PISA 2006 : PEDAGOGIE OU POLITIQUE ?

vendredi 7 décembre 2007
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L’Internationale de l’Education et ses organisations membres dans les pays de l’OCDE et partenaires sont de plus en plus préoccupés par la politisation des résultats du Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves (PISA).

Avec l’annonce des derniers résultats de PISA 2006, les éducateurs ont été témoins de la même histoire se déroulant à travers le monde. Dans des pays où les étudiants sont arrivés près du sommet, les politiques se félicitent et prennent crédit pour une bonne politique de l’éducation. Dans des pays avec une réussite moindre, les politiques blâment le système scolaire et les enseignants pour une performance pauvre. Dans les deux cas, les rapports des médias tendent à se focaliser sur le classement et offrent une approche simpliste de style "tableau de ligue".

"PISA concerne bien plus que le classement des pays et des systèmes, mais il a souvent été rapporté de cette façon. Et nous pouvons à juste titre poser la question : PISA est-il simplement devenu un phénomène médiatique ?", explique le Secrétaire général de l’IE, Fred van Leeuwen.

Il a exhorté les parents et les décideurs à lire de tels rapports d’un œil sceptique. "Les complexités de l’éducation ne peuvent pas être réduites à des scores sportifs, dans lesquels certains enfants sont décrits comme des gagnants et d’autres comme des perdants", a dit van Leeuwen.

Tous les trois ans dans 30 pays de l’OCDE et 27 pays partenaires, PISA teste la réussite de jeunes de 15 ans en matière de lecture, de mathématiques et de sciences. L’IE accueille favorablement la recherche comparative internationale dans l’éducation, et le mérite de PISA est qu’il met en lumière à la fois des questions de qualité et d’équité. Toutefois, PISA ne peut offrir qu’un instantané de la manière dont un groupe d’étudiants d’une quinzaine d’années répondent à un ensemble de questions. Il ne donne pas, et ne peut pas donner, une image complète et nuancée de l’éducation dans aucun pays. Van Leeuwen dit que les syndicalistes enseignants sont très préoccupés lors qu’ils voient les gouvernements nationaux mettre en œuvre des réformes de l’éducation avec l’objectif dé ! ;claré de se classer plus haut dans PISA. "De tels objectifs superficiels sont profondément menaçants pour la qualité de l’éducation et l’accès à l’éducation pour tous", a-t-il ajouté.

L’IE a aussi remis en cause la présomption sous-jacente de l’OCDE que les systèmes d’éducation doivent concentrer leurs efforts vers la réponse aux demandes du marché du travail dans un marché mondial hyper-compétitif.

"La scolarité devrait être plus qu’apprendre pour gagner sa vie. Nous plaidons pour une approche de l’éducation plus étendue et complète qui prenne en compte le futur des étudiants en tant que citoyens du monde, et non seulement en tant que travailleurs", a déclaré van Leeuwen.


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