Dotation horaire des collèges et lycées : quand le colosse se fabrique des pieds d’argile.

lundi 4 février 2008
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Les élus FCPE dans les commissions permanentes des collèges et lycées s’étonnent que les obligations de service des enseignants auxquels des postes sont attribués, ou « heures poste », ne suffisent pas à couvrir les besoins en heures d’enseignement obligatoire.

La FCPE appelle ses élus dans les conseils d’administration à déposer un vœu dénonçant la dégradation de la qualité de l’offre d’enseignement, voire à voter contre la répartition des moyens horaires qui leur sera proposée si le recours abusif aux heures supplémentaires des enseignants a pour conséquence d’aggraver les conditions d’étude des élèves.

Il est, en effet, amplement fait recours aux heures supplémentaires annuelles (HSA), voire aux heures supplémentaires effectives (HSE), dans des proportions qui dépassent parfois les 10% des besoins. Or, un enseignant ne peut réglementairement se voir imposer plus d’une HSA hebdomadaire (soit environ 6% de ses obligations de service) et aucune HSE.

La FCPE dénonce ces pratiques de l’Education nationale qui planifie volontairement la fragilisation du fonctionnement du collège et du lycée, en lui attribuant des moyens précaires. Il y a là un risque évident que des enseignements ne soient pas ou ne soient que partiellement assurés.

C’est bien mauvaise gestion que de satisfaire des besoins permanents et fondamentaux par des moyens temporaires et marginaux.

En faisant pression sur les personnels pour qu’ils effectuent plus d’heures hebdomadaires, l’administration en réduit le nombre. Il suffit par exemple de 9 enseignants acceptant 4 heures supplémentaires pour supprimer 2 postes de professeur certifié.

L’objectif annoncé est bien de réduire le nombre de fonctionnaires en dehors de toute considération pédagogique. Le vœu du président de la République est que les professeurs gagnent plus, non en étant mieux rémunérés, mais en effectuant des heures supplémentaires, fût-ce au détriment de la qualité de leur enseignement.

L’effet pervers est évident : la diversification de l’offre pédagogique ne peut que se réduire, l’encadrement des élèves ne peut que se dégrader, les remplacements d’enseignants absents ne peuvent qu’être plus problématiques. C’est un mauvais coup porté aux collégiens et lycéens !