Contre la loi Pecresse

jeudi 22 novembre 2007
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- Plusieurs milliers d’étudiants et lycéens ont manifesté jeudi dans toute la France, dans le fil de la mobilisation lancée au début du mois contre la loi Pécresse sur l’autonomie des universités.

Selon l’Unef, principal syndicat étudiant, environ 44 sites universitaires sont bloqués, fermés ou bloqués partiellement tandis que les responsables étudiants durcissent le ton face à la fermeté gouvernementale.

Le président Nicolas Sarkozy a assuré mardi qu’il ne reviendrait pas sur la loi sur l’autonomie des universités, qui fait craindre à certains étudiants une privatisation rampante.

Selon la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), la mobilisation lycéenne, qui a débuté plus récemment, "s’amplifie de jour en jour".

Une douzaine de lycées de la capitale ont été fermés par l’administration et une douzaine d’assemblées générales ont eu lieu en province, dit le syndicat dans un communiqué.

A Paris, quelques centaines d’étudiants et de lycéens ont commencé à se rassembler en début d’après-midi près de l’université de La Sorbonne et devaient se diriger vers le ministère de l’Enseignement supérieur.

A Bordeaux, environ 2.000 étudiants et lycéens ont défilé dans le centre-ville. "Contre l’école des riches et des patrons, refusons la sélection", pouvait-on lire sur une banderole.

Les lycéens sont entrés jeudi dans l’action notamment en Gironde, où l’accès aux établissements a été bloqué par des élèves à Bazas, Langon et Libourne.

Des actions similaires ont été menées dans des lycées de Périgueux, Nontron, Biarritz, Anglet, Bayonne, Pau et Orthez, où les élèves ont manifesté et brûlé un cercueil symbolisant la loi Pécresse.

A Poitiers (Vienne), un millier de lycéens ont tenté de bloquer deux des principaux lycées. Une manifestation étudiante était prévue à 22h00 dans le prolongement de l’assemblée générale de mercredi qui a décidé le blocage partiel de l’université, tout comme à La Rochelle (Charente-Maritime).

POURRISSEMENT DU MOUVEMENT

Les locaux de Bordeaux IV (droit, sciences économiques), étaient fermés administrativement, au lendemain du déblocage du site par la police.

C’est à Bordeaux III que le ton est monté jeudi matin. Un scrutin à bulletin secret organisé par le président n’a pu se tenir, des grévistes empêchant les opérations de vote, ce que la présidence a fait constater par huissier.

Un millier d’étudiants se sont joints à une manifestation étudiante rassemblant 4.000 jeunes à Lyon, et près de 500 lycées ont manifesté dans la matinée dans les rues de Douai (Nord).

A Rouen (Seine-Maritime), un millier d’étudiants et de lycéens ont défilé durant deux heures dans les rues avant de se disperser sans incident, selon la police. A Caen (Calvados), ils étaient 2.000, essentiellement des lycéens, à se regrouper en début d’après-midi avant de se diriger vers le périphérique.

En Bretagne, un millier d’étudiants et de lycéens ont défilé à Rennes (Ille-et-Vilaine) en milieu de journée.

Les quelque 18.000 étudiants de l’université de Rennes 2, bloquée depuis lundi, ont été invités à se prononcer jeudi et vendredi par internet pour ou contre ce blocage. Une prochaine assemblée générale est prévue lundi.

A l’appel de la Coordination nationale et de l’Unef, de nombreuses manifestations étudiantes étaient aussi prévues à Lille, Brest, Strasbourg, Le Mans, Toulouse ou Montpellier.

Pour l’Union des étudiants communistes, la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, "continue à exacerber les tensions dans les universités en opposant étudiants pro et anti-blocage."

"Le gouvernement table sur un pourrissement du mouvement étudiant alors même que celui-ci s’étend aux enseignants-chercheurs et aux lycéens", écrit-elle dans un communiqué.

Une autre journée de manifestations est prévue le mardi 27 novembre.