De la maternelle à l’université, c’est :

dimanche 8 mars 2009
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la remise en cause de la scolarisation des 2-3 ans (rentrer à l’école maternelle à 3 ans et demi voire quatre ans est devenue la norme, économie = 30 000 postes d’enseignants) ;

remise en cause de la médecine scolaire et ses objectifs de détection, de prévention des difficultés scolaires par la suppression programmée des postes de médecin et d’infirmier scolaires ;

la suppression programmée des réseaux d’aide spécialisés aux enfants en difficultés (RASED) et ses capacités de remédiation sur le temps scolaire par des enseignants ayant suivi une formation spécifique, encadré par des psychologues ;

les nouvelles suppressions de 13 500 postes pour la rentrée 2009-2010 (80 000 depuis 2002) au Ministère de l’éducation nationale dont 6000 dans le 1er degré, alors que l’on attend 15000 élèves supplémentaires et 7500 suppressions de poste dans le second degré alors que les effectifs commencent à se stabiliser et que la déferlante des années de forte naissance arrive au collège dès la rentrée 2010-2011 et qu’il va falloir former massivement des enseignants. Les conséquences directes pour la rentrée 2009-2010 :

les effectifs de classes augmentent à tous les niveaux du système éducatif, impossibilité de remplacer les absences des enseignants quels que soit les motifs de l’absence (maternité, maladie, formation, syndicales, ...), une précarisation du métier d’enseignant : nomination sur plusieurs établissements, postes de contractuel souvent nommés en cours d’année scolaire) ;

la suppression de 2 heures d’enseignement dans le premier degré (40% d’une année scolaire en moins sur le parcours en élémentaire, l’équivalent de la suppression de 12 000 postes d’enseignant) ;

le pendant de la suppression des RASED pour le secondaire, la suppression programmée des Sections d’Enseignement Professionnelle Adaptée (SEGPA) puisque la moitié des classes de 6ème et de 5ème viennent d’être supprimées dans le département. Ce sont des enseignants spécialisés du premier degré qui officient dans les SEGPA de collège ;

Suppression des IUFM, outre l’aspect fondamental de la formation des enseignants à laquelle notre conseil départemental participe depuis de nombreuses années, ce qui nous permet d’apprécier tout particulièrement l’importance de cette institution pour les enseignants et par conséquences les élèves, la suppression des IUFM représente à elle seule l’équivalent de 30 000 suppressions de postes d’enseignant ;

l’ouverture de la carte scolaire et sa disparition programmée dès la rentrée prochaine est non seulement un casse tête pour l’institution pour programmée les dotations de fonctionnement aux établissements, mais elle a surtout pour effet de mettre en concurrence les établissements et les élèves (tous n’accéderont pas aux "meilleurs"
établissements) ;

pour les collèges : les suppressions de postes, la mise en œuvre du socle commun de connaissance réduit au discipline fondamentale, l’externalisation de l’aide aux enfants en difficultés le soir après la classe déresponsabilise l’institution sur sa capacité à faire réussir tous les élèves. Le collège unique (réforme haby 1975), si elle n’a pas atteint l’ensemble de ses objectifs, elle a permis d’amener 70% d’une classe d’âge au baccalauréat, moins de 30 % avant la réforme. Etait-ce vraiment mieux avant comme voudrait nous le faire croire le ministre ?

Pour le lycée, sans parler de la réforme rejetée par la communauté éducative fin 2008, c’est déjà un nombre de place limité quel que soit le niveau et la filière. La rentrée scolaire (trouver une place dans un établissement) est un casse tête pour un trop grand nombre de familles (près de 1000 dans le département cette année) .

L’enseignement professionnel est le parent pauvre de l’éducation nationale, alors qu’au regard de la complexité du fonctionnement des entreprises de services et industrielles, ce domaine mériterait d’être transformé en filière d’excellence (licences professionnelles et master). D’autre part, la possibilité de changer de filière en cas d’erreur d’orientation doit être un droit. Mais rien de tout cela dans la réforme du lycée, bien au contraire, il s’agit d’évacuer les filières professionnelles dans le giron des entreprises (ceux qui n’auront pas leur orientation en bac pro trois ans, auront comme seul choix l’apprentissage dans le monde de l’entreprise. Quant à l’enseignement technologique, il y ait laissé de côté, la logique étant, comme pour l’enseignement professionnel de laissé aux entreprises le soin d’éduquer les jeunes au monde l’entreprise (tout un programme à lire dans le projet du MEDEF).

Les universités soumises à la LOLF et la LRU doivent redéployer en

2009 150 postes et perdent 200 postes non renouvelés inscrit dans le PLF 2009, mais avec la recherche ce seront plusieurs milliers de poste supprimés les trois ans. Les mensonges du gouvernement sur des budgets en hausse tiennent aux modifications apportés à la manière de les calculer. En effet, l’intégration à la dotation globale de fonctionnement des établissements de crédits qui n’y étaient pas auparavant, à l’exemple des plans réussite en licence, gestion des carrières des personnels, biaise l’interprétation de la soit disant hausse des budgets . Les conséquences sont désastreuses, particulièrement pour les petites universités de provinces et/ou de banlieues qui constatent une baisse importante de leur budget de fonctionnement, ce qui va les obliger à redéployer ou a supprimer et/ou externaliser des missions d’entretien et de fonctionnement. Les coûts liés à l’externalisation des missions ont des incidences sur les enseignements puisque les budgets ne sont pas extensibles (LOLF oblige

 : fongibilité asymétrique des crédits postes vers le fonctionnement), d’où l’idée du gouvernement de modifier le statut des enseignants chercheurs et de transférer les heures de recherche en heures d’enseignement ou TP afin de minimiser les effets de la baisse des budgets de fonctionnement.