables est impossible à mettre en place et ne réglera rien,
-  la création de brigades volantes d’intervention n’a aucun sens,
-  la stigmatisation des parents prétendument « démissionnaires » et des enfants les plus fragiles ne fera que renforcer le sentiment d’injustice et d’exclusion,
-  la confusion entre les missions éducatives des personnels de l’Education nationale et celles de la police et de la justice, en détruisant le rapport de confiance indispensable à une relation pédagogique durable, serait source de tensions supplémentaires avec les élèves.

2) Il faut donc s’attaquer aux véritables problèmes de l’insécurité scolaire. Pour retrouver la sérénité, les établissements d’éducation doivent avant tout rester des lieux de confiance et de réussite.

On ne peut donc, d’un côté, prétendre régler la violence, et, de l’autre, mener une politique éducative désastreuse qui affaiblit l’institution scolaire et conduit à l’échec : désectorisation, suppression de dizaines de milliers de postes d’enseignants (dont les Rased) et de personnels de vie scolaire, déstabilisation des équipes, dégradation des conditions de travail et d’étude avec réduction du nombre d’heures de classe, insuffisance du dialogue avec les parents…

Au contraire, il convient de mettre en place, dans une Ecole de justice, de réussite pour tous et de respect mutuel, une véritable politique de prévention : recrutement et formation des personnels, éducation au vivre ensemble, lieux de parole et d’écoute, implication des parents dans les projets d’école et d’établissement. Rien ne peut remplacer les rapports humains, l’éducation et la prévention. Toutes choses que les portiques et les caméras de vidéosurveillance ne sont pas en mesure d’apporter. Si nous ne traitons pas la violence par l’éducation dans l’Ecole, quelle société nous préparons-nous ?

3) En même temps, la première des violences n’est-elle pas la violence sociale dont souffrent tant de familles ?

Les questions d’incivilité, de violence verbale ou physique ne pourront se régler exclusivement en milieu scolaire, car bien souvent les causes sont extérieures à l’école . Dans un contexte d’accroissement des inégalités, les jeunes sont les premières victimes d’une politique qui leur refuse un avenir.

Le Conseil municipal de Valenton :

-  Soutient la FCPE et les syndicats d’enseignants dans leur volonté de mettre en place des actions d’accompagnement nécessaires à l’apprentissage des valeurs et des comportements essentiels à la vie collective,
-  Demande que l’école publique soit dotée des moyens humains nécessaires pour faire un réel travail d’éducation et de prévention en direction des enfants et des familles,
-  Exige que soit stoppé le processus de casse de l’Education nationale, comme de tous les services publics.