Les sorties et les voyages scolaires

vendredi 10 novembre 2006
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Les sorties et les voyages scolaires présentent de multiples intérêts, à la fois pédagogiques et personnels. Ils contribuent à la mise en œuvre des programmes, mais permettent également à l’enfant d’appréhender les règles de vie en collectivité et de développer son autonomie.

Pour que ces séjours soient une réussite, il est néanmoins indispensable de veiller à ce que certaines règles soient scrupuleusement respectées, afin d’éviter toute dérive : voyages au coût rédhibitoire, intérêt pédagogique discutable, financement peu transparent, projet non soumis au conseil d’administration de l’établissement…

Un récent rapport parlementaire, pour lequel la FCPE a d’ailleurs été auditionnée, émet un certain nombre de recommandations propres à faire de ces séjours des expériences pédagogiques et éducatives enrichissantes, dont notamment les suivantes (Classes de découverte, sorties pédagogiques et voyages scolaires : au service des enfants, un projet des enseignants et des territoires, de Béatrice Pavy, juin 2004).

toujours veiller à l’intérêt pédagogique du voyage,
inscrire le projet dans la scolarité de l’enfant,
respecter les règles de sécurité à tous les niveaux,
limiter au maximum le poids financier du voyage pour les familles.

Sortie obligatoire ou facultative ?

Les sorties obligatoires
Les sorties pédagogiques de très courte durée sans nuitées, organisées sur le temps scolaire dans le cadre des programmes officiels d’enseignement sont obligatoires pour l’ensemble des élèves de la classe.

Du caractère obligatoire du voyage découle le principe de gratuité de ce voyage qui est alors entièrement financé par le budget de l’établissement ou par le budget de la municipalité pour les écoles. Pour les EPLE, il importe de définir avec le conseil d’administration une procédure générale d’organisation. La délibération du conseil d’administration doit définir les finalités pédagogiques et éducatives de ces sorties. Pour les écoles, il est important que le conseil d’école en discute.

Les sorties facultatives : une participation financière peut être demandée aux familles
La famille doit être informée préalablement. Cette information doit porter à la fois sur le projet pédagogique, sur toutes les modalités d’organisation et plus particulièrement sur la participation financière. La mise en œuvre des moyens permettant une participation à ce voyage de tous les élèves de la classe concernée est vivement souhaitée. Dans toute la mesure du possible, l’organisation de l’encadrement de ce voyage ne doit pas nuire à la continuité des enseignements dans des classes autres que celles concernées par la sortie. Le voyage devra par ailleurs faire l’objet d’un bilan.
A noter que de nombreuses inspections académiques ont fixé un plafond à la participation financière pouvant être demandée aux familles.

Les sorties scolaires dans le premier degré
Circulaire n° 99-136 du 21 septembre 1999 et circulaire n° 2005-001 du 5 janvier 2005.

Les sorties facultatives relèvent de deux catégories : les sorties occasionnelles comprenant la pause du déjeuner ou dépassant les horaires habituels de la classe et les sorties avec nuitée(s) :
Les sorties scolaires occasionnelles sans nuitée, correspondant à des activités d’enseignement sous des formes différentes et dans des lieux offrant des ressources naturelles et culturelles, même organisées sur plusieurs journées consécutives sans hébergement, relèvent de cette catégorie.
Les sorties scolaires avec nuitée(s) permettent de dispenser les enseignements, conformément aux programmes de l’école, et de mettre en œuvre des activités dans d’autres lieux et selon d’autres conditions de vie. Deux types de séjours sont à distinguer : les séjours courts (moins de 5 jours) et les classes de découvertes d’une durée égale ou supérieure à 5 jours.
Pour les sorties scolaires occasionnelles et avec nuitée(s) trois précisions sont à apporter :
- une contribution financière peut éventuellement être demandée aux familles. Mais en aucun cas, un élève ne peut être écarté pour des raisons financières. Il conviendra de rechercher des modes de financement auprès des collectivités territoriales et d’autres partenaires (associations agréées complémentaires de l’école, coopérative scolaire…), dans le respect du principe de neutralité de l’école publique.
- l’éventuelle participation financière de partenaires devra toujours faire l’objet d’une information auprès des parents d’élèves.
- Même dans le cas de sorties facultatives, il convient de veiller à ce que, dans la mesure du possible, tous les élèves puissent participer. Les enfants qui ne partent pas sont accueillis à l’école. Les élèves qui font l’objet d’un projet d’intégration individuelle ou d’un projet d’accueil individualisé doivent, dans toute la mesure du possible, participer au même titre que les autres enfants.
Les sorties scolaires dans les collèges et les lycées
Circulaire n° 76-260 du 20 août 1976 et circulaire n° 79-186 du 12 juin 1979.

Les sorties et voyages n’entrent pas dans le cadre imposé par les programmes d’enseignement mais sont justifiés par un objectif pédagogique faisant apparaître notamment la nécessité de déplacement pour sa réalisation et son exploitation. Ils doivent s’inscrire dans le projet pédagogique de l’établissement. Ils peuvent être organisés entièrement ou partiellement hors temps scolaire.
Ces sorties doivent concerner une division entière ou un groupe homogène fondé sur le choix de thèmes d’intérêt commun.

