Déclaration FCPE Ile De France au CIAEN du 11 mai.

samedi 23 mai 2009
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Intervention liminaire de la FCPE Ile de France au CIAEN du 11 mai 2009 (par Michel Sangam, FCPE Paris)

D’abord, la FCPE Île de France s’associe à la protestation exprimée par l’UNSA –Education concernant l’absence des représentants de l’Etat, des Recteurs d’académies, de la Vice-présidente de la région. Et, les élus parisiens sont absents car il y a simultanément un Conseil de Paris.

Encore et toujours, sur la transmission tardive des documents préparatoires (à la veille ou pendant les vacances de printemps et même un dernier ce WE…) et le manque d’harmonisation entre les 3 académies. Les comparaisons sont effectuées entre les prévisions 2009 et les effectifs constatés en 2008, pas avec les prévisions de l’an dernier (sauf Créteil qui fait les deux). Faudra-t-il une grande Académie…pour avoir des documents harmonisés et plus lisibles !
Et, il y a un manque majeur dans les données fournies : l’évolution sur la même période des effectifs dans les collèges, lycées G et T, lycée pro dans le privé et aussi les effectifs en apprentissage (privé, public). Ce serait bien d’avoir ces informations comparées public-privé sur 5 ou 10 ans.

Nous demandons à disposer d’un bilan annuel de la carte des formations afin d’évaluer la mise en œuvre du SRDF 2007-2013.
La FCPE rejette totalement l’orientation des académies qui consiste, au nom de la baisse démographique, à supprimer massivement des postes (environ 600 postes sur les 3 académies), auxquels s’ajoutent plusieurs centaines de suppression de postes au titre des MAD, du remplacement et de stagiaires. L’éducation n’est pas une charge mais un investissement pour l’avenir et tous les jeunes sont éducables.
La FCPE IDF dénonce avec la plus grande fermeté la mise en œuvre brutale à la rentrée 2009 de la suppression des BEP et l’installation du Bac pro en 3 ans qui constitue, à nos yeux, une régression de l’offre de formation initiale dans la voie professionnelle alors que les besoins sont croissants dans la plupart des filières..

Nous y reviendrons lors du débat sur la motion que nous présentons avec la CGT et la FSU. Nous nous étonnons des prévisions académiques qui indiquent une baisse des effectifs dans l’enseignement pro, baisse y compris plus importante que dans les voies G et T (1,9 % vs 1,7%). Cette prévision à la baisse nous semble en contradiction avec la pression constatée dans les commissions d’affectation et les besoins de formation des jeunes.

La FCPE s’est d’autant plus félicitée du retrait de la réforme Darcos du lycée que la 1ère fédération de parents d’élèves a été totalement ignorée, écartée du soi-disant processus de concertation.

Pour autant, la FCPE ne se satisfait pas du statu quo et revendique une véritable réforme du lycée qui soit ambitieuse sur le plan pédagogique dans une perspective globale d’élévation du niveau général de formation de tous les jeunes. Cela implique qu’elle soit pensée dans le prolongement du collège unique, qui doit être celui de la réussite de tous, et qu’elle ouvre la voie à l’enseignement supérieur y compris pour la voie professionnelle, bien au-delà de 50% d’une classe d’âge.

Au-delà des rencontres de M. Descoings et des consultations académiques, la FCPE appelle à une véritable concertation nationale de tous les partenaires de la communauté éducative en vue d’une réforme du lycée qui aille dans le sens de la démocratisation de la réussite pour tous, de l’élévation du niveau de la formation générale initiale et de l’amélioration de l’accès à l’enseignement supérieur, dans les différentes voies. La FCPE ne saurait accepter des expérimentations – qui d’ailleurs ne respectent pas les règles du code de l’Education (art 34 de la loi Fillon) - de la réforme retirée au moment où s’engage de nouvelles discussions et souhaitons-le s’ouvre une véritable concertation.

La FCPE est inquiète, s’interroge sur les moyens de financement de la politique régionale avec la suppression de la taxe professionnelle.
La suppression massive de postes d’enseignants non et mal compensée par l’appel croissant aux heures supplémentaires fragilise les conditions d’enseignement, la réalité même des enseignements est mise à mal : nous demandons un bilan, global et par établissement, des heures d’enseignement réellement assurées ou des heures de DHG qui ne sont pas utilisées. Qu’en est-il de la mise en œuvre des protocoles de remplacement ?

Quel bilan les académies font-elles du remplacement des enseignants lors de leurs absences ? Faudra-t-il que les parents d’élèves, eux-mêmes, fassent ce décompte des heures de cours non assurées et s’engagent dans des démarches auprès du tribunal administratif pour obtenir un réel progrès dans ce domaine, pour faire respecter l’obligation de service public, de continuité du service public ?

La réussite, l’épanouissement des jeunes passent également par une vie scolaire de qualité, laquelle implique un encadrement par des adultes qualifiés et en nombre adapté. Les créations de postes d’infirmières, tant attendues depuis des années, même si nous les apprécions, sont loin du compte. En revanche, nous constatons que la situation s’aggrave pour les CPE, les assistants d’éducation, les conseillers d’orientation, les médecins, les assistants sociaux et les personnels administratifs. Les créations de postes de médiateurs (combien en IDF ?) ne peuvent répondre à ces besoins d’encadrement, d’accompagnement dans les établissements.

