L’Education supprime 13.500 postes, dont 6.000 d’enseignants en primaire

samedi 27 septembre 2008
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Le projet de budget 2009 va supprimer 13.500 postes de la maternelle au lycée, dont 6.000 postes d’enseignants en primaire, mais l’impact dans les classes sera moindre, surtout en collèges et lycées, car le gouvernement entend "employer plus efficacement" les professeurs.

Comme le ministre de l’Education, Xavier Darcos, l’avait annoncé en juillet, le nombre des non-renouvellements des postes en raison des départs en retraite sera de 13.500 à la rentrée prochaine, après 11.200 cette année, selon le projet de budget 2009 dévoilé vendredi.

Ces suppressions concernent 6.000 postes d’enseignants dans les écoles maternelles et élémentaires (primaire) et 7.500 dans les collèges et lycées (6.500 dans le public, 1.000 dans le privé).

Au total, le ministère de l’Education nationale emploie plus d’un million d’agents publics, près de la moitié des agents de l’Etat.

Son budget représentera en 2009, selon Bercy, 59,99 milliards d’euros, soit 22% du budget de l’Etat, le poste le plus important.

Ces suppressions sont la participation du ministère de l’Education à la "modération de l’emploi public", selon l’expression du directeur de cabinet de M. Darcos : au total, 30.000 postes de fonctionnaires partant à la retraite ne sont pas renouvelés.

Dans l’éducation, la gestion des remplacements (3.350 postes de remplaçants supprimés) va être "optimisée" et 1.500 enseignants actuellement "mis à disposition" (par exemple, dans des associations) réintègreront les classes.

La baisse prévue de 22.000 élèves en collèges et lycées à la rentrée 2009 est invoquée en outre pour justifier 2.300 suppressions de postes, tandis que 500 seront créés dans le primaire où les écoliers seront 16.000 de plus.

Le plus gros des suppressions proviendra des postes de stagiaires (4.500 dont 3.000 dans le primaire) et de la réaffectation au sein du primaire de 3.000 maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire (sur 11.000 au total).

Ces maîtres qui faisaient de l’aide individuelle ou en petits groupes, se verront affecter une classe.

Le principal syndicat du primaire, le SNUipp-FSU, a réagi vendredi en critiquant un budget de "rupture".

"Immense régression" selon le syndicat, ce budget aura pour conséquence que les enseignants qui travaillent avec des petits groupes d’élèves en difficulté et "les stagiaires qui effectuent les décharges des directeurs d’écoles ou permettent le départ en formation continue" seront "moins nombreux" en primaire.

Une autre priorité du budget étant "une école plus juste", 600 postes seront créés dans les lycées les plus difficiles.

Et sont aussi prévus, pour favoriser la scolarisation des élèves handicapés en milieu ordinaire, la création de 200 nouvelles unités pédagogiques d’intégration (UPI) et le recrutement d’auxiliaires de vie scolaire.

Concernant les postes administratifs, 500 vont être supprimés (120 dans l’administration centrale, 380 dans les rectorats et inspections d’académies).

Mais 500 créations sont prévues pour le personnel des futurs établissements publics d’enseignement primaire (EPEP) qui regrouperont et géreront chacun plusieurs écoles primaires.

Ces EPEP font l’objet d’une proposition de loi, déposée jeudi par trois députés UMP, qui pourrait être examinée à partir de janvier au Parlement.