Plusieurs conseils départementaux de la FCPE ont élaboré des chartes sur les voyages scolaires (FCPE de la Drôme, FCPE Paris, FCPE Meuse …).

Le caractère facultatif du voyage entraîne deux conséquences :
- l’élève qui ne participe pas à la sortie ne doit pas être privé de l’enseignement qui doit lui être normalement dispensé dans l’établissement.
- L’établissement peut demander une participation aux familles dont le montant plafond est fixé par le conseil d’administration. Le coût à la charge des familles ne doit pas être discriminatoire au regard de leurs capacités financières, aucun élève ne pouvant être écarté pour des raisons financières.

Ils sont organisés sous la responsabilité de l’équipe pédagogique pour le compte des élèves et peuvent être financés partiellement par :
des fonds publics (subventions de l’Etat, des collectivités, de l’union européenne…),
des subventions d’associations (foyer, associations de parents d’élèves…),
les contributions des familles,
les aides individuelles consenties dans le cadre des fonds sociaux.

L’encadrement des sorties et des voyages scolaires

L’encadrement des sorties et des voyages dans le premier degré
Quels que soient le type de sortie scolaire et les effectifs de la classe, les élèves sont toujours encadrés par deux adultes au moins, dont le maître de la classe. Le deuxième adulte peut être un autre enseignant, un aide éducateur, un agent territorial spécialisé d’école maternelle (ATSEM), un parent ou autre bénévole...
La participation des ATSEM à l’encadrement des sorties scolaires doit faire l’objet d’une autorisation préalable du maire.
Le taux d’encadrement des élèves, défini pour chacune des catégories de sorties scolaires, s’applique y compris dans le cadre du transport. Le chauffeur n’est, en aucun cas, pris en compte dans le taux d’encadrement.
Toutefois :
- à l’école élémentaire, l’enseignant peut se rendre seul, avec sa classe, soit à pied soit en car spécialement affrété pour la sortie scolaire, sur un lieu situé à proximité de l’école pour une durée globale qui ne dépasse pas la demi-journée de classe (par exemple : gymnase, salle de sport, piscine, bibliothèque municipale...) ;
- à l’école maternelle, l’enseignant accompagné d’un adulte, peut se rendre, avec sa classe, soit à pied soit en car spécialement affrété pour la sortie scolaire, sur un lieu situé à proximité de l’école pour une durée globale qui ne dépasse pas la demi-journée de classe (par exemple : gymnase, salle de sport, piscine, bibliothèque municipale...).

Taux minimum d’encadrement selon les types de sorties scolaires :

Effectif
École maternelle, classe maternelle ou classe élémentaire avec section enfantine
École élémentaire
Sortie régulière
2 adultes au moins dont le maître de la classe, quel que soit l’effectif de la classe.
Au-delà de 16 élèves, un adulte supplémentaire pour 8.
2 adultes au moins dont le maître de la classe, quel que soit l’effectif de la classe.

Au-delà de 30 élèves, un adulte supplémentaire pour 15.
Sortie occasionnelle
sans nuitée
2 adultes au moins dont le maître de la classe, quel que soit l’effectif de la classe.
Au-delà de 16 élèves, un adulte supplémentaire pour 8.
2 adultes au moins dont le maître de la classe, quel que soit l’effectif de la classe.

Au-delà de 30 élèves, un adulte supplémentaire pour 15.
Sortie avec nuitée(s)
2 adultes au moins dont le maître de la classe, quel que soit l’effectif de la classe.
Au-delà de 16 élèves, un adulte supplémentaire pour 8.
2 adultes au moins dont le maître de la classe, quel que soit l’effectif de la classe.
Au-delà de 20 élèves, un adulte supplémentaire pour 10.

L’encadrement des sorties et des voyages dans le second degré
Pour les voyages collectifs d’élèves, il appartient au chef d’établissement d’évaluer le nombre d’accompagnateurs nécessaires compte tenu de l’importance du groupe, de la durée du déplacement, des difficultés ou des risques que peut comporter le par­cours suivi par les élèves.

Prise en charge des frais de déplacement des enseignants accompagnateurs

Ni les familles des élèves ni les accompagnateurs eux-mêmes, qui sont là pour encadrer les élèves dans le cadre d’une activité pédagogique, n’ont à supporter le coût de ces frais de déplacement. Ces frais doivent être financés par l’établissement.

Le conseil d’administration des collèges et des lycées doit désormais donner son accord sur la programmation et les modalités de financement des voyages scolaires (Article 16 du décret 85-924 du 30 août 1985 modifié en 2005). Ce sont d’ailleurs des dispositions réclamées par la FCPE. Pour ce qui concerne les frais des accompagnateurs, c’est à l’établissement de les prendre en charge et non aux familles, il en a toujours été ainsi. La chambre régionale des comptes de Lorraine a rappelé ces dispositions récemment (lettres d’observation des 1er février 2001 et 26 avril 2002).