La question de l’orientation est également fondamentale ; elle se prépare dès le collège. Il y a un réel besoin d’améliorer, de renforcer le service d’orientation au sein des établissements scolaires mais également dans les villes, les quartiers (CIO, …). Nous avons besoin d’un véritable service public d’orientation, accessible à tous, y compris sur le net. Cela passe par le développement de la présence des Copsy dans les collèges et lycées, le renforcement du rôle d’information des enseignants, en particulier des professeurs principaux, donc l’amélioration de leur formation dans ce domaine.

La mise en œuvre de Post-bac n’a fait que souligner les besoins et aussi les faiblesses, malgré les réunions d’information, des réponses apportées aux jeunes et à leurs parents. La question de l’égalité d’accès à l’information, de la maîtrise de celle-ci est fondamentale pour l’accompagnement du jeune dans ses choix de formation.

Concernant l’outil post-bac, s’agissant des filières sélectives, la FCPE s’interroge sur la capacité des établissements à sélectionner les élèves et sur les modalités de celle-ci. En effet, nous constatons une réelle opacité du système puisque le dossier, transmis par le lycée, contient une fiche pédagogique informatisée, à laquelle l’élève et ses parents n’ont pas accès. Or cette fiche classe l’élève dans les différentes matières ainsi que la classe de celui-ci dans l’établissement.

A quoi cela sert-il et comment ça marche ? Nous voulons le savoir et nous revendiquons, dans un souci de clarté, la communication aux jeunes et à leurs parents de la fiche pédagogique. Nous revendiquons un droit de regard, de contrôle sur son contenu et même de rectification.

Concernant les opérations de construction et d’extension des établissements publics d’enseignement, la FCPE s’associe à la protestation contre la fusion du lycée Brassens avec le lycée Bergson. Pourquoi rattacher le lycée Brassens, après l’avoir séparé du collège du même nom, à une autre cité scolaire ? Quels sont les véritables objectifs de cette opération ?

La FCPE demande à ce que le CIAEN soit informé du projet de collège-lycée international de l’Est parisien. Pourquoi une Cité scolaire alors que les capacités des collèges de cette zone sont suffisantes ? Et, qu’en principe, l’orientation est de supprimer les cités scolaires.
Lycée international, quelle politique de recrutement de ce lycée international ? Quel lien avec la carte des langues en collège ? Qui enseignera les langues dans ce lycée ?

Quel sera le statut juridique de ce collège-lycée international ? Et, finalement à quels besoins répond ce projet de lycée international ?
Nous voulons aussi aborder 3 questions, importantes pour les conditions d’enseignement et la vie des lycéens, sur lesquelles nous attendons des réponses de la région et des académies, selon leur domaine de compétence respectif :

-  Celle de l’assistance informatique : où en êtes-vous de la convention commune Région-académies pour doter les établissements, à l’heure du développement du numérique (ENT), des réseaux informatiques, d’une assistance technique et pédagogique adaptée et qualifiée dans les lycées franciliens ?

-  les équipements sportifs dans les lycées sont notoirement insuffisants : y-a-t-il un plan avec les communes, voire les départements, pour résorber cette insuffisance ?

-  l’équipement, le recrutement et le remplacement des TOS (cuisinier,…) : nous sommes dans l’attente de l’état des lieux, du CIAEN spécifique qui nous a été promis lors du CIAEN du 15/10/2007, pour lequel d’ailleurs nous constatons qu’aucun procès-verbal ne nous a été transmis et ne nous sera certainement jamais adressé puisque celui du CIAEN suivant du 23/06/2008 est à l’approbation aujourd’hui.
Enfin, pour terminer, nous voulons aborder la question de la rénovation, des travaux au Lycée hôtelier Drouant-Mederic en la reliant aux besoins de formation dans cette filière, tant du point de vue de ceux des jeunes que du secteur d’activité.

La communauté éducative considère que les travaux proposés ne sont que du "replâtrage" temporaire et de surcroît notoirement insuffisants. Ils ne répondent ni aux besoins des élèves et des apprentis, ni aux textes applicables (hygiène, sécurité, accessibilité ; Cf. rapport de visite de M. Primard de l’académie en date du 19 janvier 2009).

La FCPE considère qu’il convient de renégocier dans les plus brefs délais les conventions signées en 2002 (Région, Académie, APHRL, Lycée) permettant d’assurer une visibilité de l’établissement sur une durée suffisante (30 ans) d’une part et une unité de gouvernance entre le C.F.A. et le Lycée d’autre part.

Cette visibilité est impérative tant pour la réalisation d’investissements lourds que pour développer harmonieusement une carte des formations cohérente.

La FCPE considère que trois lycées hôteliers dans PARIS (DROUANT, TIREL et BELLIARD) sont indispensables en raison tant du taux de pression important (demandes des élèves par rapport à la capacité d’accueil) que par rapport aux besoins du secteur d’activités.
Sur ce point, il doit être noté que la Région est très attachée au développement du secteur du tourisme en Île-de-France, source d’emplois, comme le démontrent les discussions en cours sur la déclinaison du schéma régional des formations dans ce secteur.
Au-delà des travaux de rénovation, de réhabilitation nécessaires du lycée Drouant-Médéric, il y a également des besoins de personnels singulièrement pour l’accueil, la surveillance et la sécurisation des accès des élèves.

Merci de votre attention et de vos réponses.
Paris le 11 mai 2009


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