Déclaration liminaire de la FCPE

jeudi 10 juillet 2008
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En 2006, un rapport de l’inspection générale préconisait de « faire prévaloir dans les relations parents / école une culture du dialogue et du débat plutôt que d’affrontement, d’incompréhension ou de condescendance ».

Le décret qui s’en est suivi précise que les parents d’élèves ont principalement le droit d’avoir accès aux informations nécessaires au suivi de la scolarité de leurs enfants et à celles relatives à l’organisation de la vie scolaire.

En ce dernier jour de l’année scolaire, les parents FCPE s’interrogent toujours sur plusieurs points non élucidés en ce qui concerne la rentrée.

Organisation du temps scolaire en primaire :

-  la suppression du samedi matin retire chaque année trois semaines de classe à tous les enfants.

Parallèlement, les nouveaux programmes alourdissent les apprentissages. La publication très tardive (19 juin) de la circulaire n’a pas permis de mettre en place une concertation au sein des conseils d’école et, de ce fait, l’information aux familles n’a pas été possible avant les vacances. Les parents n’ont pu anticiper la suppression des cours du samedi dans l’organisation de leur travail et de leur vie familiale. Comment, dans de telles conditions, vont-ils pouvoir préparer la rentrée : transports scolaires, activités sportives et culturelles, garderie, etc.

-  Concernant les élèves qui doivent « bénéficier » des 2 heures d’aide personnalisée, c’est le flou le plus complet. Quand ? Comment ? Avec qui ? Où ? Avec quel transport ? Quelle liaison avec l’accueil périscolaire ?

-  Le même embrouillamini règne dans l’organisation des stages de remise à niveau « offerts » aux élèves de cours moyens pendant les vacances. D’ailleurs, nous ne savons toujours pas s’ils auront lieu en juillet et en août, comme annoncé initialement.

La précipitation coutumière du ministère dans la mise en place des réformes va pénaliser, encore une fois, les familles les plus fragiles, notamment celles soumises au travail précaire.

Et nous avons mesuré nos propos tout au long de cette année pour essayer de maintenir le dialogue.

Mais pour dialoguer, il faut deux interlocuteurs :

Nous déplorons que le ministère n’ait pas daigné saisir les parlementaires sur les transformations de contenu, de rythme et de volume horaire annuel, contrairement à ce qui a été fait sur le service minimum d’accueil. Ces mesures sont considérées comme des changements fondamentaux, elles inquiètent la communauté éducative et ont entraîné une mobilisation importante des parents et des enseignants dans tout le pays.

Actuellement, au niveau du ministère, malgré la courtoisie de certains, nous en sommes aux invectives médiatisées, et bien loin des interventions saluées de Philippe Meirieu qui, dès 2000, écrivait : « nous devons trouver un nouveau contrat entre la société civile et l’école, installer le parent comme citoyen parent et non comme parent citoyen ; faire en sorte que les parents soient d’abord sollicités sur les problèmes de l’école en tant que citoyens avant de l’être en tant que parents ».

Les parents d’élèves FCPE sont en effet inquiets de l’absence de dialogue qui perdure entre le ministère et eux. Alors que toutes les réformes sont justifiées par une attente des parents, leurs représentants appartenant à la première fédération de parents d’élèves ne sont associés à aucun groupe de travail.

Nous dénonçons l’absence des représentants FCPE, lors de la première phase de travail de la réforme des lycées : nous sommes invités par M. de Gaudemar à découvrir le contenu de ses propositions la semaine prochaine, veille de la remise du rapport au ministère ! Nous n’avons donc pu faire part de nos interrogations et propositions sur l’avenir des lycées et du baccalauréat : resserrement sur un tronc commun, souci de réussite scolaire, désengagement financier, avenir des bacs professionnels et technologiques. Comment réaliser l’objectif de 50% d’une classe d’âge au niveau bac + 2 ?

Si les parents que nous représentons ne sont associés à aucune commission, ils conduisent le débat en d’autres lieux… dans les écoles, le jour et la nuit, dans les établissements, dans la rue s’il le faut.

Pour couronner le tout, nous n’avons pas eu à ce jour connaissance d’une circulaire concernant l’organisation des élections de parents d’élèves pour l’année 2008-2009. Compte tenu des calendriers très décalés des parutions des circulaires, nous espérons pouvoir en prendre connaissance avant la rentrée scolaire prochaine.

Par ailleurs, nous craignons que la fermeture des écoles le samedi matin, n’encourage pas les parents à participer à ces élections. Aujourd’hui, compte tenu de cette particularité, nous demandons plus que jamais une campagne officielle dans tous les médias nationaux incitant les parents d’élèves à participer à ce scrutin.

Pour finir, nous dénonçons, comme tous les ans depuis 3 ans, la priorité qui est encore donnée aux sites Internet payants concernant l’affichage des résultats du baccalauréat et autres examens (BTS, BEP, etc.).

Est-ce le rôle du ministère de permettre à des officines commerciales de jouer sur l’angoisse des lycéens et de leur famille ?

Il faut que Monsieur le ministre comprenne notre détermination à peser sur le débat actuel…et qu’il ne prenne pas le risque de minimiser notre capacité à mobiliser les citoyens parents.