Les voyages « gratuits » offerts par les voyagistes doivent permettre d’abaisser le coût par élève, mais pas de prendre en charge les accompagnateurs. De même, lorsque le voyage est en partie ou en totalité financé par des subventions, il faut s’assurer que ces subventions servent bien à alléger les contributions des familles, et non à prendre en charge les frais des accompagnateurs.

Il est d’ailleurs à noter que les accompagnateurs ne sont pas forcément des enseignants, mais peuvent être des parents d’élèves ou des personnels administratifs, ouvriers, de service ou de santé. Ceci ne change rien à la prise en charge de leurs frais par l’établissement. Si les moyens de l’établissement s’avèrent insuffisant il faut s’adresser à la collectivité de rattachement et solliciter une dotation supplémentaire.

L’ensemble des opérations liées à la gestion financière des voyages scolaires s’inscrivent obligatoirement dans le budget des EPLE, et surtout pas par exemple dans celui du foyer socio-éducatif. Cette dérive a été signalée dans le rapport annuel 1997 de la Cour des comptes. Les dépenses peuvent être imputées entièrement sur le chapitre A1 « Activités pédagogiques et éducatives » si la totalité de la dépense est financée par les ressources propres de l’établissement ou sur le chapitre N3 « appariements, voyages, échanges » s’il y a d’autres participations. Dans ce dernier cas, le chapitre N3 sera alimenté par le chapitre A1, ainsi éventuellement que par les fonds suivants :

des fonds publics (subventions de l’Etat, des collectivités territoriales, de l’Union européenne…),
des subventions d’associations (foyer, association de parents d’élèves…),
les contributions des familles,
les aides individuelles consenties dans le cadre des fonds sociaux.

Les frais de voyage des accompagnateurs doivent donc être imputés sur ces chapitres budgétaires (A1 ou N3 selon le cas).

Attention :
En matière financière, le foyer socio-éducatif « ne peut ni percevoir, ni gérer des subventions destinées à l’établissement pour la mise en oeuvre des missions de celui-ci : périodes en entreprises, projets d’établissement, actions d’animation, voyages et de façon générale toute subvention versée à l’EPLE par l’Etat ou les collectivités territoriales. » (Circulaire n° 96-249 du 25 octobre 1996). Par contre, le FSE peut répondre à une demande de subvention de la part des organisateurs du voyage. Attention aux quêtes et collectes sur la voie publique en vue de récolter des fonds destinés à subventionner un voyage ou une sortie ! Ces activités sont strictement réglementées et doivent notamment être autorisées par arrêté préfectoral.

Lorsqu’un établissement prend l’initiative d’organiser un voyage, il doit avant tout s’assurer du financement de cette opération.

La responsabilité

En France, la responsabilité de l’Etat est également engagée en cas de dommages causés ou subis par les élèves et imputables à une faute de surveillance, en application de la loi du 5 avril 1937 ; l’Etat pouvant toutefois, s’il y a faute détachable du ser­vice, exercer une action récursoire à l’encontre de ce personnel.

S’agissant de dommages causés à l’étranger, dans le cadre du service, et sans qu’une faute personnelle détachable du service puisse être reprochée aux maîtres, ceux‑ci seront couverts par l’Etat en vertu de l’article 11 de l’ordonnance du 4 février 1959.

En outre, il pourra être recommandé à ce personnel de souscrire une assurance per­sonnelle pour les accidents subis ou causés hors service.

La notion de collaborateur bénévole
Les directeurs d’école et les chefs d’établissement ont la possibilité d’autoriser des personnes étrangères à l’Education, notamment des parents d’élèves, à prêter leur concours aux enseignants lors d’une sortie ou d’un voyage collectif d’élèves.

Les personnes qui proposeraient ainsi leur collaboration bénévole et qui participe­raient, avec l’accord des chefs d’établissement et directeurs d’école, à l’encadrement d’une sortie ou d’un voyage en France et à l’étranger, seraient, aux termes de la juris­prudence administrative, considérées comme collaborateurs occasionnels du service public d’enseignement et pourraient obtenir de l’Etat des dommages et intérêts pour les dommages subis par eux à l’occasion de ces activités.

En ce qui concerne les dommages causés ou subis par les élèves, la jurisprudence assimile les collaborateurs bénévoles aux membres de l’enseignement public, les fai­sant ainsi bénéficier au même titre que ces derniers de la substitution de la responsa­bilité, telle qu’elle est prévue par la loi du 5 avril 1937. L’action récursoire de l’Etat peut s’exercer à leur encontre dans le cas de faute lourde sans aucun rapport avec l’activité éducative.

Il est recommandé également à ces personnes de souscrire une assurance personnelle pour les accidents qu’elles pourraient avoir ou causer en dehors des acti­vités d’encadrement.


Documents joints

sorties et voyages scolaires
sorties et voyages scolaires