le président Nicolas Sarkozy s’approprie le dossier sensible de l’Education

vendredi 1er juin 2007
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Le président de la République Nicolas Sarkozy a décidé de s’emparer du dossier sensible de l’Education en organisant une rencontre le 11 juin avec les syndicats d’enseignants et parents d’élèves qui se sont montrés surpris jeudi d’être subitement invités à l’Elysée.

Initialement, c’est le ministre de l’Education Xavier Darcos qui devait organiser une conférence de presse jeudi à propos des décrets Robien sur le temps de travail des enseignants -très décriés- après avoir reçu le monde éducatif pendant plus d’une semaine.

Ensuite, l’entourage du ministre a annoncé que cette conférence de presse se transformait en communiqué, lui aussi annulé, avant que le ministre de l’Education annonce jeudi que ce sera Nicolas Sarkozy qui recevra enseignants et parents et que "c’est lui qui décidera".

Interrogé jeudi après-midi sur ce changement de programme, l’entourage de Xavier Darcos a déclaré que cette rencontre à l’Elysée est "au contraire un honneur" et que "c’est un signe de grande considération du Président pour le monde enseignant".

"C’est inhabituel pour un président de la République de s’impliquer sur des points aussi techniques de l’Education, c’est une nouveauté", a déclaré jeudi à l’AFP Faride Hamana, président de la FCPE, principale fédération de parents, surpris jeudi matin d’avoir reçu un coup de fil l’invitant le 11 juin à 17h00 à l’Elysée.

Pour Anne Kerkhove, présidente des parents d’élèves de la Peep, cette rencontre inattendue est plutôt "positive" : "cela me semble dans l’ordre des choses et ne veut pas dire que M. Darcos soit déchargé de quoi que ce soit".

Les syndicats enseignants seront ainsi reçus ensemble le 11 juin à 9h30 et les parents le même jour à 17h00. Nicolas Sarkozy et Xavier Darcos, devraient leur parler carte scolaire et décrets Robien, des textes très décriés sur le temps de travail des enseignants, que le Président prévoit déjà d’"amender".

Signés le 12 février 2007, ces décrets allongent en effet de une à trois heures hebdomadaires le temps de travail de certains enseignants sans contrepartie financière et donnent la possibilité aux chefs d’établissement de les contraindre à enseigner deux matières (bivalence).

"On est assez agacé car Xavier Darcos avait promis de nous donner cette semaine une réponse sur les décrets Robien. On a l’impression qu’il se cale sur les élections législatives", a déploré Claudie Martens, co-secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré.

"C’est une surprise", s’est étonné Patrick Gonthier, secrétaire général de l’Unsa-Education, deuxième fédération du monde éducatif. "Si Nicolas Sarkozy se substitue au ministre de l’Education, cela rappelle l’époque Ferry", a-t-il ajouté, en faisant allusion à l’époque où Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, avait été appelé à la rescousse de Luc Ferry, ministre de l’Education, qui s’était retrouvé en difficulté en 2003 avec les syndicats sur la loi de décentralisation.

En tout cas, a insisté Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, principale fédération de l’Education, il ne s’agira pas le 11 juin de parler uniquement des décrets Robien et de la carte scolaire.

"On veut parler aussi des moyens, de la rentrée, des Zep, de l’apprentissage à 14 ans, et du service minimum", a déclaré M. Aschieri qui "prend cette rencontre comme une manière de donner une solennité aux questions d’éducation".
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