Rachida Dati au collège Guy Moquet

mercredi 24 octobre 2007
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AMBIANCE houleuse, hier à Villejuif, lors de la commémoration de la mort de Guy Môquet, fusillé par l’occupant allemand le 22 octobre 1941. Les élèves du collège de la ville - qui porte le nom du jeune résistant communiste exécuté à l’âge de 17 ans - n’étaient pas les seuls à attendre Rachida Dati, la garde des Sceaux, venue assister à la lecture de la lettre d’adieu de Guy Môquet, écrite à sa famille la veille de sa mort. Des membres du Réseau éducation sans frontières (RESF 94), des militants communistes, des enseignants et des parents d’élèves s’étaient rassemblés derrière les grilles de l’établissement scolaire avec une banderole barrée d’une mention sans équivoque : « Vous n’êtes pas la bienvenue ».

Si les manifestants ont respecté les interventions des jeunes et des résistants qui ont témoigné dans la cour, ainsi que la minute de silence « en mémoire de Guy Môquet et de tous ceux qui ont résisté », il n’en a pas été de même lorsque la ministre a pris le micro. Son discours a été largement couvert par les huées et les slogans d’une soixantaine de personnes : « Résistance contre les lois racistes », « libérez Guy Môquet » ou « relaxez Florimond ».

Cette dernière formule fait référence à Florimond Guimard, professeur des écoles, qui était jugé hier à Marseille pour avoir manifesté son opposition à l’expulsion d’un parent d’élève sans-papiers. « Outre l’entorse au principe de laïcité et le mépris pour la liberté pédagogique des enseignants, cette opération politique sonne comme une provocation, expliquait le tract de RESF distribué devant l’établissement scolaire. Le sens global de la politique du gouvernement Sarkozy que vient représenter Madame Dati est aux antipodes des valeurs de la Résistance. (...) Le projet de loi Hortefeux, avec l’immonde disposition concernant les tests ADN, en réduisant l’immigré à sa fonction économique et le privant de fait du droit de vivre en famille, est une grave rupture avec les valeurs de la République. » Rachida Dati s’est malgré tout adressée aux élèves en insistant sur « la chance de vivre en paix » et a appelé les collégiens à « être responsables de leur desti