près de 30 % des écoles primaires en grève dans l’Est parisien

vendredi 30 mars 2007
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Selon le rectorat, la participation à ce mouvement est bien plus forte dans l’est de la capitale (29 % dans les 10e, 11e, 18e, 19e, 20e arrondissements) où se situe l’école maternelle Rampal dont la directrice de l’école a été interpellée, que dans l’ouest (7,2 % de grévistes). Mais selon Nicolas Wallet, du SNUipp-FSU, "les chiffres du rectorat sont totalement sous-estimés". Le responsable syndical a indiqué qu’"aucun cours n’était assuré dans 80 écoles sur les 660 que comptent la capitale et que la moitié étaient touchées par le mouvement". Selon les syndicats SNUipp-FSU, SE-UNSA, SGEN-CFDT, SUD-Education, Snudi-FO et CNT, c’est "l’émotion considérable" suscitée chez les enseignants par l’affaire de la rue Rampal qui a décidé du mouvement.

Le 23 mars, Valérie Boukobza, la directrice de l’école avait passé sept heures en garde à vue pour s’être opposé quelques jours plus tôt à l’arrestation du grand-père sans papiers d’un élève scolarisé dans le quartier. Ils ont appelé à la grève en signe de protestation mais aussi pour obtenir l’abandon de toute poursuite administrative ou judiciaire à l’encontre de la directrice, objectif finalement atteint jeudi.

"L’ACTION ÉDUCATIVE SE PROLONGE AU-DELÀ DE L’ÉCOLE"

Le ministère de l’éducation nationale a en effet annoncé que "les poursuites administratives contre Mme Boukobza n’ [avaient] pas lieu d’être" car elle était "en dehors de ses fonctions de directrice d’école", les faits s’étant déroulés à l’extérieur de l’enceinte scolaire et au-delà des horaires de classes. Dans un communiqué publié vendredi, Valérie Boukobza a estimé que "l’action éducative de tous les adultes d’une communauté scolaire se prolonge au-delà de l’école". Commentant l’abandon des poursuites administrative et judiciaire à son encontre, elle a déclaré n’avoir "à aucun moment douté de la justice".

Les syndicats n’en ont pas moins décidé de maintenir la pression et l’appel à la grève exigeant qu’aucune arrestation n’ait lieu devant les écoles et que les enseignants ou le personnel administratif des écoles soient protégés "dans l’exercice de leurs missions" a été maintenu. Sur ces deux points, le recteur, qui les a reçus en délégation lundi, leur a opposé, selon eux, "une fin de non-recevoir" et le ministère un "silence total".

Pour ces mêmes raisons, plusieurs centaines d’enseignants manifestaient vendredi après-midi dans le centre de Paris à l’appel des syndicats et du Réseau éducation sans frontières (RESF), de la FCPE, des lycéens de la FIDL et de l’UNL et des étudiants de l’UNEF. Il devaient se diriger ensuite vers le ministère de l’éducation nationale.


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