Les collèges et lycées publics perdront 8.830 postes de professeurs en 2008

dimanche 23 décembre 2007
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Les collèges et lycées publics, notamment ceux des académies de Lille, Créteil et Versailles, perdront 8.830 postes équivalents temps plein d’enseignants à la rentrée 2008, selon le projet ministériel de carte scolaire, dont l’AFP a obtenu copie mercredi.

En revanche, 700 créations de postes sont prévues pour l’école primaire et 300 pour les infirmières scolaires.

Ces 8.830 suppressions nettes en collèges-lycées font partie des 11.200 prévues dans la loi de finances 2008 adoptée dans la nuit de mardi à mercredi, les autres, soit environ une sur cinq, étant pour l’essentiel à la charge de l’enseignement privé sous contrat.

Ce document préparatoire sera examiné vendredi par le comité technique paritaire mixte (CTPM), puis les répartitions des créations-suppressions par académies seront transmises aux recteurs, à charge pour eux d’opérer la répartition par département, puis par établissement.

Heures supplémentaires

Dans le détail, 1.500 postes sont supprimés au titre de la baisse des effectifs d’élèves dans le second degré (environ 34.000, essentiellement au lycée) et 1.700 au titre de la « rationalisation des moyens » (disciplines en surnombre notamment).

Par ailleurs, 3.500 équivalents temps plein (18 heures devant les élèves pour un certifié, 15 pour un agrégé) sont « transformés » en 63.000 heures supplémentaires revalorisées et défiscalisées.

Enfin, 2.130 enseignants partant à la retraite ne seront pas remplacés par le biais d’une diminution de plus de 4.000 postes aux concours de recrutement. Son concours en poche, un jeune professeur stagiaire n’effectue en effet que 8 heures devant élèves.

La répartition par académie de la suppression des stagiaires ne figure pas dans le document préparatoire, le ministère n’ayant pas encore affiché le nombre de postes aux concours pour la session qui commence fin janvier.

S’ajoutent 400 suppressions de postes administratifs et 300 de surveillants (MI-SE).

Toujours dans le second degré, 6.000 assistants pédagogiques (non statutaires) supplémentaires assureront plusieurs heures par semaine d’« accompagnement éducatif » auprès des élèves de collèges, dont 1.000 dès janvier dans l’éducation prioritaire.

Après les municipales

Comme en 2007, l’académie de Lille est la plus touchée en valeur absolue avec en tout 687 suppressions de postes (sur 27.000 enseignants), sans compter donc les emplois de stagiaires. Juste derrière, Créteil perd 637 postes (sur 29.000), puis Versailles (578 postes en moins sur 34.600).

En proportion, l’académie d’Amiens perd près de 2% de ses effectifs enseignants, de même que la Martinique.

A l’inverse, les académies de Montpellier, Toulouse, Corse et Guadeloupe sont relativement épargnées.

Du côté du primaire, « il a été décidé qu’aucune académie ne connaîtrait de retrait de moyens à la rentrée scolaire 2008 », précise le ministère dans le document, en raison des augmentations d’effectifs élèves (17.000 enfants supplémentaires attendus).

Au grand dam des syndicats, les rectorats ont reçu la consigne de Xavier Darcos de n’entamer les concertations avec les mairies sur les créations-suppressions de classes sur le terrain qu’après les élections municipales de mars.


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