DECLARATION CDEN DU 5 FEVRIER 2009

dimanche 8 février 2009
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Monsieur le Préfet, Monsieur le Vice-président du Conseil Général, Monsieur l’Inspecteur d’Académie,

L’exceptionnelle mobilisation du 29 janvier a montré à quel point l’ensemble des salariés de notre pays s’inquiètent et désapprouvent les politiques engagées par le gouvernement.
Aujourd’hui, ce sont les universités qui entrent dans le mouvement. Est entre autre contesté le projet de formation des enseignants qui va retarder d’un an l’entrée dans le métier, excluant de fait encore davantage de la population du cursus, évacuer la formation pédagogique qui se réduira à un compagnonnage et créer un vivier de recrutement de précaires.

Alors que 26 milliards sont distribués aux entreprises sans qu’aucun contrôle, en particulier en matière d’emploi, ne soit mis en place, rien n’est fait pour relancer le pouvoir d’achat, améliorer les conditions de travail, développer le service public pour assurer l’accès de tous à l’éducation, à la santé, au logement… Bien au contraire ; la doctrine actuellement en vigueur est celle selon laquelle pour faire mieux fonctionner le service public, il faut faire plus avec moins et supprimer des postes.
On met les services publics dans l’incapacité de répondre à la demande et on assiste à sa marchandisation par la loi du profit…

Nos gouvernants souhaiteraient-ils créer dans l’éducation nationale une situation analogue à celle des hôpitaux ? Raisonnablement, nul ne peut souhaiter pareille situation, mais il est vrai que souvent la raison est dépassée par la loi du profit…

Dans notre département, la diminution de la DHG et la hausse des HSA représentent au total 277 postes.
Nous ne pouvons que faire le constat que les conditions de travail de nos collègues, et donc les conditions d’étude de nos élèves, vont encore s’aggraver avec une pression toujours accrue sur les heures supplémentaires, atteignant presque 7,5% de la dotation totale, soit une augmentation moyenne de 13.3 en collèges banals..Cette augmentation est plus importante dans les établissements ZEP, REP et sensibles avec une moyenne de plus de 16% : la charge de travail va donc s’alourdir pour l’ensemble des personnels mais encore plus pour ceux affectés dans les établissements classés.
Quant aux SEGPA, leur disparition est programmée : déjà, 1/3 d’entre elles sont menacées de disparition dans les 3 ans à venir.
ZEP, REP, SEGPA, RASED : Il est décidemment toujours plus facile de s’acharner sur les plus fragiles que de contrôler les puissants…

Pour ce qui est de la précarité, elle se développe toujours plus avec la création des 5 000 emplois de médiateurs contre l’absentéisme, au mépris du travail des CPE et des assistants sociaux. A conjuguer avec la précarité de nos assistants d’éducation et des vacataires et contractuels assurant des missions de remplacement.
L’abandon de la carte scolaire met en concurrence les établissements et les personnels, vide des établissements pour en surcharger d’autres, parfois au mépris des conditions de sécurité. Nous demandons que cette dangereuse logique cesse.
Contre toutes les espérances du ministre de l’éducation nationale, les personnels se sont massivement exprimés lors des élections professionnelles de décembre, et ont une fois de plus manifesté en votant, leur confiance dans les organisations syndicales. La remise en cause du droit de grève, la pénalisation du mouvement social et la remise en cause du droit syndical ne nous empêcheront pas de poursuivre notre travail de mobilisation pour la défense et l’amélioration de tous les services publics, et plus particulièrement pour le service public d’éducation dont la mission est et doit rester la réussite de tous les élèves.
C’est dans ce cadre que nous appelons à faire de la manifestation du samedi 7 février à Créteil un nouveau moment fort de mobilisation.
Je vous remercie.